‹ Le Lavage du sangChapitre 17 sur 37 · Dickinson, Soc. clinique de Londres, 10 mars · texte numérisé non relu

Dickinson, Soc. clinique de Londres, 10 mars

[I13j ÉTUDE CLINIQUE 37

veineuse de 2 litres ou 2 litres 1/2 : on put constater très nettement le relèvement progressif et rapide du pouls, à mesure que pénétrait le liquide, et, chez les trois malades, la guérison fut précédée et annoncée par une réaction critique intense, du genre de celles que nous indiquerons, plus loin.

A côté du choléra proprement dit, il faut noter les diarrhées cholériformesy le choléra des enfants, qui ont été soumises, avec succès, aux injections sous-cutanées de solution saline. Weiss, en 1888*, recommandait des injections de 30 à SO grammes, chez les tout jeunes enfants, et donnait, à l'appui, plusieurs observations. M. le professeur Hutinel a bien montré tous les services que Ton peut attendre de la méthode, dans les gastro-entérites des nourrissons, et, à la fin de 1896, MM. Barbier et Deroyer ' ont étudié de .très près les effets physiologiques de ces injections, et spéciale=ment leur action sur le pouls et la température, et le temps de réaction, de durée et d'importance variables, qui suit chacune d'elles. Ils n'ont pas dépassé 30 centimètres cubes dans les vingt-quatre heures, en deux injections de 15 centimètres cubes, à sept heures d'intervalle environ. Enfin, tout récemment, MM. Bosc et Vedel ^ ont publié quatre observations de dysenterie grave, chez l'adulte, traitées par les injections intra-veineuse* d'eau salée, à doses massives : trois de leurs malades guérirent, le quatrième était à Tagonie, lorsqu'on eut recours à la transfusion séreuse. De ces faits importants, minutieusement analysés, les auteurs concluent « que les injections doivent être relativement précoces et répétées, de façon à pouvoir développer des réactions générales soutenues et une modification de l'état local capables de conduire à la guérison ».

Fièvre typhoïde. — Il était tout naturel de tenter, dans cette grande toxhémie, le lavage du sang. Dès 1890, Sahli l'expérimentait : il donnait deux observations, soigneusement étudiées, dans lesquelles la maladie fut heureusement influencée par l'injection journalière de 1 litre de sérum, sous la paroi abdominale; les deux typhiques guérirent, et chez l'un d'eux la transfusion sous-cutanée parut même exercer une action antipyrétique,

Kirstein * avait déjà signalé ces propriétés antipyrétiques de l'injection d'eau salée, en rapportant un fait de Leichtenstern. Nous trouvons dans la thèse de Lochelongue une observation de Chantemesse où cette curieuse influence sembla des plus manifestes :

II s*agissait d*un malade de vingt et un ans, qui, au quinzième jour de sa fièvre typhoïde, fut atteint d'hémorragies intestinales abondantes, nécessitant la suspension des bains froids. « A 9 heures du soir, on fait une injection sous-cutanée de 500 centimèlres cubes de solution saline. La température, qui était avant l'injection de SU**,», et qui, après Tinjection, était descendue, graduellement de !• toutes les trois heures, n'était plus le lendemain matin que de 36,9; le malade uiine plus abondamment, les

1. Weiss, Subkutane Kochsalzinjection bei acuter Anftmie und Choiera infantium» Wiener medic. Presse, 1888, p. 1523.

2. Barbier et Deroyer, De l'emploi des injections sous-cutanées d'eau salée stérilisée (sérum artificiel) dans l'infection intestinale chez les nourrissons. Bulletin médical, 1896, p. H43.

Page 1