‹ Le Lavage du sangChapitre 8 sur 37 · lloger, G. R. Soc. de biologie, 1896, p. 921 et · texte numérisé non relu

lloger, G. R. Soc. de biologie, 1896, p. 921 et

. Animaux infectés. — Le lavage du sang agit-il de môme dans les infections, et l'influence- souvent heureuse, qu'il exerce est-elle due à Télimination par Turine, par les divers émonctoires, des poisons microbiens, des toxines? rhypolhèse est séduisante, mais il faut convenir que les expériences instituées pour la démontrer n'ont pas donné encore de résultats certains.

Rappelons d'abord que MM.Daslre et Loye *, auxquels revient la première idée d'appliquer le lavage du sang aux infections, ont obtenu chez les animaux des résultats absolument contraires à ceux qu'ils attendaient : les animaux lavés succombaient, en règle, avant les témoins. Faut-il en inférer que la méthode des injections d'eau salée, telle qu'elle est pratiquée chez Vhomme, est inutile et dangereuse? Ce serait faire table rase des observations humaines, aujourd'hui assez nombreuses et probantes, pour n'être plus taxées de faits paradoxaux.

Dans ces derniers temps, ces expériences ont été reprises de divers côtés.

MM. Enriquez et Hallion * ont appliqué le lavage du sang à \ intoxication diphtérique expérimentale : ils sont arrivés à une confirmation pure et simple des expériences de Dastre et Loye. S'agit-il d'une intoxication avancée, chez le chien, la pression artérielle très basse remonte à la suite de l'injection et une amélioration se produit, mais qui ne dure pas. Si l'intoxication est au début, l'injection d'eau salée hâte la mort : trois lapins reçoivent, par injection inlra-veineuse : le premier 400 grammes d'eau salée, le second 200 grammes d'eau salée et une forte dose de toxine; le troisième, la même dose de toxine. Le premier survit, le second meurt beaucoup plus vite que le troisième. Quand la toxine est injectée sous la peau, on obtient les mêmes résultats : les animaux lavés succombent toujours douze à vingt-quatre heures avant les témoins.

Ces conclusions, pour importantes qu'elles soient, ne s'appliquent, du reste, qu'à la toxine diphtérique, injectée à dose forte, et Ton ne saurait, en saine logique, les généraliser, en les appliquant aux autres toxines, aux autres variétés d'empoisonnement septique.

En fait, des résultats positifs ont été obtenus dans d'autres conditions. MM. Fubini et Modinos * ont expérimenté, chez le lapin, avec l'urine humaine : d'après eux, un kilo de lapin est tué par 132 cent, cubés d'urine d'homme; dès que les phénomènes toxiques apparaissaient, on injectait la solution salée à la dose de 100 cent, cubes par kilo : les convulsions et la myosis cessaient, le réflexe cornéen reparaissait, et l'animal guérissait.

MM. Bosc et Vedel* ont étudié Y infection coli-bacillaire, qui chez le lapin tue en quelques heures, aux doses fortes, en dix à quinze heures aux doses

1. Dastre et Loye, Le lavage du sang dans les maladies infectieuses. G. R., Soc. de Biologie, 6 août 1889.

2. Enriquez et Hallion, Injections intra-vasculaires d'eau salée dans l'intoxication diphtérique expérimentale. G. R., Soc. de Biologie, 1896, p. 756 et U2l.

3. Fubini et Modinos, Injection endo-veineuse de solution aqueuse de chlorure de sodium dans l'empoisonnement produit par l'urine de personne saine. Archives italiennes de Biologie, t. XXII, p. 426.

4. Bosc et Vedel, Traitement des infections expérimentales parles injections intraveineuses massives de solution salée simple (NaCl à 7 p. 100) et de leur mode d'action. Infection coli-bacillaire. C. R. Soc. de Biologie, 25 juillet 1896; Congrès de médecine interne de Nancy, 1896. Archives de Physiologie, oct. 1896, et janvier 1897.

moyennes, en douze et quarante heures aux doses faibles. D'après eux, les injections intra-veineuses massives d'eau salée n'empêchent pas la mort, si le poison est à dose forte; s'il est à dose moyenne ou faible, elles deviennent efficaces, sons la réserve que la 'première injection soit aussi précoce que possible; le meilleur procédé consiste à injecter de 25 à 30 centimètres cubes de solution salée par kilo, à la vitesse moyenne de 40 centimètres cubes par minute — autrement dit, en rapportant ces ch iffres à l'homme de 6S kilogrammes, de 1600 ce. à deux litres en quarante minutes. — Si la quantité d'eau salée est trop abondante, hypermassive (270 ce. par kilo, à la vitesse de 80 à 100 ce. par minute), bien que ces doses élevées restent inoffensives chez l'animal sain, elles deviennent nocives chez l'animal infecté et provoquent des accidents graves (œdème hémorragique du poumon, épanchements sanglants dans les séreuses, etc.).

Il faut reconnaître que celte étude expérimentale présente des difficultés toutes spéciales : on se heurte à des questions complexes de doses, de virulence, de résistance individuelle; il est, de plus, fort intéressant d'employer, chez les animaux, la méthode qui est seule utilisable chez l'homme, de procéder par injections successives, comme l'ont fait, du reste, MM. Bosc et Vedel. — Enfin l'infection expérimentale ne reproduit jamais qu'incomplètement les formes cliniques d'infection que l'on observe chez l'homme *.

Dans toutes les expériences positives, qu'il s'agisse d'intoxications ou d'infections,. on a constaté l'abondance de la diurèse : il serait bien intéressant d'étudier la toxicité de ces urines, mais leur abondance même est de nature à compliquer un peu les résultats.

De fait, il reste de nombreux points à élucider; ce qui est établi, c'est que l'injection d'eau salée relève la tension sanguine, dans les infections comme après les hémorragies; qu'elle provoque la diurèse et la mise enjeu de tous les émonctoires (diarrhée, sueur, salivation, etc.) ; qu'elle exerce peut-être une inQuence dynamogénique sur les centres nerveux. On ne sait rien de plus*, et, sans chercher à pénétrer plus avant dans le mécanisme de son action, nous devons nous contenter d'enregistrer les résultats qu'elle a fournis chez les animaux, et ceux qu'elle nous donne en clinique.

1. Pendant l'hiver de 1896, nous nous sommes livré nous-même à quelques expériences sur le chien, dans le laboratoire et avec les conseils éclairés de M. Laborde, et, sans être arrivé à des conclusions importantes, nous avons pu mesurer toute rétendue des difficultés dont nous parlons. Notre programme consistait à réaliser l'infection péritonéale avec un mélange de bile de bœuf et de culture pure de coli bacille, et à pratiquer alors l'injection intra-veineuse de solution saline (nous nous servions du sérum de Hayem) à dilTérentes périodes. Nous avons pu constater, tout d'abord, que la résistance individuelle des animaux était fort difîérente, et que, chez un môme animal, elle variait considérablement, pour des doses fort rapprochées î nous ne déterminions que des infections spontanément curables, ou des infections suraiguës, qui tuaient le chien au bout de quelques heures. Il nous a semblé que, si l'injection intra-veineuse de sérum était faite immédiatement avant ou tout de suite après l'inoculation, elle devenait nocive et hâtait la mort : les plèvres et le péritoine contenaient toujours un épanchement hémorragique. Dans un cas, finjection intra-veineuse, faite quatre heures après l'inoculation, et sur un animal dont l'état paraissait désespéré, nous a donné un résultat comparable à ceux que nous avons observés chez l'homme; le chien se rétablit parfaitement.

2. Ajoutons pourtant que, chez trois malades, M. A. Glaisse a constaté une rapide diminution de la leucocytose, contemporaine de l'infection, à la suite des injections

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