‹ Le lauréat; critique des œuvres de Louis FréchetteChapitre 70 sur 83 · IS LE LAL'KÉAT · texte numérisé non relu

IS LE LAL'KÉAT

(^uoi qu'on dise M. Fréchette, f|ui n'a pas le courage, ot pour cause, de me répoudre sous sa signature, il est certain que si à la brune, comme locution, est français, ù la nuit hrane n'est visible ni <îans Larousse, ni dans Bescliorelle, ni dans Littré.

ClIAl'.MAN Pit'iniîrtH s(iito»'< :

C'est eiu'oiv Saiiridl (nii, dans l'oiiiln-c posit', Tiro sur lo<< Anglais, ot los crible <) ontrancf.

Il v a ici un hiatus et une grosse niaiserie, etc.

FJJKCliKTTl-:

Un vcrsilicati'ur (U'sii-c savoir, si "' pt'U à peu "' itrnt entrer clans un vers.

Ce pf*</, qui vient immédiatement à la suite do peu à peu, est très harmonieux, n'est-ce pas ?

Un versificateur désire savoir, si 2'<'" «/'C pmit entrer dans lui vers.

Réponse : — Certainement, puis(iu"il y ;i exeeption pour tout ce qui l'ait locution, eonïnieçfli et là, im à tni, à nufrancc. éto...

Parltlou les vieilles rèj;Ies ont du l»on, mais seulement loMCiireiles ne font pus de mal.

M. de La Palis.sc-Fréchotto vient de prouver encore son ignorance, en insimiant que ce sont les potïtes français du jour qui font entrer dans leurs vers peu à peu, à outrance, etc.

Bien au contraire, les locutions comme celles que je reprochais, l'été dernier, au /«/O'^;''/, étaient usitées en poéëie du lojups de Mathnrin llégnier : et il n'y

i.iN(;uisjK 240

a que les arriérés qui pourraient s'en servir encore, comme le prétend avec tant do justesse le célèbre philologue Quitard, qui, après avoir admis qu'on tolérait autrefois certains hiatus dans le bas comique, ajoute :

'■ Faut-il ciincluro (11- là r|iic la rè<ïlo imisso i-trc arMtniininont UKÎcomuu' ? Non, ccrtos ; car il en résulterait une fouk' (l'al)us. Nous eu avons eu la prouve à répociueuù des romantiques en suiis-orilro ne craignaient pas dv remettre en pratique «k' vieilles doctrines qui autorisaient quelques liiatus. Ces novateurs rt'trogrades croyaient faire merveill(> en hérissant leurs vers des expressions tu as, tu ex, il y a. çA et l'),2)e'( à ■}>''>!, III) à un, etc.''

Comme Quitard est une aussi forte autorité que notre poète nallonal, ce qu'il dit relativement à peu â pcH, etc ; règle donc la question, de même que les réponses à mes critiques du Courrier établissent que M. Fréchette s'adresse les lettres qui paraissent dans la Patrie à propos de linguistique.

Mais -\r. Fréchette ne s'adresse pas seulement des lettres pour se défendre contre mes critiques ; il s'en écrit pour injurier ceux qui le i>laisaut&'nt sur son rôle de maître d'école.

Lisez :

Ma leçon do iVaneais helidomadairi' va consister pour cettt^ semaine dans l'article suivanr. adressé à la Patrie par un citoyen ([ui s'est instruit lui-même, presc[ue sans livres, rien <iuoparson intelligence, sou courage et son amour deTétude •

'• Vn nouveau cliampion.

" E:icjrv' U!i ([ui jaloux du bon effet f^u'ont sur les masse-»

2Ô0 LK LAUUÉAÏ

!os bonnes lorons «le français publiées dans la Patrie du i«;aniiHli, vicMil tout à coup se lairo Jo champion dos vieilles cIkiscs dcinodées, et tenter un nouvel eflbrt pour eiu-ayer le pnjfîfèfi. C'est peut-être le plus fort de toute la lîaillargerie, celui-là. C'est peut-être aussi un nouvel exploiteur de mines, «lui se cache sous le voile de Tanonyme pour nous faire part de ses exploitations.

■' Vexé de ce que certains Canadiens — :'n tête des(|nels nous reconnaissons M.Louis Fréchette— ont assez de patriotisme pour essayer de corriger notre niativais l'ran(;ais, ce monsieur prend sa pluine pour ilire ([u'ii fan h-ait arrêter ÇA, etc."

I)oiix grandes colonnes sur ce ton pour essayer de démontrer que M. Fréchette est compétent en fait de lexicologie ; et les allusions à l'abbé Baillairgé et au P. Laçasse, qui sont tous deux, par le temps qui court, le cauchemar du lauréat, sont assez probantes pour établir parfaitement, à elles seules, que celui-ci est l'auteur de tout ce prétentieux verbiage.

J)ans nu autre numéro du journal de son cœur, toujours pour tacher de faire croire (pfon s'occupe de lui comme linguiste, et à l'instar de ces veiideurs «le remèdes brevetés qui prétendent être constamment ensevelis sous un amoncellement de commandes, le liiaréal écrivait les lignes suivantes :

.l'ai devant niui nn tel (iicondircincnt de «luestions, i)Ue, pour être ]>lus niê(lii)dii|iie, je j.rocéderai dorénavant par ..rdr«> di' dat<-.

Alirès une telle déclaration, on était en droit, n\'rtt-ce pas, «le s'attendre à ce que M. Fréchette

i.iN(a:i.-,Ti': 251

lançait, ù la première occasion, luio bordcc de réponses ù ceux qui devaient Titre si impatients de corriger leur langage.

Au grand étonnement de tous, la Po.tric du samedi suivant ne contenait pas un traître mot à l'adresse des nombreux correspondants du lauréat, mais, par contre, on y pouvait lire une lettre d'une colonne et demie que Af. Fri'clietti' s'était encore adressée, et dont j'extrais le passage suivant :

L'autorité i\\n s'attaclio » votre nom, et rnvantajre <[uc vous ave;: d'être né dans le pays inêiiie vous permettent de <lonner à vos compatriotes des conseils «|iii seraient moins i>ien acceptés d'éerivains tic nationalité simplement tninçaise.

X'était-ce pas écœurant de voir un écrivain faire ainsi son propre éloge ? X'était-ce pas révoltant de voir M. Fréchette — mC'mc s'il n'eût pas été l'auteur d'une pareille réclame — la [lublier dans les colonnes dont il a le contrôle comme magister?

Enlin, se disait-on, le iirocliain numéro delà Patrie ne peut manquer d'être littéralement couvert de questions et de réponses touchant les leçons de français de M. Fréchette.

Q^ciie fois encore, pas i»lus de leçons que sur la nuiin ; mais, en revanche, une lettre intermituU)le* que le lauréat attribuait hypocritement à l'un de ses ennemis, et dans laquelle il avait glissé toute espèce d'anglicismes et d'incorrections pour tacher de jeter

Page 1