DIOTNUTION DE LA CHALEUR DANS LES HAUTEURS
II. Diminution de la chaleur atmosphérique dans les hantes altitudes.
Si l’on s’élève dans l’atmosphère, on constate que la température de l’air décroît assez rapidement, c’est-à-dire que les couches inférieures de l’air sont plus chaudes que les couches sus-jacentes. Cela donne une stratification thermique inverse(>) dans laquelle l’état d’équilibre est maintenu, malgré l’instabilité apparente d’une telle superposition, par la compression des couches inférieures de l’air ; par cette compression, leur densité est assez augmentée pour compenser et au-delà la dilatation résultant de la température plus élevée. Il en résulte pour les intérêts du lac que, sur les montagnes élevées de son bassin d’alimentation, l’eau atmosphérique tombe plus fréquemment à l’état de neige, et s’accumule en particulier sous cette forme pendant toute la saison froide, que par conséquent les rivières affluentes, venant des régions de haute montagne, sont à l’étiage en hiver, et ne se gonflent que lorsque les chaleurs de l’été font fondre les neiges alpines.
La valeur moyenne de la chute de température atmosphérique, pour nos régions tempérées du centre de l’Europe, est de 0.57» pour 100"‘ d’altitude, 0 soit de 1» pour 17.5“ d’altitude surajoutée.
Tels sont les chiffres moyens, mais ils sont soumis à une variation annuelle très caractérisée. En hiver, la différence de chaleur est moins forte qu’en été, et cela dans les proportions snivantes. La température de l’air s’abaisse de 1» si l’on s’élève : eiThiver, de 222“
au printemps, • de 149“
en été, de 143"'
en automne, de 188“.
(9 II est fort commode, ainsi que nous le verrons plus loin dans l’étude de la thermique du lac, de désigner par les termes de stratification directe les cas où les couches les plus chaudes d’un fluide sont superposées aux couches les plus froides, et stratification inverse les cas où les couches froides reposent sur les couches chaudes. Je n’hésite pas à employer la même terminologie pour la stratification thermique de l’air atmosphérique, malgré l’usage de quelques météorologistes d'appeler inversion de température les cas où la stratification thermique est directe.
(9 Havn, Klimatologie, ir)2, Stuttgart 1883.
CLIMATOLOGIE
Pour notre vallée, j’ai tiré des études d’E. Plantamour sur la température de Genève et du'Grand-St-Bernard des valeurs ciui montrent un taux un peu plus faible de la décroissance de température. (‘) Voici les moyennes annuelles et saisonnières que j’ai calculées d’après ces chiffres, et que je donne sous deux formes : l’ascension nécessaire pour abaisser la température de l’air de l", la baisse de température qui correspond à l’ascension de 100"'.
pendant l’iiivei",
» le printemps, » l’été,
» l’automne.
Différence d’aUüude pour 1°.
Différence de température pour 100'".
en moyenne annuelle 194™ 0.53°
Ainsi, en hiver, la stratification thermique est moins serrée qu’en été ; l’excès de froid sur les hautes montagnes, comparées à la plaine, est moins grand en hiver qu’en été. Cela est tellement vrai que l’on constate fréquemment, dans la saison froide, qu’il fait plus chaud à la montagne qu’à la plaine; on y observe ce qu’on appelle l’inversion de la températufe (ce que j’appelle la stratification thermique directe). C’est le cas généralement quand la plaine est ensevelie sous un voile de brouillard, tandis que les sommets sont brillamment ensoleillés. Nous aurons à tenir compte de ces faits quand nous aborderons le régime des affluents du lac et celui des brouillards de la vallée.