‹ Le lauréatChapitre 74 sur 101 · LE PAR AVANT XO · texte numérisé non relu

LE PAR AVANT XO

Durant six semaines M. Fréchette a tiré avec la même poudre qu'avait employée Roullaucl, durant six semaines il a fait mentir aussi stupidement le paravent numéro deux que le paravent numéro un.

Pour entrer en matière, Marc Sauvalle a aligné tous les titres que M. Fréchette s'est procurés au moyen de ses plagiats et de ses réclames de pain killer; puis il a donné la raison qui m'avait engagé à écrire le Lauréat, et vous allez savoir incontinent ce qui m'a fait commettre une pareille infamie.

Chapeau has ! c'est le paravent numéro deux qui parle :

Le titre seul du volume — Le Lauréat — révèle l'intention et le sentiment qui l'ont dicté.

En effet, ce n'est pas à Lo.iis Fréchette que l'auteur en veut surtout, c'est au lauréat de l'Académie française, parbleu !

Comment cela? Voici :

Le pauvre diable d'auteur, après avoir pondu le volume de vers que personne n'a lu, mais qui s'intitule Feuilles d'Erable, eut le toupet d'envoyer son œuvre aux membres de l'Académie française, avec la demande d'une couronne et d'un prix.

Tout naturellement, comme vous devez bien le penser, cette couronne et ce prix sont encore à faire le ir apparition au firmament de la gloire de Chapman.

A ce sujet, M. Xavier Marinier disait un jour à u 1 de mes amis qui le visitait :

DEUX < OPAIN's

— Connaissez-vous, au Canada, une espèce de détraqué.... allons donc, comment s'appclle-t-il ?... un nom anglais, qui fait penser à un ressort de montre... quelque chose comme échappement I

— Chapman ?

— Justement.

— Je ne le connais ras beaucoup, mais il a dû vous envoyer des vers ; il en envoie à tout le monde, c'est sa manie.

— Il a l'ait plus que cela: imaginez-vous qu'il nous a soumis un volume à couronner.

— ras possible !

— Parole d'honneur !

— C'est incroyable. Et puis ?...

— Et puis, dame, on m'a chargé de lire ça ; j'en ai eu assez delà première page, vous comprenez ; c'est un pauvre toqué que cet individu-là !

— A peu près.

— Il l'est tout de bon, s'il s'imagine que l'Académie française va couronner des pauvretés pareilles.

Et bien, le volume dirigé aujourd'hui par Chapman contre M. Fréchette est né de cette mésaventure.

Assurément, il n'y a pas grand danger que M. Xavier Marmier puisse démentir ce que Mare Sauvalle dit là : le noble académicien est mort depuis trois ans.

M. Fréchette a cru qu'avec une pareille blague il allait expliquer à son avantage la publication de mon

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