A 3/. ALFRED GARNEAU
Et si parfois, hélas î au festin de la vie,
ïa coupe s'emplissait de fiel, ^ Un ange sera Itl, mystérieux génie,
Pour y verser encor du miel.
Ces vers, qui ont été écrits à l'occasion du mariage d'un amî, expriment un souhait bien sincère, je n'e» doute, point.
Seulement, je ne comprends pas comment l'ange du foyer pourrait trouver de la place pour verser encore du miel dans la coupe du festin de la vie, quand elle est déjà pleine de fiel.
Et ce que je ne comprends pas davantage, c'est que quelques gouttes de miel rendraient agréable à boire le contenu d'un vase rempli d'amertume.
NO TRE HISTOIR E :
O notre Histoire ! éciin de perles ignorées, Je baiso avec amour tes pages vénérées !
Si M. Fréehette, quand il faisait sa rhétorique, eût quelque peu étudié, il aurait appris et se rappeleràit aujourd'hui un exemple de métaphore vicieuse que tous ses anciens compagnons de classe savent par cœur, et qui lui aurait fait éviter la faute grossière dont sont entachés les vers précédents.
Cet exemple, qui fait voir une accumulation d'idées incohérentes exprimées par Malherbe, se lit comme suit :
Prends tafoudre^ Louis, et va comme un lion Porter le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.
Donc, de même qu'on ne saurait faire du même homme tout à la fois un Jupiter tonnant, un Hercule et un lion, de même, M. Fréehette, vous ne pouvez faire de notre histoire un livre et un écrin, vous êtes surtout incapable de donner rationnellement des pièges à un coffret à bijoux;
L'ORANGISME :
.Ecoutez la rumetir qui là-bas retentit, Ou plutôt cette Viit bestiale qiiileigle.
C'est le n gisement du fanatisme aveugle, Le hurlement du monstre encore inassouvi.
Exactement la même incohérence que clans Notrô Histoire,
Après avoir dît d'écouter la rumeur qui retentit -au loin, M. Fréchette se reprend et demande de prêter plutôt Toreille à une voix qui beugle.
Mais, à peine a-t-on entendu une voix qui beugle, que tout à coup, sans aucune transition, on écoute un rugissement, qui devient aussitôt un hurlement.
Au début du quatrain qu'on vieUt de lire, c'est probablement une vache qui se lamente, à la fin c'est un loup, et tout cela, pour dire qu'il y a des orangîstes dans le Haut-Canada.