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mètres cubes à la seconde (débit d’un fleuve

(Pour les autres signes, j’ai suivi la notation du Bureau international des poids et mesures.)

AYANT-PROPOS

li’outillage dn naturaliste pour l’étude des lacs.

Les recherclies diverses qui peuvent se faire dans un lac nécessitent quelques appareils et instruments, en général peu compliqués. Dans les chapitres ultérieurs de ce livre j’aurai à décrire les instruments spéciaux que nous avons utilisés ; ici je veux donner seulement quelques indications sur ceux des appareils qui forment la base de l’outillage du naturaliste.

Les conditions d’étude, dans un lac de petites dimensions comme nos lacs de l’Europe centrale, sont fort différentes de celles de la mer. Les vagues et les courants y sont moins puissants; les distances à parcourir étant moins considérables, l’on peut faire al)straction du mauvais temps, et organiser les recherches pour le calme absolu ou relatif de l’aii’ et des eaux’. Les barques y sont aussi plus légères ; ce sont de simples nacelles sur lesquelles on ne peut établir qu’un appareil peu encombrant. Les grandes sondes, les grandes dragues utüisées dans l’Océan ne seraient pas en place dans nos petites péniches, et j’ai dû m’appliquer à simplifier et à réduire autant que possible le matériel et le manuel opératoire.

Je décrirai ici, dans ce paragraphe d’mtroduction, trois appareils d’un usage fréquent, qui sont utilisables dans toutes les recherches..

AVANT-PROPOS

1° La lunette à eau. Même par un lac calme la vision des objets immergés est très fatigante et très peu nette pour un observateur logé dans une barque ; le moindre mouvement de la nacelle développe des ondes qui altèrent l’horizontalité de la nappe d’eau en réfractant les rayons visuels ; les objets submergés subissent des déformations et des déplacements apparents à l’œil, et leur vacillement dérange grandement l’observateur. Bien plus encore, si l’eau est ridée par les vaguelettes d’une brise, ou agitée parles vagues mortes ou vives d’un grand vent, l’étude des faits sous-lacustres est gênée ou même rendue impossible.

Nous y obvions par l’emploi de la lunette à eau, baquet à fond de verre plat, qui flottant sur l’eau, permet, au travers de sa lame horizontale, une vision parfaitement nette. Nous donnons à cet appareil deux formes qui, suivant les circonstances, peuvent présenter quelques avantages.

Celle dont je me sers est un bassm (flg. i) de 50"" de diamètre, à

(Fig. 1.) Lunette à eau, modèle F.- A. Forel.

bords faiblement évasés, en feuille de zinc, de lO'’"’ de hauteur. Le fond est une lame de verre transparent. Je pose le baquet sur l’eau en l’attachant au bateau par une ficelle lâche, et ma lunette me suit dans tous les déplacements de la barque.

La lunette des Genevois (flg. 2) est un peu plus volumineuse. C’est un double cône de 80'^“ de hauteur, de 30™ de diamètre à ses extrémités, un peu rétréci dans son milieu ; un cercle de plomb l’alourdit par le bas et le redresse, de telle sorte que le plan de flottaison est à peu près au milieu de la longueur. Avec la plus gi’ande hauteur de ses bords, ce modèle a l’avantage de laisser moins souvent enü-er quelques gouttes d’eau qui terniraient la face supérieure de la glace ; il est en revanche un peu plus encombrant que ma lunette, et a un champ visuel moins étendu.

(Fig. 2.) Lunette à eau, modèle des Genevois.

APPARKILS

2o La pince. Pour ramasser au fond de l’eau les pierres, bois ou pièces antiques, nous employons la pince de l’archéologue (fig. 3) ; c’est un instrument en fer, bâti sur le type de l’échenilloir du jardinier, mais dont les mors, au lieu d’être tranchants, sont aplatis. Un ressort les tient ouverts à l’état de repos ; une cordelette, passée dans un anneau vissé au manche, permet de serrer les mors de la pince et de saisir l’objet désiré. Un manche de bois de 3 à 5“ de longueur suffit à porter la pince dans les plus grands fonds où nous ayons à pratiquer des pêches lacustres.

3° La ligne de sonde est l’instrument indispen- Pince de l’archéologue. Sable au naturaliste; elle lui sert à mesurer la profondeur de l’eau, à apprécier la nature du sol, à descendre dans les lacs le thermomètre ou les appareils photométriques, à manœuvrer les dragues et filets qui recueillent les échantillons d’eau ou de vase, qui capturent sur le sol les animaux ou les plantes, qui pêchent les organismes à la surface ou entre deux eaux. Son usage est journalier pour qui veut scruter les mystères des régions profondes du lac.

Pour quelques études spéciales la ligne de sonde doit être faite en fil d’acier (voir plus loin les sondages bathymétriques) ; mais une telle ligne a bien des inconvénients ; elle doit être toujours tendue, à peine de voir se former des boucles qui, à la première traction, amèneront la rupture du fil ; elle demande une attention toute particulière et de grandes précautions dans son maniement et dans son entretien ; elle doit toujours être graissée pour éviter la rouille. Pendant quelques années, j’ai employé, eoncurremment à des lignes en corde de chanvre, un fil de laiton d’un millimètre de diamètre, qui a l’avantage sur le fil d’acier de ne pas s’oxyder, mais qui est un peu moins tenace. J’ai reconnu que le fil métallique n’ayant que des frottements très faibles dans l’eau permet une plus grande délicatesse dans l’appréciation de la nature du sol, et a de grands avantages pour certaines opérations de dragage. Mais sa plus grande fragilité, et les précautions minutieuses qu’il nécessite pour éviter la formation des boucles, m’ont décidé à y renoncer pour l’usage habituel des pêches, dragages, etc., et je me

AVANT-PROPOS

tiens aujourd’hui à la ligne de chanvre, beaucoup plus sûre et plus commode à manier.

J’ai employé pendant plusieurs années une corde de fil d’aloès ; elle est plus légère et plus économique que la sonde de chanvre. Mais elle est moins bien tordue, et celles que le commerce nous livre doivent être, à force égale, de plus gros diamètre, ce qui est un grave inconvénient. J’y ai renoncé.

Je recommande pour l’étude des lacs dont la profondeur ne dépasse pas 3 à 400 mètres une ligne de chanvre ou de lin de 3, 4 ou 5”™ de diamètre, bien tordue, à 3 ou 4 torons de 2 à 3 fils chacun. Celle que je possède, formée de 4 torons de 3 fils chacun, a une épaisseur de bm™ ; elle peut supporter sans se rompre 150 ; elle est fournie

dans le commerce au prix de 5 à G francs par lOO™ de longueur.

Pour l’usage d’une telle ligne do sonde je donnerai quelques recommandations utiles.

a Avant tout la corde, qui est sur-tordue au sortir des mains du cordier, doit être détordue si l’on veut éviter la formation de boucles. Pour cela déroulez-la derrière le bateau en marche et laissez-la traîner dans le lac pendant une demi-heure au moins, en l’enroulant à diverses reprises sur le treuil. Poursuivez l’opération jusqu’à ce que la ligne, devenue parfaitement souple, ne forme plus de boucles lorsqu’elle n’est plus tendue.

b II est bon de vitrioler la corde pour éviter une trop prompte détérioration. Pour cela plongez-la pendant 24 heures dans un baquet contenant une solution de sulfate de cuivre au 1 : 15e, puis laissez-la sécher. — Une corde faiblement goudronnée, quoique un peu moins souple, est aussi très recommandable.

c II est indispensable de faire sécher la sonde après chaque journée de travail avant de la i-entrer en magasin; si on la laissait eimouléesm’ le treuil elle se moisirait et ne tarderait pas à se pourrir. Pour cela déroulez-la en boucles lâches sur un bâton, à la mode des pêcheurs, et suspendez la dans un hangar où l’air circule librement. Une corde ainsi ménagée durera des années, eu gardant son intégrité des premiers jours.

d Pour graduer la ligne de sonde je m’y prends comme suit. Je plante solidement dans le sol deux piquets verticaux, à 5 mètres de distance ; j’enroule la corde mouillée autour de cette bobine en la tendant convenablement ; je laisse sécher. Avec un pinceau je fais des

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