‹ Le LémanChapitre 56 sur 88 · jours · texte numérisé non relu

jours

Février

Mars

Avril

printemps

Mai

Annee

.Juin

Juillet

été

Août

Septembre

Octobre

1 automne

Novembre

D’après ces chiffres, la fréquence du vent sudois est le plus grande au printemps et en été, le moins grande en automne et surtout en hiver : les mois qui présentent le plus de vent du sud sont mars et avril, celui qui en a le moins est février.

L’intensité du vent sudois est en général moins violente dans notre vallée que celle du vpnt du nord. Cependant lorsque le cyclone est très serré, lèvent prend une intensité d’ouragan. .l’en donnerai des. exemples plus loin.

D’api'ès la configuration du lac et la distribution des côtes, le vent sudois souffle également sur tout le lac, à l’exception du Plaut-lac à l’orient de Meillerie et Vevey, région qui est plus ou moins protégée par les montagnes. Ce n’est que lorsque le vent s’infléchit vers l’ouest qu’il vient battre cette région du Haut-lac.

Les vagues du sudois sont nulles à Genève et dans le golfe de Coudrée; elles atteignent leur maximum de Morges à Vevey, et surtout

(h Ë. PlaïUamoar. Climat de Genève; JT, 212.

CLIMATOLOGIE

sur les rives de J^aVaux. l^a direction du vent sudois normal est du S.-AV. au N.-E., soit parallèlement ù l’axe du lac de Genève à Morges, ou encore parallèlement à la chaîne du Jura. Cette direction est celle du vent dominant des mouvements cycloniques se dirigeant du S.-W. auN.-E.; elleest, dans notre vallée, favorisée par la direction des chaînes de montagnes. Il est plus rare que le vent prenne la direction du sud ou de l’ouest; une difïérence de (juBlques points lui lais.se ses caractères généraux. Mais elle modifie considérablement l’activité des vagues dans les diverses stations de la côte sous le vent; quand le sudois vient directement du midi et souffle en bornan, suivanl l’expression indigène, il vient battre directement la rive vaudoise de Rolle à Ouchy, et les vagues y sont alors à leur maximum; quand il s’infléchit vers l’est, et que venant de l’ouest il se rapproche du joran, il enfile le Grand-lac dans toute sa longueur, ses vagues frappent presque normalement la côte d’Ouchy à Villeneuve et leur action se prolonge jusqu’au Bouveret.

Le vent sudois venant de latitudes plus méridionales, et par conséquent plus chaudes, est un vent chaud et humide. Il est généralement caractérisé par un ciel nuageux, et par la pluie; quelquefois, mais exceptionnellement, il porte quelques nuages orageux (voir plus ba.s).

En été, nous avons parfois un vent du midi avec un ciel serein, vent blanc. Le soleil brillant qui l’accompagne lui donne une chaleur intense, brûlante, de là le nom de maurabia(’) que lui donne le paysan vaudois. Généralement, lèvent blanc se transforme progressivement, au bout de la journée, en vent de pluie.

Le vent du midi souffle pendant un ou plusieurs jours de suite; les chiffres suivants de l’observatoire de Genève, tirés de là période 1847 ù 1861 ('^) donneront une idée de cette durée.

Vent du midi ayant duré 1 jour 331 fois soit 63 «/o » 2 jours 138 » » 26

De beaucoup les plus fréquents sont les

cas où le vent a duré un

P) Maiira-Llla, qui mûrit le blé.

p-) E. l'ianiamour, I, 169.

VENTS

ou deux jours; ils représentenl les 89 pour cent des événements. Ceux de trois jours sont ti-ès peu nombreux.

Quant à la vitesse du. courant d’air, par le vent sudois, je la tire des observations anémométriques de Berne, 1884-88, (*) et j’y trouve comme maximum 78 à l’heure, soit 21.7"' à ta seconde, 6 mars 1885, de 3 à 4 heures du soir, pour la vitesse horaire de l’air dans les couches inférieures, .le ne connais pas de mesurés de cette vitesse dans les couches supérieures. J’aurai à indiquer une vitesse encore plus forte lorsque j’étudierai les ouragans, tornados et trombes, dans un chapitre suivant.

II. — La vent du nord-est, est le vent général le mieux carac-

térisé de la région du Léman. 11 y a une intensité et une fréquence remarquables, beaucoup plul prononcées que dans la Suisse orientale, et que dans l’Europe centrale prise dans son ensemble. Sur la rive vaudoise, d’Ouchy à Rolle, il s’y ajoute les morgets, morget de la période journalière, morget d’automne, morget de neige, qui soufflent dans la même direction. Aussi les courants du nord y sont-ils dominants.

La bise, le vent général du nord-est, est provoquée par le passage d’un cyclone au sud de notre région, sur le nord de la Méditerranée, ou par un anticyclone dans le nord de la France ou de l’Allemagne. Elle nous amène de l’air venant des régions du nord, plus froid par conséquent que l’air normal de la vallée; c’est donc un vent froid. En passant de climats plus froids à des climats plus chauds, elle s’est réchauflée, sans gagner notablement d’humidité ; d’une autre part, elle arrive de pays continentaux et n’a pas traversé de mers ; ces deux cil-constances en font un vent sec. Vent sec et froid, l’air n’est pas chargé de nuages, le soleil brille dans un ciel serein ; c’est un vent de beau temps. Ce n’est que là où elle vient frapper la muraille des Alpes, quand elle se relève assez pour se refroidir jusqu’au point de saturation, que l’on voit parfois, par la bise, se développer des nuages locaux. Il est cependant une variété de vent du nord, la bise noire, dans laquelle le ciel est entièrement couvert de nuages; c’est le temps le plus triste et le plus désagréable que nous ayons à subir; froid, humide et venteux, il réunit tous les symptômes fâcheux de la température la plus inclémente. L’on suppose que dans ce cas il y a un cou-

(‘) Annalen der scliweiz. itieteorolog. Central-Anstiilt, Zurich.

CLLMATOLOGIE

rant d’air supérieur venant du sud, air chaud et humide dont la vapeur d’eau se condense en nnages à la limite inférieure, en contact avec la bise ; mais je dois avouer n’avoir jamais vu par la bise noii'e les nuages mai'cher vers le nord. Il est vrai que, d’en bas, nous ne pouvons voir que la surface inférieure de la nappe des nuages, et que les couches supérieures peuvent avmir une direction toute autre. Il serait possible aussi que la nappe des nuages de la bise noire fût simplement la condensation de la vapeur d’eau d’un air relativement humide, par l’effet du froid des altitudes supérieures ; la bise noire serait, dans cette supposition, une bise plus humide que la bise ordinaire.

La bise souffle avec toute son intensité dans la partie occidentale du lac, de Lausanne à Genève; il semble que le rapprochement progressif des mui-ailles formées par le Jure» et par les Alpes constitue une espèce d’entonnoir qui renforce la puissance du courant d’air. La côte abrupte de La Vau.x entre Lausanne et t'evey, la muraille élevée des Alpes vaudoises de Clarens à Villeneuve abritent contre la bise les rives fortunées du Haut-lac. La bise peut faire merveille du côté de Genève, pendant qu’à Montreux l’air est calme, le ciel serein; ce sont les jours de triomphe de cette Riviera du Léman.

Par la bise, les vagues sont nulles sur la côte vaudoise, de Villeneuve à Morges, le vent soufflant de la terre vers le lac; elles sont à leur maximum sur la côte de Savoie, dans la Grande-Conche, et dans le Petit-lac jusqu’à Genève.

La fréquence de la bise est donnée par les observations de Genève, 1847-1875. (') Je réunis en tableau le nombre moyen des jours où la bise a soufflé avec une intensité supérieure à 2.

Décembre

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