IN DÉFENSEUR
qu'il avait i artagée; ave/ la femme aim'c dans un paysage bucolique, termine ainsi :
./"/' retournait]* i >:e ans plt s la ■'/. Lafole avoine Ih tons fades avait jauni le champ vermeil, l't su,- ht roche, hélas ! tommeillaieni au soleil l>< ux compagnons de saint Antoine.
N'est-ce pas Ja paraphrase, le développement de cette pensée: Tempus edax rerum, !a constatation de la destruction par le temps de tout ce qui nous est cher ?
Mais il y a une pensée là dedans! Le seul défaut que j'y trouve, c'est de n'être pas exprimée assez éneigiquement.
Que M. \V. Chapman lise donc la Charogne de Baudelaire: il nous en donnera des nouvelles dans le prochain numéro du lion Comlat "
J'ai fait ce que M. Fréchette m'a conseillé ; j'ai lu la fameuse pièce des Fleurs du Mal, et j'ai constaté qu'Une Charogne est — comme sou nom l'indique— la plus abominable chose qui soit tombée
d'une plume réaliste.
Je n'ai, cependant, remarqué dans cette pornographie— dont M. Fléchette s'est autorisé pour se taire remplacer avec la femme aimée par deux pourceaux— rien qui puisse égaler la platitude et la niaiserie de la dernière strophe de ce qu'il appelle ses Souvenirs de Jeunesse.
Même, je n'ai pu me détendre d'admirer dans la pièce du Baudelaire les vers ci-dessous qui, malgré la pénible sensation qu'ils vous font éprouver, peignent si bien le néant de la nature humaine :
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection, Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange, et ma passion. *
Et puis, que dites-vous, mes amis, de M. Fréehette (pii propose Charles Baudelaire, le fondateur de l'école des décadents, comme modèle aux écrivains canadiens ?
Ça, c'est du propre, par exemple.
Au reste, la meilleure preuve que M. Fréehette s'efforce bien vainement de faire excuser la strophe où figurent des pourceaux, c'est que des amis la lui ont fait remplacer dans Pêle-Mêle parles vers ci dessous :
Et là, (lu souvenir m évoquant l'ivresse,
Qui cherchions-nous des yeux? qui nommions-nous tout
[bas?
L'un l'autre, direz-vous ?— Oh ! non, c'était, hélas ! Le doux fantôme blanc qui fut notre jeunesse. a
Malgré l'inversion un peu boiteuse du premier alexandrin, je féliciterais M. Fréehette d'avoir remplacé ses premiers vers par ceux que l'on vient de lire; mais je suis obligé de mettre une sourdine à uns congratulations, l'idée de la strophe qui succède à la strophe détrônée ayant été prise dans les Contemplations de Victor Hugo :
r \*t Fleuri dit Ma!, paçe i28, édition Caïman Lëvy.