‹ Le lauréat: critique des œuvres de m. Louis FréchetteChapitre 74 sur 75 · LFS VOIX D'OLTRE-MER · texte numérisé non relu

LFS VOIX D'OLTRE-MER

D'ailleurs, est-il besoin des appréciations du Pohjhiblion'* ou de Charles Fuster pour éreinter M. Frécliette?

Il suffit d'avoir vu ce qui a été révélé dans les précédents articles pour savoir qu'il ne peut plus <itre question de lui comme écrivain.

Comme tel, il est mort, bien mort, et il n'y a qu'une voix parmi les hommes bien pensants pour le reconnaître.

Il est mort, et nul ne pourra jamais l'exhumer do l'hypogée littéraire où il est enfoui avec tous ses plagiat*, toutes ses inepties, toutes ses platitudes et toutes ses réclames de charlatan.

Il est mort, et pas un de ses anciens admirateurs, n'aura le courage d'essayer à réhabiliter sa mémoire.

Il est mort, et quelques-uns des rares amis qui lui sont restés fidèles jusqu'à son parfait enfouissement, n'ayant pu le défendre, et pour cause, prétendent maintenant — le croirait-on ? — que j'ai accompli une œuvre antipatriotique en faisant la critique de l'œuvre dn lauréat ?

Mais M. Fréchette, lui-même, est-il un patriote !

Et qu'est-ce donc que le patriotisme ?

Le patriotisme, il me semble, est le culte qu'un citoyen professe pour son pays, pour le sol où reposent les cendres de ses pères, pour tout ce qu'il y a de

o20 LE LAUREAT

grand, de noble et de pur dans les annales et les souvenirs de sa race.

Le patriotisme ! c'est ce sentiment qui fait que le voyageur ne voit, dans ses courses lointaines, rien qui séduise son regard et parle à son âme comme les lieux — bien humbles quelquefois — où il a grandi, où il a appris à prier, à travailler, à remplir les devoirs qu'impose à chacun la destinée humaine.

C'est cette flamme dont brûle le cœur de tout homme qui, soit dans les travaux des champs, soit dans le domaine des lettres et des arts, soit dans l'œuvre de la religion, cherche toujours à accomplir, pour se rendre utile à ses compatriotes et aider à la marche civilisatrice de son époque, la plus grande somme d'eflEbrts consciencieux et d'exemples édifiants.

C'est ce souffle tout-puissant qui, à un certain moment, soulève tout à coup un inconnu d'hier pour en faire un héros de demain, le pousse à tout sacrifier et à donner même sa vie pour le triomphe d'une idée ou riionncur d'un drapeau.

Le patriotisme étant tout cela, et l'œuvre de M. Fréchette étant tout le contraire, je prétends, moi, qu'il y a patriotisme à le combattre.

Comment ! voilà un homme qui, toute sa vie, a vomi le fiel à pleine gorge sur tous ceux qui ne

Page 1