ARC4DES AMBO
Roullaud, dont les instincts de rapines ne le cèdent qa'à»ceux de M. Fréchette, qui vient essayer de jeter de la poudre aux yeux de la masse en citant des hémistiches qui appartiennent à tout le monde, et qu'il m'accuse d'avoir filoutés au lauréat ; c'est ce même individu qui répète comme un perroquet une prétendue conversation au cours de laquelle j'aurais, il y a dix ans, demandé à M. Fréchette si je Tennuyais quand je pillais ses vers.
Avec le Dr C, c'est le temps, ou jamais, de dire que ça c'est un trèa archi-comble.
Xon, M. Fréchette, vous avez beau vous débattre, vous ne parviendrez pas à faire croira que je vous ai volé les hémistiches que votre Roulland vient d'aligner dans la Minerve. Vous n'y parviendrez pas, pour la raison bien simple que ces moitiés de vers ne sont pas, comme on dit en termes du métier, des hémistiches-médailles, des hémistiches portant la marque ineiFaçable de l'artiste qui les a ciselés.
Au nombre des citations de votre Roulland se trouve la suivante :
FRECHETTE
Sans vivros, sans souliers, chantant ta Marseillaise.
CIIAPMAX De charmants tapageurs cliantant la Marseillaise.
Je vous avouerai, M. Frécliette, que cette comparaison m'a un peu ahuri, et j'ai cru que ma mémoire pouvait m'avoir joué un mauvais tour. J'allais vous avouer que je vous avais pris — ^bieu inconsciemment, par exemple — l'hémisticlie que votre Houlland signale, quand tout à coup mes yeux s)nt tombés, par pur hasard, sur une page de Théodore de Banville, où j'ai lu :
Et, dicvdix cU'iKjiu's, chantant la MaimllaUe. ^
J'ai compris a^ors que chanter la Marseillaise est, — dans les vers comme ailleurs, — une banalité, et je ne vous accuse certainement pas d'avoir vole ici l'auteur des Odes funambulesques, pas plus que je ne vous tiens compte des hémistiches en regard ci-de?sous :
VICTOR HT GO
Fait voir plus claircMiimt la destina' humaine. -
FRECHETTE Poiininoi ? mais n'est-ce pas la destlnte humaine.
FRANÇOIS COPPÉE Cette barque perdue entre le ciel et Vean. •'
FRECIIEÏTE Bercé depuis renfance entre le ciel et Veau.
I Les Occidentales, i2ième strophe du Siècle à aiguille.