SPES ULTIMA
A ce sujet voici ce que nous racontait
Notre vieux professeur <le droit romain. C'était
Un modeste savant
De la prose, M. Fréchette, de la prose, et encore pas de la meilleure. . . .
JEAN BAPTISTE DE LA SALLE
Je vois une affigie en soutane vêtue.
D'abord, on ne dit pas vêtu en soutane, mais bien vêtu d'une soutane.
Ensuite, qu'est-ce qu'une effigie, sinon la ressemblance de quelqu'un ?
Et comment la ressemblance de quelqu'un peutelle être vêtue ou déshabillée ?
Le lauréat a sans doute voulu dire que le personnage dont l'effigie frappa son regard portait, de son vivant, l'habit religieux, et la faute de langue qui se trouve à l'hémistiche de son vers s'explique par le fait (pie les exigences de l'élision lui ont forcé la main.
LA DERNIERE TROQUOISE :
L'oiseau do nuit, quittant sa pose taciturne, S'envole en tournoyant, et sa clameur nocturne Va réveiller des bois l'écho rete ntissant. Tout est calme; et pourtant, dans le couchant rougedtre, Sinistre précurseur, un nuage grisâtre Etend son voile menaqanJt.
Comme on l'a vu au commencement de cet article, Charles Fuster reproche à M. Fréchette d'avoir abusé des épith êtes dans sa pièce V Amérique.
Mais qu'est-ce ce que le poète parisien dirait s'il voyait cette dernière strophe, où il y a six adjectifs à la rime ?
Encore une fois, tous les vers que je viens d'exhiber sont de M. Fréchette, et ils prouvent que, lorsqu'on rencontre quelques jolies choses dans son œuvre, elles ne lui appartiennent pas.
Comme les joyaux que j'ai à détacher aujourd'hui des pendeloques littéraires de M. Fréchette sont très nombreux, j'entre brusquement en matière, et je commence mes citations en désenfllant les premières perles qui me tombent sous la main :