LUMIÈRE DIFFUSE
Arc voltaique
Lampe modérateur
3" 11 y a très peu de différence pour la limite de visibilité enti-e les expériences oîi la lampe était portée horizontalement, sous la surface, et où la lumière était cherchée à l'aide d'un miroir incliné, et celles où la lampe descendait verticalement et où la lumière était cherchée
directement par Tœil. Les résultats de 36 expéi'iences faites pour étudier ce facteur sont tantôt dans un sens tantôt dans l'autre.
4" La distance limite de visibilité est beaucoup plus considérable qu'avec la méthode du P. Secchi. Les chiffres maximaux obtenus par la commission genevoise dans les diverses expériences sont :
Date Localité Lumière Verticalité Vision Lumière
ou horizontalité nette diffuse
18 juillet 1884. Rhône. Lampe modérateur. H. 24.30"! 41. 3l>
15 mars 1886. Plein lac. Lampe Edison. H. 39.75 50.90
id. id. id. V. 36.71 59.85
18 juillet 1884. Rhône. Arc voltaïque. H. 38.50 82.80
8 août 1885. Plein lac. id. H. 34.56 87.98
Des expériences comparables ont été faites le même jour et dans les mêmes conditions avec les deux méthodes. Elles ont donné, le 15 mars 1886, entre Morges et Evian, en plein lac, comme chiffres maximaux :
Disque du P. Secchi Limite de visibilité 18.30'"
Lampe Edison. 7 bougies — vision nette 36.71
id. id. — lumière diffuse 59.85
5" Les expériences de la Conmiission genevoise n'ont pas été répétées assez souvent pour que je puisse y trouver la vérification de la loi de variation annuelle que j'ai constatée avec la méthode du P. Secchi.
6" Ces expériences n'ont pas amené un seid résultat contradictoire à l'hypothèse que la cause principale de la disparition d'un objet dans l'eau réside dans la formation d'un écran par les poussières aquatiques. Dans son rapport, rédigé par M. A. Rilliet, la Commission genevoise se prononce nettement pour cette explication.
D. Limite d'obscurité absolue. Méthode photographique.
Une seconde méthode générale a servi à étudier la transparence des eaux du Léman. Tandis que dans l'étude de la limite de visibilité, nous cherchions à noter la distance à laquelle notre œil discernait encore un objet éclairé dans l'eau, dans la méthode photographique nous cherchons la limite à laquelle une substance photo-sensible cesse d'être affectée par les rayons solaires.
Les diverses substances photo-sensibles sont très différemment atïectées par les rayons lumineux ; les unes sont plus sensibles que les autres. Nous aurons donc à déterminer la limite d'obscurité absolue pour chaque substance. Jusqu'à présent l'on n'a employé dans le lac Léman que deux substances : le chlorure d'argent et le bromo-iodure d'argent.
1'' Chlorure d'argent.
Je passe rapidement sur mes premiers essais faits à Villeneuve, en avril 1873. Du chlorure d'argent pi'écipité dans une bouteille, et descendu dans le lac à 60'" de profondeur i-estait blanc après 24'' d'exposition au jour. Il y avait déjà là indication d'une obscurité absolue; mais la méthode était encoi-e trop imparfaite. J'ai dû la perfectionner. Je me suis adressé au papiei* albuminé et salé des photographes que je sensibilise en le plongeant pendant 10 minutes dans une solution de nitrate d'argent au 8 %, et que je laisse sécher dans l'obscurité. Pour expérimenter dans le lac, je coupe une de ces feuilles de G''™ de côté et je la place dans un appareil photographique. L'appai'eil (fig. 110), consiste en une plaque de verre de 12'''^^ de côté attachée aux quatre angles par une chaînette de métal; sur la face supérieure, un cadre saillant dessiné par des bandes de verre, collées au vernis sur la pkiqiie principale, reçoit la feuille de papier sensible. Celle-ci est recouveite et maintenue en place par une lame de verre blanc, dont une moitié, peinte en noir par un vernis opaque, fait éci-an; l'autre moitié laisse passer la lumière ; le contraste entre les deux moitiés permet d'apprécier l'action photo-chimique.
Je vais ensuite chercher sur le lac un point de pose convenable, dont je fixe la position par des repères choisis sur le i-ivage ; j'attends le coucher du soleil, et quand l'obscurité est suffisante, je place la feuille de papier sensible dans l'appai'eil, j'attache celui-ci à une ligne de sonde et je la descends dans le lac à la profondeur convenable. Une bouée faisant flotteur me permettra de retrouver le tout en temps voulu. Je laisse l'appareil dans le lac jusqu'à ce qu'un jour serein m'ait assuré une action parfaite des rayons solaires; puis je vais rechercher ma bouée à la chute du jour, j'attends la nuit, et je relève ma sonde
(Fig. IIG.) Appareil photographique Forel.
quand je suis sûr que la lumière n'affectera plus le papier sensible.
Je constate l'effet photographique et je fixe l'épreuve en la plongeant pendant 5 minutes dans un bain d'hyposulfite de soude au 15 "/„. en la lavant ensuite à grande eau et en la laissant sécher.
Suivant que je suis arrivé en deçà ou au-delà de la limite d'obscurité absolue, le papier photographique me revient ou bien entièrement blanc, ou bien teinté de brun sui- la moitié de sa surface non protégée par l'écran noir.
11 peut être utile d'apprécier l'intensité de cette action photographique ; c'est poiu' cela que je construis de la manière suivante une échelle d'intensité photographique. Je prends une feuille de papier sensibilisé et je l'expose, par segments successifs, à l'air libre, à un soleil brillant pendant des durées de plus en plus prolongées, chaque durée augmentée de 5 secondes sur celle du segment précédent.
Le n'3 1 de mon échelle équivaut à 5 secondes d'exposition
et ainsi de suite. Je note la valem^ de l'effet photographique par la durée de l'exposition au soleil qui produit une action analogue.
Par cette méthode, j'ai obtenu dans le lac Léman, devant Marges, en 1873-1874, les résultats suivants indiquant l'effet photographique d'après les numéros d'une échelle obtenue le 22 juillet 1873, à 11'' du matin, par im beau soleil d'été.
DATE
Eté.
Hivei
23 juillet 30 juin 11 juillet
25 juin
22 décembre
23 février 20 janvier 15 février
8 mars