LE PARAVENT N
Quand, pour riposter à une fable, que M. Fivchette avait publiée contre moi, sous la signature du petit Gonzalve Désaulniers, je commençai à enlever au lauréat les plumes qu'il s'était appropriées ça et là depuis trente ans, il loua le nommé Henri Roullaud pour le défendre l.
Et Henri Roullaud se mit en campagne.
Seulement, le défenseur, on se le rappelle, ne fit pas une campagne bien longue ; et l'on rira encore longtemps de la binette que firent les deux copains le jour où je prouvai que l'un et l'autre se valaient comme plagiaires.
Or, pendant que Roullaud, culbuté par une de mes révélations, se débattait encore, les quatre fers en l'air, M. Fréchette, pour faire oublier la m.
1 — La plupart des articles qu'un va lire ont été publiée dans la Vérité.
DEUX COPAIXS
venturc de son paravent si brusquement renversé et détourner l'attention de mes articles du Courrier du Canada, voulut tenter un autre plan stratégique : il attaqua le Père Laçasse.
Il le fit d'une façon aussi brutale qu'idiote, et s'évertua à se montrer le plus chatouilleux et le plus vindicatif possible, pour faire croire que si les bagatelles que le spirituel abbé avait écrites sur son compte, à propos de Sarah Bernhardt, suffisaient à le rendre fou furieux, conséquemment mes critiques ne l'atteignaient aucunement, puisqu'il ne se donnait pas la peine d'y répondre.
Le public vit le truc, se moqua de lui, le méprisa comme il le méritait, et plusieurs de ses fervents, entre autres, M. Clioquette, lui tournèrent le dos.
Enfin mon livre — Le Laurent — parut.
A son apparition, M. Fréchette continua d'affecter le dédain et fit le mort.
11 fit le mort durant un long mois.
Mais, un jour, voyant que mon volume avait du succès en librairie, il n'y put tenir ; il se décida à louer un nouveau paravent, et se mit à tirer sur moi, caché derrière Marc Sauvalle, le même Sauvalle qui a signé l'autobiographie du lauréat dans les Hommes du Jour,