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INTRODUCTION

La plupart des articles qu'on va lire ont paru dans le Courrier du Canada et la Vérité.

Ces articles sont nombreux, trop nombreux mémo. je l'avoue ; et la seule excuse que j'aie à offrir ici pour avoir multiplié outre mesure les citations à P appui des accusations que j'y formule, pour avoir accumulé tant de répétitions comme stéréotypées dans ma phraséologie, c'est que la fausse réputation littéraire de M. Fréclietto était, naguère encore. tellem ent enracinée dans l'esprit de notre publie. que j'aurais craint de ne pouvoir l'en extirper si je me fusse borné à étudier ses œuvres suivant les règleordinaires de la critique.

Cependant, toutes défectueuses <pie peuvent être, sous le rapport de la forme, les études qui ont déjà paru, j'ai la certitude que les efforts que j'y ai faits. — pour rendre justice à ceux qui travaillent a ver W Oo*t probité et courage à l'avancement des lettres canadiennes,— n'ont pas été infructueux.

Au contraire, les chaudes félicitations qui me sont

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venues de toutes parts m'ont persuadé que j'avais atteint mon but en combattant M. Fréchette ; et si quelques rares personnes ont trouvé un peu trop sévères certains passages de mes articles du Courrier, tout le monde, par contre, s'accorde à reconnaître que j'ai surabondamment prouvé, dans l'ensemble, la thèse que je m'étais engagé à soutenir contre l'auteur de la Légende d'un Peuple, à, savoir, qu'il un plagiaire aussi grossier qu'audacieux.

J'aurais pu, dans la réédition de mon premier travail, en élaguer quelques reproches considérés même par des amis comme futiles et plus ou moins applicables à tous les écrivains; mais convaincu, par une longue étude et une confrontation assidue des auteurs français, que tout ce que j'ai dit de l'œuvre de M. Fréchette devait être dit, je n'en ai rien retranché, et j'ai la prétention de croire que l'avenir trouvera mon livre, au moins pour le fond, juste dans tous ses détails.

Au demeurant, mon volume n'eût-il que le mérite d'être un essai de critique sérieuse, que je serais en droit d'en espérer la réussite.

Aussi, je compte qu'il aura assez de succès pour encourager des écrivains mieux doués que moi à continuer l'œuvre que je viens de commencer.

Car il tant, de toute urgence, que les littérateurs consciencieux se donnent la main pour créer et encourager unecritique intelligente dansnotre pays.

Il D'y a plus à retarder.

Assez Longtemps les sociétés d'admiration mutuelle

INTRODUCTION Vil

ont décerné des couronnes et des brevets à ceux qui n'avaient qu'à les leur demander.

Assez longtemps un amas impudent de livres farcis d'anglicismes et d'incorrections de toute sorte a masqué les quelques ouvrages qui font honneur à notre nationalité.

Assez longtemps l'intrigue et la médiocrité ont trôné au-dessus d'incontestables talents dédaigneux de la partisannerie et de la popularité.

Sans doute, il est beau d'avoir pu — dans les conditions où nous nous sommes trouvés après la cession du Canada à l'Angleterre— jeter les bases d'une littérature nationale.

continue a progresser; cl eue ne peut certainement le faire qu'en autant qu'il y aura une saine critique pour l'éclairer et la protéger.

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La critique est nécessaire au développement des lettres, comme le soleil l'est à la croissance des végétaux ; et si quelquefois elle est sévère et même cruelle, elle doit l'être à la façon du sécateur qui blesse d'abord l'arbre pour lui faire donner après des fruits plus savoureux et plus abondants.

Mais, m'a-t-on dit, à quoi bon cultiver la littérature dans un pays comme le notre ? à quoi bon, surtout, s'occuper de poésie à une époque où elle agonise sous le mercantilisme qui envahit tout. matérialise tout ? -^ -

Comme si la poésie pouvait mourir !

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