‹ Le lauréat: critique des œuvres de m. Louis FréchetteChapitre 75 sur 75 · LE.S VOIX D'OUTKE-MER · texte numérisé non relu

LE.S VOIX D'OUTKE-MER

partageaient pas ses vues en littérature comme autrement, et je n'aurais pu, sous prétexte que Tamour-propre national allait en être blessé, retourner contre M. Frécliette les coups qu'il m'a portés à propos d'une discussion où je n'étais nullement en

cause !

Comment ! voilà un homme qui, un jour, a dit à sa patrie : Xoii scrri'm ! et qui, une lois ses deux oreilles bien à l'abri des soufflets dans sa retraite de Chicago, il écrit les choses les plus révoltantes contre nos gloires les plus pures ; qui a applaudi au meurtre de Darcy McGec ; qui a qualifié de charogne les restes d'un de nos premiers hommes d'Etat ; qui a récemment accusé M. l'abbé Taquin de s'être vendu aux Anglais lors des événements de 1837; qui a écrit à M. Edarar une lettre dont la teneur est un abominable outrage lancé à la face des Canadiensfram/ais et des catholiques ; qui, depuis plusieurs semaines, déverse sa bave de plagiaire pris au collet sur le Pore Laçasse ; et ce serait ne pas aimer son pays que de démontrer que cet homme — considéré par un certain public comme notre poote national — n'est t^u'un plagiaire, un grimaud et un imposteur î

A part les abominations dont je viens de p.irler, l'auteur de la Légende (ïan Peuple s'est rendu ou-

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pable envers son i)ays de torts aussi nombreux qu'irréparables.

Il est entré en Vandale dans le domaine de notre histoire, il y a tout faussé, tout dénaturé, tout saccagé.

Il a, par son insignifiance et ses plagiats, rapetissé nos héros, jeté le ridicule sur les actes les plus sublimes de courage et de dévouement dont s'honore notre nationalité, troublé les sources où les poètes do l'avenir auraient pu puiser leurs inspirations pour chanter les gloires d'autrefois, faussé 1 imagination et le goût des élèves de nos collèges à quila L'get'de iVun Peuple et les Feuilles volnrtics oui été données en prix, découragé et immobilisé bien des talents par ses succès immérités. '

Et si, pour avoir eu le courage de répondre sous ma signature, visage découvert, à un homme dont la réputation d'écrivain était en apparence solidement assise; si, pour ne m'etrc pas laissé écraser par un individu que M.Fréchette avait chargé de le défendre ; si, pour avoir arraché le masque derrière lequel le prétendu poète national cachait ses incroyables trucs, sa louklè insignifiance et sa colossale vanité ; si, pour avoir fait un exemple qui ne peut manquer de servir à not^e avancement intellectuel, il raeialluit toute ma vie entendre un groupe de fanatiques })iailler sur mes talons, et m'exposcraux représailles que me prometteut tout bas, à ce qu'on me dit,

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quelques vengeurs aussi rampants qu'influents en certains quartier, ch bien, j'ai assez de patriotisme, moi, pour subir patiemment ce qui pourrait m'arriver de fâcheux de ce côté-là, consolé et récompensé à l'avance par la satisfaction qu'éprouve tout écrivain qui a mis sa plume au service de la justice et de la vérité.

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