‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 53 sur 157 · MINIMUM · texte numérisé non relu

MINIMUM

MOYENNE

La Bêche employait un thermométrographe, construit par Newman de Londres, qu'il faisait descendre dans le lac ; l'index indiquait la température de la couche la plus froide traversée ; comme le Léman est à cette époque toujours en stratification directe, il obtenait bien ainsi la température de la couche la plus profonde où il arrêtait son

(1) Bibliothèque universelle de Genève. Se. et arts, XII, 118. 1819.

sondage. Mais l'appareil n'était pas protégé contre la pression extérieure ; il était comprimé et déformé par cette pression, et par conséquent les températures indiquées par l'instrument étaient entachées d'une erreur positive; la température réelle était plus basse que les chiffres donnés par la Bêche.

3" Je dois citer ici, pour être complet, une série de sondages thermométriques faits en juillet 1835, devant Chillon, par les physiciens français Becquerel et Breschet, à l'aide d'un appareil thermo-électrique de leur invention. (')

Les auteurs disent dans leur mémoire que l'on n'obtient les fractions

de degré que jusqu'à la profondeur de vingt mètres. Voici les valeurs

qu'ils ont observées :

Om 19.80

Ces chiffres sont parfaitement plausibles.

4" L'un des physiciens de Morges, le colonel F. Burnier, a construit (-) un appareil assez compliqué, par lequel il descendait un thermomètre dans la couche dont il voulait mesurei- la température ; il l'y laissait six heures et le ramenait à la surface entouré par plusieurs enveloppes protectrices d'eau qui gardaient la température profonde. Cet appareil avait l'inconvénient de n'être pas protégé contre la pression et de subir par conséquent une déformation temporaire. M. Ch. Dufour n'a pas retrouvé, dans les notes de Burnier qu'il possède, les résultats des l'echerches faites avec cet instrument.

5° J'ai commencé moi-même à étudier la température profonde du lac en 1870, en plongeant un thermomètre au milieu du limon que ramenait ma drague (3). Ainsi que je l'ai dit plus haut, page 338, l'exactitude de la mesui-e était de près de 0.1«.

(') Becquerel et Breschet. Procédé électro-chimique pour déterminer la température de la terre et des lacs à diverses profondeurs. Comptes-rendus, Acad. Se Paris, 26 déc. 1836. — Bibl. univ. Se. et Arts, VII, 178. Genève 1837.

(-2) Bull. S. V. S. N.. III, 244. Lausanne 1853.

(3) F.-A. Foret. Matériaux pour l'étude de la faune profonde du Léman, l""" série I IX. Bull. S. V. S. N. XIII, 38. Lausanne, 1874.

Voici d'abord ti'ois expériences isolées laites par cette méthode :

19 février 1870 30™ 5.4°

27 mars 1871 65 5.4

Voici en outre deux séries assez serrées d'expériences donnant les allures de la température en été et en hiver.

La première série énumère les tempéi'atures obtenues en juin et juillet 1873; je les ordonne en fonction de la profondeur.

Profondeur

Dates

Température

31 juillet

21 juin

29 juillet

14 juin

28 juillet'

Cette série montre très bien la décroissance de la température à mesure que l'on s'adresse à des couches de plus en plus profondes.

La seconde séi'ie étudiait des températures prises dans des profondeurs peu considérables, de 20 à 70'", de décembre 1873 à février 1874 :

Dates

22 décembre

13 janvier

rofondeur

Température

Dates

février

rufondeur

Température

Ces chiffres montrent très bien le refroidissement progressif de la surface, mais aussi le fait que ce refroidissement s'opère presque simultanément sur toute l'épaisseur de cette couche à température uniformisée.

Page 1