II. lv ou IX a vu
" Mais, poussant le cynisme à sa limite extrême, il i: (H. Roullaud) va jusqu'à dédier cette pièce à " M. Guibée.
" C'est le comble, Tarcln-comble, le très archi- " cuinble."
Et le directeur du Monde Illustré ajoutait en parlant de la dénonciation du Dr C, qui flagellait de la sorte le plagiaire Roullaud :
" Mais, quelqu'un qui va bien s'amuser, en cons- " tatant votre attitude d'aujourd'hui, c'est mon " confrère et ami distingue de Paris M. Charles u Fuster, rédacteur en chef du Semeur, qui nous " révéla en termes indignés cet attentat anti-litté- " rairc contre la propriété de son collaborateur."
Et c'est ce même Roullaud, ce plagiaire aussi gauche qu'éhonté, qui vient dire au public, de là part de M. Fréchette, que le lauréat m'a donné, un jour, mon pain en me faisant entrer à la Patrie comme traducteur et chroniqueur ; c'est ce même
ARCADES AMBO O
Roulland, dont les instincts de rapines ne le cèdent <|ifà ceux de M. Fréchette, qui vient essayer de jeter de la pondre aux yeux de la masse en citant des hémistiches qui appartiennent à tout le monde, et qu'il m'accuse d'avoir iiloutés au lauréat ; c'est ce même individu qui répète comme un perroquet une prétendue conversation au cours de laquelle j'aurais, il v a dix ans, demandé à M. Fréchette si ie l'ennuyais quand je pillais ses vers.
Avec le Dr C, c'est le temps, ou jamais, de dire que ça c'est un très archi-comhle.
Non, M. Fréchette, vous avez beau vous débattre, vous ne parviendrez pas à faire croire que je vous ai volé les hémistiches que votre Roulland vient d'aligner dans la Minerve. Vous n'y parviendrez pas, pour la raison bien simple que ces moitiés de vers ne sont pas, comme on dit en termes du métier, des hémistiches-médailles, des hémistiches portant la marque ineffaçable de l'artiste qui les a ciselés.
Au nombre des citations de votre Roulland s*.' trouve la suivante :
Sans vivres, sans souliers, chantant la Marseillaise.
CHAPMAN De charmants tapageurs chantant la Marseillaise.
Je vous avouerai, M. Fréchette, que cette comparaison m'a un peu ahuri, et j'ai cru que ma mémoire pouvait m'avoir joué un mauvais tour. J'allais vous avouer que je vous avais pris — bien inconsciemment, par exemple — l'hémistiche que votre Roulland signale, quand tout à coup mes yeux sont tombés, par pur hasard, sur une page de Théodore de Banville, où j'ai lu :
Et. cheveux dénoues, chantant la Marseillaise. l
J'ai compris alors que chanter la Marseillaise est, — dans les vers comme ailleurs, — une banalité, et je ne vous accuse certainement pas d'avoir volé ici l'auteur des Odes Junam.bulcsques, pas plus que je ne vous tiens compte des hémistiches en regard ci-dessous :
VICTOR HUGO
Fait voir ] lus clairement la destinée humaine. ~
FRECHETTE Pourquoi ? mais n'est-ce pas la destinée humaine.
FRANÇOIS COPPÉE Cette barque perdue entre h ciel et Peau. '■'>
FRECHETTE Bercé depuis renfonce entre le ciel et V eau.
i Les Occidentales, i2ième strophe du Siècle à aiguille.