‹ Le lauréat: critique des œuvres de m. Louis FréchetteChapitre 39 sur 75 · UX CONCOURS · texte numérisé non relu

UX CONCOURS

sujet que voici ; " Nous sommes en France : il faut mettre la scène en France, parce que nous n'avons pas de vers luisants en Canada. Le poète se promène, le soir, avec une simie, sur une grande route bordée de haies où les vers luisants foisonnent. Il leur vient à l'idée d'en faire une cueillette. L*amie prête son voile, et les voilà ^n chasse. Revenus au logis — au château — ils sèment ces vers luisants dans un parterre, au milieu de géraniums et autres fleurs, puis ils vont s'asseoir, causer et rêver, en regardant ce parterre d'étoiles. Le lendemain soir, ils reviennent au même endroit pour jouir du même spectacle. Hélas ! les vers luisants sont dispersés, perdus dans les vignes et les charmilles Réflexions

Réflexions ! ! !

Eh ! oui, c'étaient les réflexions de ses confrères dont M. Fréchette avait besoin pour le clou des Vers luisants, et vous verrez qu'il a été bien servi.

Mais laissons M. Morisset continuer son commentaire :

." C'est le poète qui doit parler et rappeler Ce souvenir à son amie, en moins de cent vers.

Ce n'est pas un concours, mais simple matière de curiosité : question de voir ce que chaque talent trouvera de couleurs spéciales sur sa palette pour peindre ce petit tableau.

Tous ont accepté, à l'exception de Routhier et de l'abbé Gingras qui ont refusé pour raisons spéciales ; mais, à l'heure ([u'il est, Fréchette et moi sommes les deux seuls qui ont tenu promesse. La pièce de Fréchette paraîtra sous peu dans un beau volume qu'il nous prépare à la sourdine,

(à la sourdine était bien là le mot juste,) et j'espère ([ue les autres confrères ne tarderont pas, non plus, à s'exécuter.

J'ignore ce que les autres poètes ont fourni à

M. Fréchette pour le commencement et le milieu des Vers luisants^ mais les citations que je vais faire ci-dessous prouveront de la façon la plus concluante qu^ le censeur a construit la fin de son idylle avec la fin de celle de M. Morisset.

Qu'on en juge :

MOrtISSET

Jcîinne, le lendemain, que nos cœur* avaient froid. Quand; croyant retrouver nos luisantes idoles Sur les pistils dorés et les riches corolles, Elles avaient quitté notre éden. merveilleux, Pour aller s'ébâudir dans les trèfit^ sovbux. '

FRECHETTE

Le lendemain, hélas ! — ici-bas tout s'efface — Lorsque, le soir venu, pour savourer encor Le spectacle charmant, nous vinnies prendre place, Il ne restait plus rien du féerique décor.

Je ne fais certainement pas un crime au lauréat d'avoir imité son confrère dans ce qui précède, et je n'ai mis les deux strophes ci-haut en regard que pour préparer les comparaisons qui suivent :

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