‹ Le LémanChapitre 5 sur 88 · APPAREILS · texte numérisé non relu

APPAREILS

modèle que je viens de décrire, une poulie mobile sur une tringle de fer. Cette poulie de bois avec une gorge profonde glisse latéralement sur la tringle et la déplace automatiquement à mesure que, dans l’enroulement sur la bobine, la corde s’avance d’une extrémité à l’autre du tour. On fixe le cadre à l’aide de deux presses à m (fig. 5) de telle manière que la poulie surplombe au dessus de l’eau. Cet appareil fonctionne à souhait tant que l’on ne pratique que des sondages verticaux, mais sitôt que dans une opération de dragage la corde oblique sur le plan de la poulie, elle peut s’échapper de la gorge et le travail est fort entravé.

(Fig. 7.) Treuil de sonde portative. Modèle allemand.

Pour le naturaliste qui veut multiplier les opérations, et faire divers ordres de recherches, qui veut ne pas être à la merci d’un lac agité par des vagues, ou de l’imperfection d’une nacelle trop primitive, je recommanderai plutôt le premier type de treuil que je viens de décrire; il est plus rustique et se prête mieux à toutes les circonstances.

Je n’ai pas à donner ici la description et l’énumération des divers appareils, outils, instruments et engins accessoii’es qui peuvent être utiles ou nécessaires au naturaliste ; ils font partie de l’Qutillage normal d’un hateau ou d’un lahoratoii’e. Suivant les conditions spéciales où se trouvera placé l’investigateur des choses du lac, suivant qu’il se trouvera logé près ou loin de la rive, qu’il sera stationnaire ou ambulant, qu’il étudiera son propre lac ou qu’il sera un explorateur voya-

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geur, suivant aussi ses goûts, ses besoins ou son génie personnel, son arsenal sera plus ou moins riche. Je me bornerai à formuler la recommandation suivante ; Cherchez à simplifier, à réduire vos appareils; toute complication peut devenir encombrante.

Un dernier conseil pratique : Employez toujours le zinc, qui ne s’oxyde pas dans l’eau douce, de préférence au ferblanc.

Quant à la manœuvre de ces instruments, tout batelier saura la pratiquer dès le premier essai. Le natm’aliste en apprendra bien vite le maniement ; un court apprentissage le mettra au courant des procédés et du manuel opératoü’e. J’aurai encore l’occasion de donner quelques conseils lorsque nous arriverons à la description des opérations spéciales à certaines recherches.

Définitions. Plan de l’ouvrage. Cartes de géographie.

Définition. Un lac est une masse d’eau stagnante, réunie dans une dépression du sol, sans continuité avec la mer.

Par les mots absence de continuité avec la mer, cette définition fait la distinction entre les lacs d’une part et les estuaires et lagunes d’autre part; dans ces derniers l’eau de la mer peut refluer, le liquide est plus ou moins saumâtre, et les sociétés biologiques qui les habitent se rapprochent des types mai-ins. Dans un lac la possibilité de tout mélange avec l’eau de mer est exclue.

Le niveau de l’eau d’un lac est réglé par les rapports entre le débit des affluents (précipitations aqueuses de l’atmosphère et rivières) et celui des effluents (évaporation et fleuve émissaire). Ces rapports peuvent être différents et servü’ de base à une classification systématique des lacs, fondée sur l’existence ou non d’un émissaire.

Si le débit des affluents est constamment supérieur à la valeur de l’évaporation, le niveau de l’eau dépasse la digue de support du lac et le trop plein s’écoule vers la mer. Le lac a un émissaire permanent.

Si le débit des affluents en saison humide est suffisant pour rem-

plir le lac à pleins bords, et si en saison sèche il est inférieur en puissance à l’évaporation, le lac a un émissaire temporaire.

Si le débit des affluents n’arrive pas, même en saison humide, à faire déborder le lac, celui-ci est un lac sans émissaire.

Dans les lacs à émissaire permanent l’eau se renouvelle sans cesse; elle est peu chargée de sels. Ce sont des lacs d’eau douce.

Dans les lacs sans émissaire l’eau se concentre par évaporation ; elle se surcharge de sels. Tout lac sans émissaire est un lac d’eau salée.

Quant aux lacs à émissaire temporaire, suivant la durée relative de l’écoulement de l’eau par l’affluent, l’eau est douce, saumâtre ou salée.

Cette distinction est donc fondamentale, et elle doit servir de base à la classification des lacs.

Les lacs à émissah’e permanent sont par nature toujours remplis d’eau. Ils sont eux -mêmes permanents.

Quant aux lacs à émissaire temporaire et aux lacs sans émissaire, essentiellement suivant leur profondeur, et aussi suivant le climat de la région, ils seront ou permanents ou temporaires. Ils seront permanents quand dans la saison sèche l’évaporation n’arrivera pas à mettre à nu leur plafond; ils seront temporaires quand toute la masse de l’eau pourra être enlevée par évaporation.

Au point de vue de leur profondeur relative on peut séparer les lacs en trois types généraux que je définis comme suit :

Un lac, proprement dit, est un lac profond ou de grande profondeur.

Un étang est un lac de faible profondeui'. Ex.: lac Trasimène.

Un marais est un étang assez peu profond pour qu’il soit envahi par la végétation des plantes enracinées, dont les tiges s’élèvent dans l’air : roseaux, typhas, etc.

Cette division n’est pas essentielle ; entre ces trois types il y a toutes les transitions possibles.

Plan de l’ouvrage. La monographie que je commence ici est consacrée à la description et l’étude du Lac Léman, considéré aux divers points de vue qui peuvent intéresser l’homme de science, le naturaliste, le physicien, le technicien ou le simple curieux des choses de la nature ; je chercherai à en enchaîner les dilTérentes parties de manière à former, si possible, un tout. C’est un essai de synthèse des études isolées qui, depuis des siècles déjà, ont été concentrées sur

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