‹ Le lauréat; critique des œuvres de Louis FréchetteChapitre 80 sur 83 · I.A KÉCI.AMK · texte numérisé non relu

I.A KÉCI.AMK

M. Fréclictte avait déjà obtenu un prix Mont3'on pour son premier volume qu'on lui en a refusé un pour Hon second, pui«([u'il est cert.aîn que ce sont toujours les mrnies aufi'ur.s que l'^Vcadémie couronne, — <?oninic' lo prouve un dos meilleurs lunis du lauréat^ le grand Larousse, (pii, après avoir donné la nomenclature des personnes couronnées, de 1803 à 1874. ajouie ce qui suit :

Il y a en to'.it vingt uoiin pour s )ix:inti' e meour-!, le-* iiKiius lj\tuviUs ayant ctc cnnroniK'.s à plusieurs roprises, et ])as un iKiiii (le <;ranil poète.

Il est donc de la dernière évidence que ^t. Fréchette, h ^on retour d'Europe, blaguait autant les gens du Nicoletain que ceux de la Patrie.

YA ce qui est aussi évident, c'est que M. Xavier Marmier, qui, par courtoisie envers les Canadiens, avait fait donner un prix académique à l'un des nôtres pour un volume qu'il n'avait peut-être pas ouvert, n'a pu en faire accorder un pour la Légende d'un Peuple, qui, elle, a été ouverte et appréciée comme elle devait l'être.

Maintenant, si vous voulez savoir ce (pie pense le grand critique Jules Lemaître des prix que l'Académie fran(;aise distribue chaque année, lisez ce qu'il en dit dans ses Contemporains :

L'Académie 'est un(> institution radicalement itnmorale, puisqu'elle n'ajoute rien au vrai mérite et qu'elle en donne les apparences à l'intrigue ou à la mtîdioeritt''

3(1S LE LAUK KAT

Quelle cuist(>ri(' insupportable de vouloir ([uo l'art et la ]itt(?rature continuent à relever d'une sorte de tribunal revêtu d'un caractère otiiciel 1 et t|uel enlantilla.ue que ces distributions de prix, ce prolong^ement du collège qui assimile pour toute la vicier littérateurs à des écolier.^ 1

Larousse est encore moins flatteur :

La liste des lauréats de l'Académie, depuis deux siècles, devrait être le livre d'or des poètts lrau(;ais et toute composée de noms rayonnants de gloire : ce sont des inconnus ou des écrivains do la plus honnête médiocrité.

l^es poèmes couronnés devraient représenter comme l'essence du génie français : la plupart sont de pitoyables tléclamations en style l'ané, usé, vieillot.

Sans doute, ce que je viens de citer fait bien voir l'inexprinuible ridicule dont s'est couvert M. Fréchette en posant au grand liomme parce qu'il avait obtenu un prix Montyon, un prix d'écolier, et pourtant ce n'est (qu'une fleur au prix de ce que l'on verra dans mon prochain et dernier article.

Kn attendant, qu'on n'oublie pas que je me suis engage à prouver que le lauréat n'a reçu de TAcadémic ni un premier, ni un deuxième, ni même un dernier prix de poésie.

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