I. VARIATION ANNUELLE
L'étude de notre planche VllI nous montre que pendant les saisons de réchauffement, au printemps et en été, le lac se stratifié thermiquement, que la stratification se développe et se perfectionne ; les isothermes descendent de plus en plus bas ; le lac est en phase de stratification. Pendant les saisons de refroidissement, en automne et en hiver, les eaux s'uniformisent, les isothermes remontent des profondeurs, la stratification thermique est détruite; le lac est en phase d'uniformisation.
Jusqu'à quelle profondeur cette action se fait-elle sentir? Nous le trouverons en cherchant la profondeur limite à laquelle les isothermes subissent les allures alternativement descendantes et remontantes de la périodicité annuelle; nous voyons, sur la planche Vlll, qu'en 1879,
l'isotherme 5.5" est ainsi affectée jusqu'à la profondeur de 110'"; qu'en 1880, l'isotherme 6° à la profondeur 80"'. J'estime que la variation thermique annuelle se fait sentir normalement, dans le Léman, jusqu'à 100 ou peut-être 120'".
Quelles sont les allures de la stratification thermique aux diverses saisons de l'année ? — Si nous consultons notre tableau de la page 336, nous voyons que chaque série de sondages a son caractère spécial, individuel, qui ne se répète pas d'année en année. Résultante des faits météorologiques antérieurs, chaque série représente un état du lac particulier ('). 11 serait difficile d'employer ici utilement la méthode des moyennes. Je préfère choisir dans nos séries quatre chaînes de sondages thermométriques que je donnerai comme types de l'état thermique du lac aux quatre saisons de l'année.
Pour le printemps, je prendrai comme exemple le sondage n» ''20, du 15 mars 1884, fig. 107. Après l'hiver qui avait uniformisé la température dans toute l'épaisseur du lac fortement refroidi, les premières chaleurs du printemps ont réchauffé les couches supéiieures et commencé le procès de stratification. Tandis que les couches moyennes sont encore au-dessous de 6", la surface s'est relevée à 9", et jusqu'à 40'" l'eau est au-dessus de 6".
Je donne les scliémas de ces états thermiques sous deux formes : dans une courbe, dont les abscisses sont les temperatui-es observées, les ordonnées, les profondeurs; dans une échelle, où j'ai placé les différentes isothermes à leurs profondeurs respectives.
L'état thermique de l'été sera figuré par le sondage n" :/3. du
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