‹ Le laurierChapitre 3 sur 11 · I06 BARBEROUSSE · texte numérisé non relu

I06 BARBEROUSSE

Que de fois il a cru, soulevant son front lourd,

Ouïr un pas pressé dans la forêt lointaine

Et dans l'horreur nocturne, au fond de l'antre sourd.

Que de fois il a pris pour une voix humaine

La plainte dans le vent d'une source qui sourd !

Que de fois, redressé sous sa mâle cuirasse. Écoutant l'ouragan les chênes fracasser.

Que de fois il a cru sur le poil de sa face Sentir avec l'éclair et la foudre passer L'appel mystérieux des hommes de sa race 1

Depuis qu'il rêve ainsi dans cet antre glacé, Sombre et confondu presque avec le paysage, Ses fils ont poursuivi son œuvre commencé Et sans cesse le monde a changé de visage. L'empereur n'attend plus le message annoncé.

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