VARIATION PÉRIODIQUE JOURNALIÈRE
Y a-t-il dans la liauteur du lac une périodicité correspondant à la journée de 24 heures ? Un maximum diurne ou nocturne ? A cette question, la réponse est sans hésitation négative. Cette variation périodique est insensible.
A quoi serait-elle due? A des variations journalières dans le débit des affluents. Ces variations existent, cela est incontestable. Pendant la phase diurne de la journée, les neiges et glaciers fondent avec plus d’activité que pendant la phase nocturne. Chaque torrent glaciaire subit une crue sensible en été, dans l’après-midi de chaque journée de beau temps chaud. Mais la longueur du cours des divers affluents étant différente, la durée du parcours de l’eau des diverses sources glaciaires du fleuve est, de môme, difféi-ente ; ces diverses crues partielles se compensent plus ou moins, de telle sorte que le Rhône, le seul affluent du lac qui soit à considérer dans celte question, intégrant toutes ces variations élémentaires, ne montre plus dans son cours inférieur de périodicité journalière appréciable. Les quelques observateurs que j’ai pu consulter à ce sujet n’ont pu m’indiquer l’heure d’une crue régulière du Rhône, ou plutôt, ils m’ont donné chacun une heure différente pour le moment du maximum, les uns le matin, les autres le soir, les uns à, midi, les autres à minuit, ce qui prouve qu’il n’y a aucune constance dans le phénomène.
Le débit du seul affluent dont la variation pourrait être active sur le lac étant ainsi relativement uniforme, et aucune autre cause de variation n’apparaissant probable, il n’y a pas à chei'cher de variation périodique journalière dans la hauteur du lac. Et dans le fait, jamais les courbes des limnographes ne nous en ont montré d’indices.
Je dois cependant noter ici deux citations qui affirment l’existence d’une crue périodique journalière, soit du Rhône, soit du lac. La première est tirée d’un article du journal Le Confédéré du Valais : (^)
(') Reproduit dans le Kouvelliste vaudois du 18 septembre 1880.
HYDROLOGIE
« En été le Rhône a régulièrement chaque jour ses heures de crois- » sance et de décroissance, dans une assez large mesure ; à son arri- » vée au lac, il commence à croître vers minuit ; cette crae augmente » jusqu’à 10 h. du matin; depuis cette heure, il décroît jusqu’à mi- » nuit, la chaleur du jour ne faisant sentir son arrivée au lac que le » lendemain matin, de minuit à 10 h. »
La deuxième citation est tirée d’un travail de S. Nicod-Delom de Vevey, présenté le mai 1833 à la Société vaudoise des sciences naturelles : C) « En été, lorsque la hauteur de la surface du lac est res- » tée 4 ou 5 jom-s stationnaire, que les affluents, le Rhône compris, » n’ont subi aucune augmentation ou crue momentanée, que le temps » était au beau et bien calme, le ciel sans nuage, la tempéi'ature » à Ül® R, entre 2 et 3 h. après-midi, le limnimètre observé le matin » et puis le soir indiquait une baisse de 3/4 de pouce de la suilace du » lac que je présume être produite par l’évaporation (?), ayant répété » plusieurs fois l’observation dans les mêmes circonstances ».