‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 78 sur 157 · EFFET DU LAC SUR LE FLEUVE · texte numérisé non relu

EFFET DU LAC SUR LE FLEUVE

Pour mieux apprécier Faction climatique du Léman, supposons pour un instant que le lac n'existât pas ; qu'un entonnoir suffisant, situé dans la plaine centrale, évacuât par un émissaii-e souterrain les eaux du Rhône et des autres affluents. Au milieu de la vallée subalpine, il y aurait une vaste dépression, descendant jusqu'à 62'» d'altitude absolue. Quel serait son climat? Il n'est pas besoin de beaucoup d'imagination pour se le figurer. Ce serait en été une plaine à température très élevée, au fond de laquelle l'air serait lourd et humide, dans la partie occidentale tout au moins (i). En hiver, au contraire, l'air refroidi sur les sommets des Alpes et du Jura s'accumulerait en nappe glacée dans le fond de la cuvette, et une inversion exagérée de la température abaisserait à un degré très bas les minimums de la saison froide. Le climat serait extrême, en été très chaud, en hiver très froid ; au lieu du climat tempéré, à caractère presque océanique, qui est l'apanage de notre vallée, la plaine du Léman dépourvue de son lac souffrirait d'un climat continental suraigu. Nous avons mille raisons de jouir de notre lac et des avantages divers qu'il nous procure ; ces considérations de climatologie hypothétique nous feront peut-être apprécier mieux encore les services qu'il nous rend.

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