jours
Février
Mars
l printemps
Mai
> Année 42.0j'
Juin
Juillet
^ été
Août
Septembre
Octobre
' automne
Novembre
(') E. Plantamour, II, p. 209.
VENTS
Le maximum de fréquence annuelle de la bise dans ces 29 années a été 01 jours en 1858, le minimum 16 jours en 1872.
Les mois les plus riches en bise sont, d’après ces chiftres, mars, décembre et novembre; les plus épargnés par ce vent, juillet et octobre.
Si nous additionnons les valeurs moyennes mensuelles du sudois et de la bise, les vents dominants de notre vallée, nous ti-ouvons que mars présente le maximum de forts vents, avec 10.2 jours dans le mois, septembre le minimum, avec 5.7 jours.
E. Plantamour a calculé quelle était pour la période 1847 à 1861 la durée moyenne de la bise, et il a trouvé pour ces 15 années les chiffres suivants : (')
Bise ayant duré 1 jour 197 fois soit 52%
» 2 jours 99 » » 26
D’après cela, la bise ne dure le plus souvent qu’un jour et, dans plus des trois quarts des circonstances, elle ne dure que un ou deux jours. Le dicton populaire, (|ui veut que la bise dure trois, six ou neuf jours, est réfuté par ces chiffres, et nous devons le déclarer inexact sous sa forme trop absolue. Cependant je suis disposé à lui attribuer une certaine raison d’être; je me base sur le fait que la vitesse de translation des cyclones qui déterminent les vents généraux est telle que nous sommes ordinairement pendant trois jours environ sous leur
influence; cpie d’autre part on voit souvent les cyclones se suivre en
chapelet sur la carte météorologique de l’Europe, et, à peine un cyclone passé, il en arrive un nouveau sur la même trace. Malgré la rigueur de la statistique météorologique, je souscrirais donc volontiers à l’adage populaire, et je lui reconnais une certaine justesse, aussi bien pour la bise que pour le vent sudois dont nous avons parlé précédemment.
La bise est souvent d’une intensité extrême : parmi les vents généraux, elle est, chez nous, probablement le plus violent. Nous n’avons pas encore de mesures exactes de la vitesse du vent à terre, par le moyen d’anémomètres, dans la vallée du Léman. Des observations de Berne de 1885 à 1888, qui nous donnent la vitesse horaire, j’ai tiré la
P) E. Plantamour, T, p. 169.
CLIMATOLOGIE
vitesse maximale, observée dans ces quatre aimées, de 61 kilomètres à l’heure, soit 17'" à la seconde, le 16 novembre 1885, entre 1 et 2 '' du jour. En cherchant k mesurer la vitesse de la bise par le déplacement des nuages, nous sommes arrivés au.x chiffres suivants ;
M. Ch. Dufour, à Orbe, le 4 mars 1851 : 20™
Fr. Burnier, à Morges, le 25 avril 1854 : 25
F.-A. Forel, à Morges, le 27 septembre 1867 : 25.5 ™ soit 92>"" à l’heure.
Nous avons établi dans nos généralités que le vent du sud appartient au quadrant dangereux des cyclones, lé vent du nord au quadrant maniable; que par conséquent le premier doit être plus intense que le second. Nous ne sommes pas à môme d’étudier la vitesse relative des vents dans notre région ; nous manquons d’observations précises et nous devons attendre que les anémomètres enregistreurs de Genève (‘) fonctionnent à satisfaction. Il est impossible en effet de se fier, pour ces recherches, aux appréciations des observateurs, les seules dont nous dis])OSons jusqu’à présent : des facteurs nombreux, la température, l’humidité de l’air, le plus nu moins de protection de la station contre le vent de certaines directions, la grandeur des vagues si l’observatoire e.st près d’un lac, influent trop sur des évaluations sans instruments ; il faut, pour juger ces questions de degré, l’incorruptibilité d’un appareil mécanique.
Nous pouvons, en revanche, ' faire une comparaison utile entre la fréquence relative des deux vents principaux. Le nombre des jours de l’année où, à Genève, soufflent les vents du nord et les vents du sud est à peu près le même; mais leur répartition dans les diverses saisons est différente. Si nous mettons en présence les valeurs moyennes mensuelles des deux vents opposés, telles que nous les avons données dans les tableaux des pages 319 et 322, on y voit immédiatement une prévalence marquée des vents du nord pendant l’hiver, des vents du sud pendant l’été ; la séparation entre les deux régimes a lieu au commencement d’avril et au commencement de novembre. Deux additions justifieront ce dire, en donnant le total de l’apparition des deux vents dans une année moyenne (avec une intensité de 2 et plus).
sudois bise
De novembre à mars 17.0 jours 22.2 jours.
D’avril à octobre 27.2 » 19.8 »
(') Genève est parmi les stations météorologiques de la vallée celle dont l’observatoire est le mieux situé pour l’étude des vents généraux.
VENTS
La bise esl plus fréquente dans la saison froide, le vent sudois dans la saison chaude. La cause immédiate de ces prédominances est que les cyclones passent plus nombreux (') en hiver sur la Méditerranée septentrionale, en été sur la Manche et la mer du Nord; quant à la cause première de ces différences d’allures des cyclones, je laisse à d’autrés le soin de la rechercher.
111. — La vaiidaire, vent du sud-est, connu dans la Suisse allemande sous le nom de fôhn. La vaudaire est un vent du S.-E. qui sortant de la vallée du Rhône, souffle avec violence sur le Haut-lac; le vent arrive rarement au-delà de Lausanne, très rarement au-delà de Morges.
Pendant longtemps on a attribué au fôhn, et par suite à la vaudaire, une origine lointaine, étrange; on les faisait venir d’Italie et d’Afrique. Depuis que les cartes météorologiques permettent de suivre l’état de la pression sur l’Europe, il est évident que le fôhn est causé par des cyclones dont le centre est situé au sud-ouest, à l’ouest ou au nordoue.st de notre région. C’est un vent du sud qui passe par-dessus les montagnes en obliquant vers le N.-W. (-) La coïncidence entre le vent sudois dans la partie occidentale du Léman et la vaudaire dans la partie orientale a été observée par tous ceux qui donnent attention aux choses du lac; fréquemment l’on voit entre Morges et Vevey les lames de la vaudaire se quadriller sur le lac avec celles du vent de Genève.
La vaudaire a pris en traversant la chaîne des Alpes les caractères qui lui sont particuliers ; c’est un vent soufflant par bouffées, très chaud et très sec. 11 souffle par bouffées parce que, appartenant à un courant d’air supérieur, ou plutôt relevé à une grande hauteur par la muraille des Alpes, ce n’est fiu’exceptionnellement que son souffle \aent jusque au niveau du sol. Il est un vent sec parce qu’il s’est débarrassé par les pluies, sur les Alpes, et spécialement sur le versant italien, de son
(') Je dis passage plus fréquent des cyclones, et non pas, comme on le prétend trop souvent, existence d’un minimum hivernal sur la Méditerranée, d’un minimum estival sur la mer du Nord. Les minimums barométriques, que montrent les cartes des moyennes mensuelles ou saisonnières des i3oJ)ares, sont en eil'et une résultante du passage individuel et répété de nombreux cyclones suivant certaines routes; les maximums au contraire résultent ordinairement du stationnement d’un anticyclone dans les espaces laissés libres entre les trajectoires des cyclones.
(2) Voir, au sujet de la vaudaire, la remarquable monographie du prof. Louis Dufour : le fohn du 3.3 septembre 1866 en Suisse. Bull. S. V. S. N. IX Ô06, Lau- ■sanne 1867; pour la théorie générale du fohn, les travaux de M. Hann de Vienne.
CLIMATOLOGIE
excédent d’humidité; il est un vent chaud parce que, tombant des hauteurs pour arriver au sol, il s’est comprimé et a, par la chute, élevé sa température. Les vagues de la vaudaire peuvent être énormes, de Vevey à Morges; à Morges, elles sont parmi les vagues les plus violentes que nous connaissions.
Je donnerai une idée de la fréquence de ce vent, d’après mes notes de l’année 1877, à Morges.
Le vent est venu jusqu’à Morges
Les lames de vaudaire sont venues à Morges
Janvier
4 fois
5 fois
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
.Tuillet
Août
Septembre
Octobi-e
Novembre
Décembre
Année
Ainsi, d’après ces notes, la vaudaire aurait soufflé au moins 31 fois sur le Haut-lac. Il est probable que nombre de cas de vaudaire m’ont échappé.
IV. — Le joraii, vent du nord-ouest, est rare et mal caractérisé : il se confond avec le vent sudois dont il a tous les caractères, à savoir d’être un vent continu, chaud et humide. Sa direction fait seule une dilïérence, en ce qu’il enfile la région orientale du lac et que ses vagues se font sentir jusqu’aux bouches du Rhône.
Nous retrouverons plus tard le joran parmi les vents d’orage.
On connaît la loi générale de succession des vents : après les vents du sud viennent les vents d’ouest, puis ceux du nord. Quand un cyclone passe au nord de notre région, il nous atteint par son bord antérieur, nous sommes dans le courant d’air venant du sud ; plus tard, il nous traverse par son bord méridional où régnent les vents de l’ouest.
VENTS
puis par son bord postérieur, le domaine des vents du nord. C’est ce qu’exprime fort bien le dicton vaudois :
* « Le joran qui suit le vent (')
Tient la bise par la man. » (la main)
S” VENTS d’orage
A côté des brises régulières déterminées par les différences d’échauffement de la terre et du lac, à côté des vents généraux causés par les grands phénomènes cycloniques de la circulation aérienne, nous avons à signaler les vents d’orage. Ils ne sont pas .spéciaux au lac, mais ils l’intéressent, soit par les vagues qu’ils soulèvent, soit par les seiches qu’ils déterminent; ils sont du reste un des phénomènes importants du climat de la vallée. Nous allons donc essayer, non pas d’en faire la théorie, ce n’est pas de ma compétence, mais d’en esquisser les traits généraux.
L’atmosphère n’est jamais au calme absolu sur toute la terre. Par suite des diflërences de température qui existent entre l’équateur et les pôles, entre les continents et l’océan, il s’établit normalement la circulation aérienne des vents alizés, moussons, etc.; ces déplacements de l’air sont accompagnés, suivant les circonstances locales, de compression ou de dilatation de l’air lui-même, de condensation de la vapeur d’eau et de dégagement d’électricité, qui altèrent la sérénité de l’atmosphère et qui donnent aux saisons et aux climats leurs caractères spéciaux, différents dans les différentes régions. C’est là un premier ordre de perturbations atmosphériques, mais elles sont pour ainsi dire normales; elles sont soumises à des lois régulières; sous les mouvements qu’elles déteTminent, on peut reconnaître le calme relatif. C’est à des phénomènes de ce groupe, mais sur une échelle très réduite, que nous pouvons rattacher les brises locales, de périodicité journalière.
Un second ordre de perturbations atmosphériques comprend les grands mouvements tourbillonnants des cyclones et anticyclones, qui sont déjà plus irréguliers, plus accidentels, dont le développement.
(') Le vent du sud, le sudois.
CLDIATOLOGIE
l’apparition et la marche sont soumis à des lois (pii nous échappent encore. Suivant les saisons, ils ont une tendance à suivre des routes différentes ; les cyclones, par exemple, pendant l’hiver traversent plutôt l’Atlantique et la Méditerranée, pendant l’été traversent plutôt le 'continent européen. Ces perturbations de vaste amplitude, à grandes allures, régissent le temps, le temps qu’il fait, le temps météorologique.
Un troisième ordre de perturbations est celui des troubles locaux et passagers de ratmo.sphère, occupant un espace relativement peu étendu, durant peu; des altérations subites, rapides, violentes, de courte durée, du calme atmosphérique. Ces altérations sont toutes plus ou moins caractérisées par le développement de nuages, par des chutes de pluie, parfois de grêle, par l’abaissement de la chaleur, par des phénomènes électriques divers, depuis la simple augmentation de tension jusqu’à la décharge de la foudre, enfin par des vents plus ou moins violents. Ces perturbations sont les orages, ouragans, tornados, tempêtes, etc. Leur symptôme dominant, le vent, nous oblige à nous en occuper ici.
Il est probable que cette classe de perturbations est très complexe et qu’il y aurait lieu de la diviser en types nombreux, divers soit par leur origine, soit par leurs manifestations. 11 est possible que les unes soient dues originairemerit à des phénomènes thermiques, les autres à des phénomènes électriques, les autres à des phénomènes mécaniques (courants d’air). La météorologie scientifique moderne s’occupe avec ardeur de cette étude ; elle n’est pas encore ai'rivée à des conclusions définitives et certaines; les lois et théories des phénomènes ne sont pas encore débrouillées d’une manière classique. Dans cet embarras, et n’ayant point chai’ge de légiférer en météorologie, étant obligé d’autre part pour certaines questions d’intérêt limnologique, les seiches par exemple, de m’éclaircir les notions sur ces phénomènes qui nous touchent de si près et remuent si profondément le lac, je vais exposer la manière purement empirique dont je comprends les perturbations locales de l’atmosphère.
Les perturbations locales et rapides de l’atmosphère peuvent être classées en :
I. Perlurbatims avec mouvement tournant : a. Cyclone et anticyclone.
VENTS 329
b. Tornado, ouragan.
c. Trombe.