PAPINEAU
Les ans n'avaient point pu courber son front superbe,
Très harmonieux, ce point pu-là,
Ame ALBANI:
Québec, c'est le foyer, l'âtre jamais éteint,
Où du patriotisme ardent couve la flamme,
Et son rocher géant, qu'on voit dans le lointain,
C'est Le mât du navire où flotte l’oriflamme,
M. Fréchette a dû éprouver une grande satisfaction, quand, servi par l'imagination et le jugement qu'on lui sait, il a pu faire concorder si bien les deux figures de rhétorique de la strophe qu'on vient de lire, surtout quand il a réussi à faire du rocher géant où est assise la vieille capitale le mât d’un navire !
Quelle comparaison juste aussi !
Comme le promontoire de Québec ressemble bien à un mât !
Le seul petit défaut que je trouve à ce mât-là, c’est qu'il est un peu trop trapu, qu'il n’a pas assez de sveltesse et d’acuité, par exemple.
Quant à l’oriflamme, étendard que les anciens rois
de France faisaient porter devant eux sur les champs de bataille et dont M. Fréchette s’est servi comme
d’un pavillon pour son mât, elle est bien à sa place, puisque le lauréat voulait absolument une désinence qui rimât richement avec flamme.
ESPAGNE ; L'Amérique ! c'est la | soupape des Titans.
Comprends pas.
Vous ?
M. Fréchette a probablement voulu encore imiter Victor Hugo, dont quelques vers sont incompréhensibles à force d’être éthérés ou vaporeux.
Si telle a été son intention, le lauréat peut se vanter d’avoir, avec sa soupape, égalé presque son maître, attendu qu'il n’y a pas un homme au monde qui puisse expliquer comment l’ Amérique est une soupape, surtout la sou] ape d’une race qui n’a existé que dans l'imagination des peuples de l'antiquité.