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A GALLUS

PLINIUS <;ALr.O.

^liraris cur nie Lanrenliniiiii , vel , si ila mavis, Laurens meum tantopere ilelectet. Desines mirari, qtiiim cognoveris gratiam villæ, opportimilalem loci, littoris spatium.

Decem et septem millibus passuum ab urbe secessit; ut peractis quæ agenda fuerint, salvo jam et composito die, possis ibi manere. Aditur non nna via ; nam et Laurentina et Ostiensis eodem ferunt ; sed Laurentina a quartodecimo lapide , Ostiensis ab undecimo relinquenda est. Utrinque excipit iter aliqua ex parte arenosum , junctis paulo gravius et longius, equo breve et molle. Varia bine atque inde facies. Nam modo occurrentibus silvis via coarctatur, modo latissimis pratis diffunditur et patescit. i^Iulti greges ovium, multa ibi equorum boumque armenta; qua; montibus hieme depulsa, herbis et tepore verno nitescunt.

Villa usibus capax, non sumptuosa tutela. Cujus in juima [larte atrium frugi, nec tamen sordidum; deinde porticus in D litterae similitudinem circumactae; quibus jiarvula, sed lestiva area includitur, egregium adversus tempestates receptaculum;

PLIME A GALLES.

Vous êtes surpris que je me plaise laiil à ma terre du Laurenlin , ou , si vous voulez , de Laurenle, Vous reviendrez sans peine de votre étonnement quand vous connaîtrez cette charmante habitation , les avantages de sa situation, et l’étendue de nos rivages.

Elle n’est qu’à dix-sept milles de Rome ; si bien qu’on peut s’y trouver après avoir achevé toutes ses affaires, et sans rien prendre sur sa journée. Deux grands chemins y conduisent : celui de Laurente et celui d’Ostie; mais on quitte le premier à quatorze milles et le second h onze. En sortant de l’un ou de l’autre de ces chemins on entre dans une route en partie sablonneuse, où les voitures roulent avec assez de difficulté et de lenteur ; à cheval , le trajet est plus doux et plus court. De tous côtés la vue est très-variée : tantôt la route se resserre entre des bois, tantôt elle s’ouvre et s’étend dans de vastes prairies. Là vous voyez des troupeaux de moutons, de bœufs, de chevaux, (jui , chassés des montagnes par les rigueurs de l’hiver, viennent, sous une plus douce température , s’engraisser dans les pâturages.

La maison est commode , et n’est pas d’un grand entretien. On y trouve d’abord un atrium ^ qui n’est ni trop somptueux ni trop simple ; ensuite un portique qui a la forme de la lettre D, et qui entoure une «rca petite , mais agréable. C’est une

nani specularibus ac mullo magis immineniibus ledis muniunlur. Esi conlra medias cavædiuui hilare; mox tricliuium salis pulchrum, quod in lillus excurril; ac, si (juaudo Africo mare impulsum esi , fraclis jam el novissimis lluclibus leviler alluilur. Undique valvas aul feneslras non minores valvis babel; alque ila a lateribus et a fronte, (piasi Iria maria prospectat. A tergo cavaxlium, porticum, aream; porlicum rursus, mox atrium, silvas et longinquos respicit montes. Hujus a læva retractius paulo cubiculum est amplum ; deinde aliud minus , quod altera fenestra admittit orientem , occidentem altera relinet. Ilæc et subjacens mare longius quidem , sed securius intuetur. Hujus cubiculi et triclinii illius objectu includitur angulus, qui l)urissimunt solem continet et accendii. Hoc hibernaculum , boc etiam gymnasium meorum est. Ibi omnes siloni venti, exceptis qui nubilum inducunt, et serenum antequam usum loci eripiunt.

Adneclilur angulo cubiculum in apsida curvatum, quod ambitum solis fenestris omnibus sequitur. Parieti ejus in bibüolbecæ speciem armarium insertum est, quod non legendos libros, sed lectitandos capit. Adbæret dormitorium membrum, transitu interjacente, qui suspensus et tubulatus conceptum vaporem salul)ri temperamento huc illiu digeiitet ministrat. Reliqua pars lateris hujus servorum libei'torumque usibus detinetur , plerisque tam mundis , ut accipere hospites possint. Ex alio latere cubiculum est politissimum, deinde vel cubiculum grande, vel modica cœnatio , quæ plurimo sole, plurimo mari lucet. Post hanc cubiculum cum procoetone, altitudine æstivum , munimentis hibernum : est enim subductum omnibus ventis. Huic cubiculo aliud , et procoeton, communi pariete junguntur. Inde balinei cella frigidaria, spatiosa elelfusa, cujus in contrariis parietibus duo baptisteria velul ejecta sinuantur, abunde capacia , si innare in proximo cogites. Adjacet unctorio imo hypocaustum; adjacet propnigeon balinei ; mox cellæ magis elegantes (]uam sumptuosae. Cohæret calida piscina mirifice, ex qua natantes mare aspiciunt.

retraite bien utile contre le mauvais temps ; car on y est protégé par les vitres qui la ferment et surtout par les larges toits qui la couvrent. De ce portique on passe dans un cavœdiimi* fort gai , et de là dans un assez beau triclinium^ , qui s’avance sur la mer dont les vagues viennent niom ir au pied du mur lorsque souüle le vent du Midi. De tout côté cette salle est garnie de portes à deux battants, ou de fenêtres (jui ne sont pas moins grandes que les portes. Ainsi , à droite , h gauche, en face , on découvre comme trois mers différentes. Derrière soi on reirouve le cavœdmm, le portique, Varea, puis encore le portique, enfin X atrium, et dans le lointain les forêts et les montagnes. A la gauche de ce triclinium, et un peu moins avancée sur la mer, est une grande chambre, de laquelle on entre dans une plus petite qui a deux fenêti’es , dont l’une reçoit les premiers rayons du soleil, l’autre en recueille les derniers. De ce dernier côté on jouit aussi de l’aspect de la mer , que l’on voit de plus loin , mais avec plus de calme. L’angle formé par la saillie du triclinium avec le mur de la chambre semble fait pour rassembler, pour arrêter tous les rayons du soleil; c’est le refuge de mes gens contre l’hiver, c’est aussi leur gymnase. Là jamais le vent ne se fait sentir, excepté lorsqu’il charge le ciel de nuages orageux; pour chasser mes domestiques de cet asile, il faut d’abord qu’il ait troublé la sérénité du ciel.

A l’angle il y a une chambre en forme d’abside , dont les fenêtres reçoivent successivement le soleil à tous les degrés de sa course. On a inséré dans le mur une armoire qui me sert de bibliothèque et qui contient , non les livres qu’on lit une fois, mais ceux qu’on relit sans cesse. De là vous passez dans les chambres à coucher, que sépare seulement de la bibliothèque un passage dont le plancher est suspendu et garni de tuyaux qui conservent, répandent et distribuent de tous côtés, avec une sage mesure , la chaleur qu'ils ont reçue. Le reste de celte aile est occupé par des alfranchis ou par des esclaves; et cependant la plupart des chambres en sont tenues si proprement qu’on y peut fort bien loger des maîtres. A l’autre aile est une pièce fort élégante, ensuite une grande chambre ou })elite salle à manger {cœnatio^) que le soleil et la mer semblent égayer à l’envi ; vient ensuite une antichambre qui donne dans une grande pièce; cette salle est aussi fraîche en été par son élévation que chaude en hiver par les abris qui la mettent à couvert de tous les vents ; à côté on trouve une autre pièce et son antichambre par laquelle on entre dans la salle du bain froid ; l’emplacement de cette salle est grand et spacieux. Des deux murs opposés sortent en rond deux baignoires si vastes , que l’on pourrait s’y croire dans la mer qui est à côté. Près de là est un cabinet pour se parfumer , une étuve et ensuite un fourneau nécessaire au service des bains. Viennent enfin deux pièces plus

Nec procul sphacrisleriuni , quod calidissimo soli, inclinato jam die, occurrit. Hinc turris erigitur, sub qua diætæ duæ; totidem in ipsa; praeterea cœnatio , quæ latissimum mare, longissimum littus, amoenissimas villas, prospicit. Est et alia turris : in hac cnbiculum, in quo sol nascitur conditurque ; lata post apotheca et horreum. Sub hoc triclinium , quod turbati maris non nisi fragorem et sonum patitur, eumque jam languidum ac desinentem : hortum et gestationem videt, qua hortus includitur. Gestatio buxo, aut rore marino, ubi deficit buxus, ambitur. Nam buxus qua parte defenditur tectis abunde viret; aperto coelo apertoque vento, et quanquam longinqua aspergine maris , inarescit.

Adjacet gestationi interiore circuitu vinea tenera et umbrosa, nudisque etiam pedibus mollis et cedens. Hortum morus et ficus frequens -vestit; quarum arborum illa vel maxime ferax est terra , malignior canteris. Hac non deteriore quam maris facie cœnatio remota a mari fruitur. Cingitur diætis duabus a tergo, quarum fenestris subjacet vestibulum viliæ, et hortus alius ; pinguior et rusticus. Hinc cryptoporticus prope publici operis instar extenditur. Utrinque fenestræ , amari plures, ab horto singulæ , sed alternis pauciores. Hæ , quum serenus dies et immotus, omnes; quum hinc vel inde ventus inquietus, qua venti qniescimt , sine injuria patent. Ante cryptoporticum xystus violis odoratus. Teporem solis infusi repercussu cryptoporticus auget, quæ ut tenet solem , sic aquilonem inhibet , submovetque; quantumque caloris ante , tantum retro , frigoris : similiter Africum sistit , atque ita diversissimos ventos, alium alio latere, frangit et finit. Hæc jucunditas ejus hieme, major æstate. Nam, ante meridiem , xystum ; post meridiem , gestationis hortique proximam partem umbra sua temperat ; quæ , ut dies crevit decrevitque , modo brevior , modo longior , hac vel illae cadit. Ipsa vero cryptoporticus tunc maxime caret sole, quum ardentissimus culmini ejus insistit. Ad hoc patentibus fenestris favonios accipit transmittitque ; nec unquam aere pigro et manente ingravescit.

élégantes que riches , et à côté le bain d’eau chaude, d’où l’on aperçoit la mer en se baignant.

Assez près de hà est un sphœristerûim'^ percé de manière que le soleil, dans la saison où il est le plus chaud , n’y pénètre que sur le déclin du jour. D’un côté s’élève une tour ^ au bas de laquelle sont deux cabinets, deux autres au-dessus avec un triclinium, d’où la vue se promène au loin avec délices, tantôt sur la mer ou sur le rivage , tantôt sur les délicieuses villas des environs. De l’autre côté est une autre tour ; on y trouve une chambre exposée au Levant et au Couchant ; dans le haut, un garde-meuble fort spacieux qui occupe le dessus d’un autre triclinium, où le bruit de la mer agitée se fait entendre, il est vrai, mais affaibli par l’éloignement. Cette salle donne sur le jardin et sur l’allée destinée à la promenade qui règne autour. Cette allée est bordée des deux côtés de buis, ou de romarin à défaut de buis. Caria où il est protégé par les batiments, il conserve toute sa verdure ; au grand air et en plein vent l’eau de la mer le dessèche , quoiqu’elle n’y rejaillisse que de fort loin.

Entre l’allée et le jardin est une espèce de palissade d’une vigne fort touffue , et dont le bois est si tendre, qu’il ploierait mollement, même sous le pied nu. Le jardin est couvert de figuiers et de mûriers , pour lesquels le terrain est aussi favorable qu’il est contraire à tous les autres arbi’es. D’une salle voisine on jouit de cet aspect, qui n’est guère moins agréable que celui de la mer, dont elle est plus éloignée. Derrière cette pièce il y en a deux autres dont les fenêtres regardent le vestibulum^ de la maison, et donnent sur un autre jardin destiné à la culture des produits utiles et champêtres. De là vous trouvez un cryptoportique , qu’à sa grandeur on pourrait prendre pour un monument public ; il est percé de fenêtres des deux côtés; il y en a quelques-unes de plus élevées que les autres , et en plus grand nombre du côté de la mer. Quand le temps est calme et serein on les ouvr-e toutes; si le vent donne d’un côté, on ouvre les fenêtres de l’autre. Devant ce cryptoportique est un xyste parfumé de violettes. Les rayons du soleil fi'appent sur le cryploportique , qui en augmente la chaleur par la 1 •éverbération ; et, en recueillant les rayons du soleil, il préserve encore de l’Aquilon : ainsi, d’une part, il retient la chaleur, de l’autre il garantit du froid. Enfin ce cryptoportique vous défend aussi du Sud; de sorte que de différents côtés il offre un abri contre les vents opposés. L’agrément (pie l’on trouve l’hiver en cet endroit augmente en été. Avant midi l’ombre du cryptoportique s’étend sur le xyste; après midi, sur la promenade et sur la partie du jardin qui en est voisine. Selon que les jours deviennent plus longs ou plus courts, l’ombre , soit de l’im , soit de l’autre côté , ou décroît , ou s’allonge. Le cryptoportique lui-même n’a jamais moins de soleil que

In capite xysti deinceps cryptoporticus horti diaeta est, amores mei, re vera amores ; ipse posui. In hac heliocaminus quidem , alia xystum, alia mare, utraque solem, cubiculum autem valvis, cryptoporticum fenestra prospicit. Qua mare, contra parietem medium zotheca perquam eleganter recedit; quæ specularibus et velis obductis reductisque modo adjicitur cubiculo , modo aufertur. Lectum et duas cathedras capit ; a pedibus mare , a tergo villæ, a capite silvæ; tot facies locorum totidem fenestris et distinguit et miscet. Junctum est cubiculum noctis et somni. Non illud voces servulorum, non maris murmur, non tempestatum motus, non fulgurum lumen, ac ne diem quidem sentit , nisi fenestris apertis. Tam alti abditique secreti illa ratio, quod interjacens andron parietem cubiculi hortiqiie distinguit, atque ita omnem sonum media inanitate consumit. Applicitum est cubiculo hypoctiiistum perexiguum, quod angusta fenestra suppositum calorem, ut ratio exigit, aut effundit aut retinet. Procoeton inde et cubiculum porrigitur in solem ; quem orientem statim exceptum , ultra meridiem , obliquum quidem , sed tamen servat. In hanc ego diætam quum me recepi , abesse mihi etiam a vilia mea videor, magnamque ejus voluptatem præcipue Saturnalibus capio, quum reliqua pars tecti licentia dierum festisque clamoribus personat. Nam nec ipse meorum lusibus, nec illi studiis meis obstrepunt.

Hæc utilitas, hæc amoenitas deficitur aqua salienti, sed puteos, ac potius fontes habet. Sunt enim in summo; et omnino littoris illius mira natura : quocumque loco moveris bumum, obvius et paratus humor occurrit, isque sincerus, ac ne leviter quidem tanta maris vicinitate salsus. Suggerunt affatim ligna proximæ silvæ; cæteras copias Ostiensis colonia ministrat. Frugi quidem homini sufficit etiam vicus, quem una villa discernit. In hoc balinea meritoria tria : magna commoditas, si forte balineum domi vel subitus adventus, vel brevior mora, calefacere dissuadeat. Littus ornant varietate gratissima nunc continua , nunc intermissa tecta villarum, qua; pr;eslant multarum urbium faciem, sive ipso mari, sive ipso littore utare ; quod nonnunquam longa tranquillitas mollit ; saqiius frequens et contrarius fluctus indurat.

quand il est le jtliis ardent, c’est-à-dire quand il donne à plomb sur la vonle ; il jonil encore de cet avantage que, par ses lenetres ouvertes, il reçoit et transmet la douce haleine des zéphirs, et (|ue l’air qui se renouvelle n’y devient jamais épais et malfaisant.

Au bout du xyste et du cryptoporlique est le casin du jardin ; c’est un petit bâtiment qui fait mes délices : je l’ai construit moi-même. Là j’ai \\n heliocaminus'^'^ qui d’un côté regarde le xyste, de l’autre la mer, et de tous les deux reçoit le soleil. Son entrée répond à une chambre voisine , et une de ses fenêti’es regarde Je cryptoporlique. J’y ai ménagé, du côté qui regarde la mer, un cabinet chaimiant, qui , au moyen d’une cloison vitrée et de rideaux que l’on ouvre ou que l'on ferme, peut à volonté se réunir à la chambre ou en être séparé ; il y a place pour un lit et deux chaises : à ses pieds on a la mer, derrière soi on a les maisons de canq^agne, et devant les forêts. Trois fenêti'es vous ju’ésentent ces trois aspects différents, et en même temps les réunissent et les confondent. De là on entre dans une chambre à coucher, où les cris des valets, le bruit de la mer, le fracas des orages , les éclairs, et le jour même ne peuvent pénétrer, à moins que l’on n’ouvre la fenêtre. La laison de cette tranquillité si profonde, c’est qu’entre le mur de la chambre et celui du jardin il y a un espace vide qui rompt le bruit. A cette chambre lient une petite étuve dont la fenêtre, fort étroite , relient ou dissipe la chaleur selon le besoin. Plus loin on trouve une antichambre et une chambre, où le soleil entre au moment qu’il se lève, et où il donne encore après midi, mais de côté. Quand je suis retiré dans cet appartement , je crois être bien loin, même de uîon asile champêtre, et je m’y plais singulièrement, surtout au temps des Saturnales. J’y jouis du silence et du calme, pendant que tout le reste de la maison retentit des cris de joie autorisés par la licence qui règne en ces joui’s de fête. Ainsi mes études ne li'oublent pas les i)laisirs de mes gens, ni leurs plaisirs mes études.

Ce qui manque à tant de commodités et à tant d’agréments, ce sont des eaux courantes. A leur défaut nous avons des puits, on plutôt des fontaines; car ils sont très-peu profonds. La nature du terrain est merveilleuse; en quelque endroit que vous le creusiez vous avez de l’eau, mais de l’eau pure, et dont la douceur n’est nullement altérée par le voisinage de la mer. Les forêts d’alentour vous donnent plus de bois que vous n’en voulez. Ostic fournit abondamment toutes les autres clioses nécessaires à la vie; le village même peut suffire aux besoins d’un homme frugal , et je n’en suis séparé que par une seule maison de campagne. On trouve dans ce village jusqu’à trois bains publics; ressource précieuse lorsqu’on ne peut se baigner chez soi parce qu’on est arrivé sans être attendu , ou parce qu’on doit repartir bientôt.

Mare non sane pretiosis piscibus abundat ; soleas tamen et S(piillas optimas suggerit. Villa vero nostra etiam mediterraneas copias præstat , lac imprimis ; nam illuc e pascuis pecora conveniunt, si quando aquam innbianKjiie sectantur.

Justisne de causis eum tibi videor incolere, inhabitare, diligere secessum ? Quem tu , nimis urbanus es , nisi concupiscis : atque utinam concupiscas ! ut tot tantisque dotibus villulæ nostræ maxima commendatio ex tuo contubernio accedat. Vale.

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Toiil le rivage est bordé de maisons conliguës ou séparées , qui plaisent par la variété seule de leur aspect, et qui, vues de la mer ou même de la cèle, présenlent l’iniage d’une multitude de villes. Le rivage, après un long calme , offre une promenade assez douce ; mais plus souvent l’agitation des flots le rend impraticable. La mer n’abonde pas en ])oissons délicats : on y prend cependant des soles et des squilles excellentes. La terre fournit aussi ses richesses; nous avons surtout du lait en abondance à mon habitation; car les troupeaux aiment à s’y retirer quand la chaleur les chasse du pâturage et les oblige à chercher de l’ombrage et de l’eau.

N’ai-je pas raison d’habiter cette retraite, de m’y plaire, d’en faire mes délices? En vérité, vous êtes par trop esclave des habitudes de la ville, si vous ne souhaitez ardemment de venir partager avec moi tant de jouissances. Venez , je vous en prie, venez ajouter â tous les charmes de ma maison ceux qu’elle emprunterait de votre présence. Adieu.

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