LINGUISTE
Se voyant tout à coup dépouillô du manteau (l'emprunt dont le fallacieux éclat avait si longtemps ébloui les lunettes des sociétés d'admiration mutuelle de Québec et de Montréal, comprenant que, une fois ses plagiats et ses rabâchages connus, il ne lui resterait rien, absolument rien<le sa renommée littéraire, M. Frécliette, dî'smes premiei-s articles sur son œuvre poétique, voulut faire croire à ses compatriotes qu'il savait, au moins, le français, s'il n'avait plus d'autre titre à leur admiration.
]*our prouver ses connaissances lexicologiques, le collaborateur d'Elie Berthet, son gros Larousse tout grand ouvert devant lui, se prit à [lublier, au milieu de l'été dernier, sous le titre : A tracers le diction- Vfiire et la grammaire, une série d'articles qui dure encore, et sans doute devra durer aussi longtemps qu'il croira que son érudition apparente sauve sa réputation de lettré.
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!I)i*apé dans sa dignité bien connue de poseur, M. Fréchette débuta, dans ce nouveau genre de littérature, eu alignant dans la Patrie une longue suite d'anglicismes, que tout le monde connaissait comme tels, donna leurs équivalents en français, ce qui n'était i)as le pont Victoria h. construire, et du même coup invita le public à lui demander toutes les explications dont chacun }>ourrait avoir l)esoin ]»our bien parler et bien écrire.
Et tout de suite parut dans le coin réservé aux leçons du maître d'école de la rue Sherbrooke toute une pléthore de questions que, sous des pseudonymes, des personnes de toutes les parties du Canada, voire même des Etats-Unis, posaient, chaque semaine, au lauréat^ sur la signification de tel ou tel vocable, sur la valeur de telle ou telle expression.
Et, naturellement, les réponses de ^r. Fréchette afttuaient en proportion.
Jamais on n'avait vu une pareille ardeur à vouloir s'instruire chez les Canadiens, d'ordinaire si peu soucieux de corriger leur langage.
Cotte ardeur, au lieu de diminuer avec le temps,, s'est maintenue très vive, et elle n'est pas près, j'en suis sûr, de s'éteindre, pour la simple raison que les trois (juarts et demi des ([uestions adressées au maître d'école de la rue Sherbrooke sont écrites de la propre main du fonrénf, qui veut laisser enhMidre
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à ses iiniis les eiiiicinis, selon sou expression, que beaucoup de persoiuies ont encore foi en sa compétence littéraire.
Si M. Frécliette croit faire avaler cela, il est dang une erreur bien profonde.
Une des plus fortes preuves (pu* les lettres dc-5 correspondants de la Patrie toucliant les difficultés grammaticales de la langue française sont écrites rue Sherbrooke, c'est que, chaque fois qu'au cours d'une de mes critiques de l'été derniei* je rep:'ochais à M. Frécliette des fautes de langue ou dep:'osr)die, j'étais sûr de voir, la semaine suivante, un semblant de réponse dans une des colonnes réservées à l'épu renient de notre idiome ; et quelques citations que je ferai do mes articles du Courrier et de ce qu'y répondait le hinrèat vont, je crois, intéres-ser le
lecteur :
CllAr.MAN
Tout cc'iix est siniplcincnt «le la prose ri niée, et à la nui iiftnie me seiul)le mille l'ois inlerieur si la hruminte dd ^r. Fiuiclier île ^:\ii)t-Miinnce.
FUE("1IETTK
In (ivH'I)e.«iii ù;! m\'<'rit :
31. Fauclier de Siiint-Maurice a intitulé nn «le ses ouvrais : ^1 1(1 hninante, est-ce correct?
lîép. — .1 /(( bnuKiiite eut une expression loeaU». En en Taisant un litre de voinme, M. Faucher était <lans son droit; c'est même là. un titre très pittoresque. Mais cela ne doit pas faire oultlier que, tonte j^die (jn'elle est, l'expression n'est pas française. Tl faut dii'»^ à hi Iinnip. à lu nuit brune.