‹ Le lauréatChapitre 14 sur 101 · Vieille Histoire, pngi · texte numérisé non relu

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UNT DÉFENSEUB 23

.Un fantôme blanc se dressa devant moi.

Il ressemblait au lys que la blancheur défend ;

Ses mains en se joignant faisaient de la lumière, etc.

En tout cas, M. Fréchette était loin, bien loin de soupçonner qu'en essayant de pallier l'abomination où s'étalent, dans la folle avoine, deux compagnons de saint Antoine, il allait encore me fournir l'occasion de prouver qu'il n'est qu'un ridicule plagiaire.

J'ai été, pourtant, servi à soies, — pardon, à souhait — puisque dans le Chasseur noir de Victor Hugo, à la page 302 des Châtiments, édition Hetzel, on lit :

Tons les démons de saint A ntoine

Bondissent dans la folle avoine.

Oh ! la la !

Encore pris, M. Fréchette, encore pris !

Pas veinard avec moi, le lauréat.

Rien d'étonnant, non plus : parmi toutes les pages qu'il a publiées il n'y en a pas dix qui soient siennes.

Comme on l'a vu par les précédents articles, M. Fréchette a plusieurs façons de plagier, et il semble les aimer, ces façons, d'un égal amour.

Parfois il vole les idées des autres, sans se donner la peine de les déguiser, les exprimant avec les mêmes mots, les mêmes rimes.

Parfois il ouvre — comme dit Ernest Dupuy — les jointures de V alexandrin de l'auteur qu'il pille, y

change, à droite ou à gauche, un mot ou deux, et.... crac, ça y est.

Le plus souvent il se contente, pour le vers qu'il

veut tourner, de prendre un hémistiche à Vietor Hugo et un autre a quelque poète moins connu.

A propos, je ne crains pas de dire que, si quelqu'un avait la patience de chercher dans les ouvrages des poètes modernes tous les hémistiches de droite et de gauche qui peuvent être reconnus dans les vers de M. Fréehette, il pourrait reconstruire presque en entier ses Fleurs boréales, ses Oiseaux; de Neige, sa Légende d'un Peuple et ses Feuilles volantes.

y fais M. Fréehette ne s'est pas borné à rendre les idées des autres avec les mêmes expressions, les mêmes rimes, à changer quelques mots dans les vers qu'il convoitait ; il a poussé le sans-gene — il fallait qu'il tut bien sûr de son publie— jusqu'à glisser parmi ses bouts-rimés des vers pris tout ronds

! 'ierre et ù Jacques.

Pour ceux qui seraient tentés de croire (pie je plaisante — mes affirmations doivent paraître si incroyables — je vais faire incontinent des citations ■ pli ne rateront pas, je ne vous dis (pie ça :

VKToK HUGO

L'été", quand i! ;i plu. le champ est plus vermeil, El le ciel fait briller plus/rais au beau soleil Son azur lavé par la pluie. '

i. Les Feuille d' \utomne%Gkx\ ■ de' la poésie XVII,

l'N DEFENSEUR -<

FRECHETTE

La tempête a toujours sou lendemain vermeil. La pelouse a des tons plus verts après L'averse, Et Vazur vil' où nul nuage ne se berce Ne sait pas refléter les rayons du soleil.

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