‹ Le lauréat manqué [microforme]Chapitre 8 sur 14 · DE · texte numérisé non relu

DE

Pour ne pas se soumettre aux vœux de l’Angleterre,

Contents, se laissent égorger.…..

Quant aux ‘ fous sublimes ”, Chapman en usé et abusé. Il avait trouvé cette expression de son goût.

Fréchette — Renouveau, 1878 :

Et je songeai longtemps à mes jiunes années...

Chapman — Les Québecquoises, page 64, 1876 :

Et, pensif, je songeais aux jours de mon enfance.

Fréchette — Le printemps, 1868 :

Et sous l'empire d’Ariel,

La terre semblera du ciel La fiancée,

nai ve Les Québecquoises, page 4, 1871 :

A la terre le ciel sourit avec mystère, Comme un joyeux amant...

Chez Fréchette la terre est la fiancée du ciel ; chez Chapman le ciel est l’amant de la terre ! On n’est pas plus original.

SE to — La découverte du Mississipi,

L'oreille ouverte au bruits harmonieux des grèves...

Chapman — Les Québecquoises, page 9, 1875 :

De ton rivage ouïr les bruits harmonieux...

Fréchette — Chénier, 1885 :

Ces reîtres sont joyeux ; déjà leur cœur savoure

Le plaisir qu'a le nombre à vaincre la bravoure.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 21, 1889 :

Les Anglais savouraient d'avance le plaisir De vaincre Montréal...

Fréchette — Au bord de la Creuse, 1883 :

Ainsi que le vautour qui des grands monts descend, Féroces, altérés de pillage et de sang...

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 85, 1889 :

Assouvis de pillage, ainsi que des vautours Qui, repus, sont encor de carnages avides...

Fréchette — Les excommuniés, 1883 :

O Lorraine ! ôÔ Strasbourg ! si belles et si grandes | Vous, c’est le sort au moins qui vous fit allemandes.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 38,

£t c'est plutôt le sort qui le prit qu'Albion.…

Fréchette — Le Saint-Laurent, 1884 :

jour d'un pied nerveux le pont de la dunette, Et, pilote prudent, promène sa lunette...

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 21, 1889 :

Et le fier amiral, debout sur la dunette, Tout pensif et tenant à la main sa lunette...

Vous en subtilisez donc aussi, des rimes, monsieur Chapman !

Fréchette — In memoriam, 1875 :

D PR A VE de NS JON

Oui, je suis revenu sous la fenêtre ‘aimée

Dérobée à moitié sous les grands arbres verts.

Où, pour ouïr du soir les murmures divers,

Vous penchiez si souvent votre tête charmée.

Chapman — Les Feuilles d'érable, La fenêtre,

L'autre soir. ‘’arrais seul sous le balcon discret

Où, pour ou ‘es eaux la rumeur enivrante,

Pour humer 1 : urs de la brise odorante,

Elle venait j:dis ; : “her son front distrait,

Fréchette —- Reminiscor, 1868 :

J'ai fait pour toujours deux parts de mon être : L'une est au devoir, l’autre à l'amitié.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 117, 1884 :

En deux sublimes parts votre âme se divise :

L'une appart‘ent au Christ, l’autre à l'humanité.

Fréchette — La Voix d'ur exilé, 1869 :

Tu voulais avant tout que ce nom fût notoire ; Eh bien, sois satisfait : tu vivras dans l’histoire, Mais cloué sur un pilori.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 166, 1871 :

Non, tu n'as pas menti : ton nom toujours vivra, Mais en lettres de sang aux pages de l’histoire. Fréchette — Renouveau, 1878 :

Des vents harmonieux jasaient dans la ramée.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 217, 1878 :

L'orchestre des oiseaux chantait sous la ramée. Fréchette — La découverte du Mississipi, 1873 :

Rasant les îlots verts et les dunes d'opale…

Des vols d'oiseaux marins s’élevaient des roseaux, Et pour montrer la route à la pirogue frêie

re,

S'enfuyaient en avant...

On aurait dit qu'au loin les arbres de la rive En arceaux parfumés penchés sur son chemin Saluaient le héros.

Chapman — Les Feuilles d'érable, même pièce :

Nous longions les rochers de feuillage covverts : Devant nous s’enfuyaient des ailes éclat.ntes ; Et les arbres penchés sur les vagües chantantes Semblaient nous saluer de leurs évantails verts.

Citons encore quelques-uns des reproches faits à Fréchette par le coucou : ;

VICTOR HUGO Que les anges distraits se penchaient pour l'entendre.

nsosessosse ss mono roserensesnuses

Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage.

FRECHETTE Les fauvettes, tout près, se penchaient pour entendre.

‘“ Quand on songe, dit le Chapman, que le lauréat a pris la peine de fouiller dans deux gros volumes pour trouver ce qu'il lui fallait pour faire un seul vers !

‘ Pas fécond, le lauréat, pas fécond !”

Toujours l’histoire de la pelle et du fourgon. Je lis dans les Feuilles d'érable, le chef-d'œuvre de Chapman, page 219 :

Et pour mieux écouter cette gamme si douce, L'oiseau sur son balcon se penchait tout charmé.

Pas fécond le lauréat manqué ! pas fécond !

Il lui a fallu feuilleter dans trois volumes, lui, a faut ajouter le volume de M. Fréchette.

t cela pour découvrir le ‘“ balcon d’un oiseau ”. Continuons :

M. Fréchetie a écrit ce vers :

Sylphe gracieux fuit comme l'éclair.

‘ Comme l'éclair ! s’écrie le coucou, c’est vieux, ça, monsieur Fréchette. La rue Saut-au- Matelot est d'hier à côté de ce lieu commun-là.”

Ah ! cher nourrisson des grands maîtres, quel joli petit crachat vous vous jetez là sur le nez !

À la page 114 de vos incomparables Feuilles d'érable, ouvrage flairé et unanimement dédaigné

par l’(adémie française, ne trouve-t-on pas ceci:

Dont les replis moelleux, aussi prompts que l'éclair, Ondule à sar° arrêt sur le firmament clair ?

Vous fréquentez donc la rue Saut-au-Matelot,

vous aussi, pauvre Chapman ! Y ondulez-vous.

sans arrêts ?

Je répète ce que j'ai dit au commencement :

je ne veux en aucuné manière prendre la peine de réfuter les accusations portées par Chapman contre l’homme qu’il prend à partie ; et s’il m’arrive de citer ces accusations, c’est seulement lorsqu'elles se retournent d’une façon risible contre leur auteur.

Comme dans le cas qui précède, et dans le cas suivañt, par exemple :

M. Chapman essaie de ridiculiser M. Fréchette qui, dans un sonnet sur l'hiver canadien, a parlé d’avalanche.

Il demande où M. Fréchette a pu voir des avalanches au Canada.

Or, M. Chapman, faisant aussi du paysage

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