‹ Le LémanChapitre 49 sur 88 · jours · texte numérisé non relu

jours

La température moyenne de la-journée ne donne pas une idée suffisante du cycle journalier, dont la température varie d’une heure à l’autre dans des proportions importantes! E. Plantamour a calculé, d'après ses 50 années d’observations, la variation horaire moyenne de chaque mois.(<) Je me contente d’en extraire les variations bi-horaires de quatre mois, choisis comme exemples au milieu de chaque saison ;

on y verra les allures du phénomène.

Janvier. Avril.

Juillet.

Octobre.

0 h. ilimiit.

12 Midi.

Le maximum de la journée a lieu à 3'' de l’après-midi dans les mois d’avril à septembre, à 2'' dans les six autres mois ; le minimum a lieu

Décembre

,I an vier

: hiver

Février

Mars

Avril

f printemps

Mai

.Juin

Juillet

[ été

Août

Octobre

automne

Novembre

Les extrêmes de température moyenne ont lieu :

Le minimum du 9 au 10 janvier

Le maximum du 22 au 23 juillet

L’écart entre les extrêmes est de

La durée de la période de réchauffement est de

celle de la période de refroidissement de

(q E. Plantamour II, 5 sq.

CLIMATOLOGIE

à 3'' du matin en juin, à 4'‘ en avril, mai, juillet, août et septembre, à 5'‘ en mars et octobre, à 6'* en février et novembre, à 1^' en janvier et décembre.

L’amplitude de la variation journalière moyenne est, d’après ces observations de Genève :

Décembre

Janvier

1 hiver

Février

Mar.s

Avril

printemps

ilai

^ Année 6.4°

Juin

Juillet

été

Août

j automne

Novembre

C’est au mois

de décembre que l’amplitude de la variation journa-

lière est le plus faible, au mois d’août qu’elle est le plus forte.

Les chifï'res de moyennes donnent les allures générales de la température, mais ils expriment insuffisamment la température réelle, qui est tantôt plus élevée, tantôt plus basse que ces moyennes. Dans l’impossibilité où je suis de donner le tableau complet des variations possibles, je me contenterai d’en marquer le caractère en tirant des chiffres calculés par E. Plantamour, d’après les observations de 50 années à Genève, les trois séries suivantes : (*) a pour chaque mois, la moyenne des extrêmes journaliers. C’est ce qui est indiqué sous les titres de maximum et do minimum moyens, b pour chaque mois, la moyenne des extrêmes absolus, c’est-à-dire la moyenne de la température la plus élevée et de la température la plus basse observées dans chaque mois de chaque année, pendant la période de 50 ans. Ces moyennes sont sous le titre de maximum et minimum absolus.

c enfin les extrêmes des extrêmes : j’ai recherché dans les 50 années

(') B. PlaïUamour I, 2; II, 5 à 84.

CHALEUR DE L’AIR

les températures extrêmes observées dans chaque mois. Ce sont les maximums et les minimums extrêmes.

Décembre

Maximum

moyen.

Minimum

moyen.

Maximum

absolu.

Minimum

absolu.

Maximum

extrême.

Minimum

extrême.

•lanvier

Février

Jlars

Mai

•Tuin

•luillet

.Amit

Septembi-e

Octobre

Novembre

Les températures extrêmes enregistrées par les thermomètres à index, de 1826 à 1891, ont été :

pour le maximum -i- 36.4“, le 6 juillet 1870

pour le minimum — 25.3", le 15 janvier 1838

ce qui donne pour l’amplitude des variations extrêmes 61.7“.

Le nombre moyen des jours de gelée a Genève de 1826 à 1875 est donné par le tableau suivant, qui indique dans sa première colonne les jours où le thermomètre descend au-dessous de zéro, et dans sa seconde colonne celui des jours où il ne remonte pas au-dessus de zéro. (')

Octobre

Jours de gelée.

Jours de non dégel.

Novembre

Décembre

•lanvier

Février

Mars

Avril

Mai

Année

(') E. Plantamour II, 91.

CLIMATOLOGIE

91 jours de gelée, année moyenne; c’est le quart de l’année. Pendant le (^uart de l’année, le thermomètre à minimum, observé chaque jour, descend dans notre climat au-dessous de zéro.

Dans la période de 1826 à 1891-, notre pays a subi quelques grands hivers remarquables par la durée du froid et par des congélations partielles du lac. Je les caractériserai d’après les observations de Genève.

Jours de gelée

Jours de non dégel.

Minimum négatif.

Maximum négatif.

La date moyenne à Genève de la première gelée est le 29 octobre. Celle de la dernière gelée, 19 avril (moyennes de 50 années). (-)

Dans les 66 années de 1826 à 1891, la gelée la plus hâtive à Genève a eu lieu le 30 septembre 1843; la gelée la plus tardive a eu lieu le 25 mai 1867.

Les chiflres ci-dessus se rapportent à une seule station, celle de Genève, la station de notre vallée dont le climat a été le mieux étudié et sur laquelle nous possédons les données les plus nombreuses. Il serait trop encombrant de publier ici un tableau aussi étendu pour les autres stations dont nous possédons des observations météorologiques moins complètes, mais cependant excellentes.

Mais pour permettre de juger du climat des différentes régions du lac, je me suis adressé à l’obligeance de M. le Directeur R. BillMuller, de l’Institut central de météorologie suisse à Zurich, qui a bien voulu me communiquer le tableau suivant; il est extrait de sa Climatologie

P) Dans l’hiver de 1890-1891 nous avons eu à Morges une série de 96 jours de gelée, pendant lesquels chaque nuit le thermomètre est descendu au-dessous de zéro, du 26 novembre 1890 au l®' mars 1891. C’est la plus longue série connue dans nos climats par des observations tbermométriques.

E. Plantamour, II, 95.

CHALEUR DE L’AIR

suisse, actuellement sous presse. Dans ce taljle'au,(‘) nous avons les moyennes mensuelles, saisonnières et annuelles de la température calculées d’après les observations régulières faites : à Morges, de 1850 à 1854 (-), et de 1864 à 1866 par MM. F. Burnier, Ch. Dufour et A. Yersin, le thermomètre étant placé à 7'» au-dessus du lac et à 300"' dans l’intérieur des terres ; à Lausanne, de 1874 à 1886, par M. Hirzel, directeur de l’Asile des aveugles ; hauteur du thermomètre 138'” au-dessus du lac, à llOOt” dans l’intérieur des terres ;

à Montreux, de 1864 à 1877, par M. le D'' Carrard, à Vernex (hauteurdu thermomètre 4'", distance du lac 12'”) et de 1888 à 1890 par M. C. Bührer, à Clarens (hauteur 10'" au-dessus du lac, distance 65'");

à Aigle, de 1881 à 1890, par M. le D" Bezencenet; thermomètre à 50'" au-dessus du lac, et à 9800'” de distance du lac, dans la vallée du Rhône.

Ces valeurs ont été rapportées par M. Billwiller à la moyenne trentenaire de 1851-80 de Genève (-*) par une réduction convenable, et sont par conséquent parfaitement comparables.

Genève.

Morges.

Lausanne. Montreux.

Aigle.

Moyennes.

Décembre

O.lo

•lanvier

F évrier

Mars

Avril

Mai

.Tuin

Juillet

Août

Octobre

Novembre

(') Malheureusement il n’existe pas, à ma connaissance tlu moins, de séries d’observations de température faites sur la côte savoyarde du lac qui puissent être comparées et rapportées aux valeurs de nos stations suisses.

C^) Ch. Dufour. Résumé des observations météorologiques faites à Morges de 1850 à iaü4. Bull. S. V. S. N. VI. li», 1800.

(V Le thermomètre de l’Observatoire do Genève est à SS"" au-dessus de la nappe du lac et à 1000"’ de distance horizontale du port.

278 CLIMATOLOGIE

Genève.

Morges.

Lausanne.

Montreux.

Aigle.

Moyennes.

Hiver

Printemps

Eté

Automne

Année

De ces chiffres, je tire les comparaisons suivantes :

La moyenne générale est 9.6“.

La moyenne annuelle va en décroissant de Montreux à Aigle, à Genève et Morges,- à Lausanne. La plus grande chaleur de Montreux tient évidemment à sa position admirablement abritée contre les vents du nord; celle d’ Aigle, à son éloignement du lac et à sa position abritée; l’excès de froid de Lausanne vient de son altitude plus élevée.

La moyenne de l’hiver va en décroissant de Montreux à Aigle, à Morges, à Genève, à Lausanne. La plus grande chaleur relative de Morges vient du réchauffement par voisinage du lac, plus effectif qu’à Lausanne et Genève.

La moyenne du printemps va en décroissant d’Aigle à Montreux, à Morges, à Genève, à Lausanne. La supériorité d’Aigle est due à son éloignement du lac.

La moyenne de l’été va on décroissant de Montreux à Genève et Aigle, à Lausanne, à Morges. Le rafraîchissement par voisinage du lac explique le peu de chaleur de l’été à Morges.

La moyenne de l’automne va en décroissant de Montreux à Aigle, à Genève, à Morges et Lausanne. D’oü provient la supériorité de Genève sur Morges et Lausanne? (')

(') M. Bilhviller, que j’ai consulté à ce sujet, attribue à l’influeiice de la grande cité voisine les chiffres plus élevés des observations de Genève, surtout en été et on automne. D’après les études de Hann (Handbuch der Klimatologie, p. 22), la grande agglomération de population dans une cité élève notablement la température locale. C’est ainsi que, entre Vienne et la campagne environnante de la plaine du Danube, il a reconnu les différences suivantes ên faveur de la température

citadine :

Hiver

été + 0.9”

année + 0.5”

Printemps

automne 0.5

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