‹ Le Léman, monographie limnologique (volume 2)Chapitre 79 sur 157 · V. Eft'et tlieriiiique du lac sur le fleuve qui s'y repose · texte numérisé non relu

V. Eft'et tlieriiiique du lac sur le fleuve qui s'y repose

Quel est l'effet du lac sur la température du Rhône 1 Les eaux de l'émissaire sont des eaux de surface ; elles sont généralement plus chaudes que celles du Rhône du Valais, affluent principal du Léman ; elles sont souvent plus chaudes que celles des petits affluents du lac. Le séjour du fleuve dans le lac occasionne donc un réchauffement de ses eaux. Ce réchauftement est-il important? Essayons de l'apprécier.

Nous savons quel était le débit moyen du Rhône du Valais pour l'année 1886 (-) ; ce n'est pas trop forcer les choses que de la considérer comme une année moyenne. Nous savons aussi quelle était la température du fleuve dans cette année-là (3). Nous connaissons de

(') La partie de cette plaine traversée par le Rliône bénéficierait de la condensation de la vapeur sur les eaux relativement froides du tleuve, et jouirait en. partie de la sécheresse relative de l'air de la plaine du Valais.

même le débit et la températufe du Rhône de Genève ('). La différence enti'e les débits du Rhône de Genève et du Rhône du Valais, nous pouvons l'attribuer aux affluents directs du lac auxquels nous donnerons la température que nous avons mesurée dans la Morge pour l'année 1889 {-). Par un calcul dont il est inutile de publier les détails, nous pouvons, en multipliant le débit par la température, trouver quel est le nombre de calories apportées au lac ou enlevées à sa masse. Ce calcul sera de peu de précision parce que ses bases se rapportent à des années différentes ; mais, si l'on ne veut pas lui demander une approximation trop serrée, il nous donnera une idée de l'ordre de grandeur du phénomène. En voici les résultats :

Le Rhône du Valais apporterait chaque seconde, dans le lac, un volume moyen de MO'»^, contenant 121 4 mille calories. (•')

Les petits affluents du Léman auraient un débit moyen de lUm'^sL-c^ appoi'tant une quantité de 1392 mille calories par seconde.

D'une autre part, l'émissaire empoite 251'n^^'^<" d'eau chargée de 3484 mille calories.

La différence entre ces deux chiffres, soit 878 mille calories, représente la quantité de chaleur qui est emportée en moyenne, chaque seconde, par l'émissaire en plus de la quantité qui est appoi'tée au lac par les affluents. Si nous multiplions cette valeur par le nombre de secondes de l'année, nous aurons la quantité de chaleui- que le Rhône gagne annuellement par le fait de son séjour dans le Léman ; cette quantité s'exprime par le chiffre énorme de : 28 mille milliards de calories, c'est-à-dire, pour employer la même notation que nous avons utilisée à propos du bilan thermique du lac, la quantité de chaleur développée par la combustion de 3 millions de tonnes de charbon.

Tel est l'ordre de gi-andeur du bénéfice que fait le Rhône par son séjour dans le Léman.

C'est aussi la quantité de chaleur- qui est enlevée à notre pays par le fleuve qui le traverse. La présence de ce fleuve et de ce lac est-elle

(') T. I. p. 445 et II, p. 309.

(■■') -l'indique la quantité de chaleur par le nomltre de calories nécessaire pour élever l'eau d'une température initiale que je fixe à 0», jusqu'à la température observée.

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Isothermes du Léman 1879-1881

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