IX
* Hauteur des mâts au-<lcssus du pont
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(FiK- -40) i.l;ir(jue du I.piiinii. de,-;si;i'''.' sur les plans de Cursiei- de 17(1"
On i-einarcfuera dans ces chiffres combien ]a baixjue s'est élargie dans le cours du dernier siècle. La barque type de Ciiénod de Martignier en 17H5 est 4.9 fois plus longue que large, celle de P. Borcard en 189(i ne l'est plus que 3.8. Ce bateau tend de plus en plus à se ti-ansformer de bateau long en bateau rond. Sa capacité et son tonnage en sont d'autant augmentés.
Quelques données sur le tonnage des barques du lac, sui' leur charge soit en marchandises, soit en hommes, sont ici en place. Pour les époques anciennes, je ne puis toujours décider s'il s'agit de naues ou de barques du Léman du type modei-ne; jusqu'au commencement du XYIII siècle ce sont plus probablement des naues, ou des barques mixtes, utilisables en temps de guerre, ou des galères plus ou moins transformées.
En lévi'ier 16()6, le major de Crousaz fait rapport sur les barques d'Ouchy; il y en a deux qui peuvent porter mille quintaux chaque, soit 50 tonnes de mille kilogrammes (i).
1(591. La barque à Pandiaud, de Morges, pouvait porter jusqu'à 400 hommes(^).
1697. La Grangèt-e, de Vevey, peut porter 100 chars de vin; à 668 litres le char de Berne, cela représente 07 tonnes; on estime qu'on y peut loger 100 hommes armés sous le pont et 100 hommes sur le tillac. La barque avait 18 paires de rames, à 2 hommes par rame.
Une autre barque de 16 paires de rames, est capable de porter 80 chars de vin (54 tonnes) ou 169 hommes armés.
Une galiotte portant 30 chars (soit 20 tonnes) pourrait transporter 60 hommes armés; il lui faudrait 32 rameurs.
En tout, les barques et bateaux de Vevey qu'on pourrait réquisitionner en cas de guerre, au nombre de quinze, demanderaient 206 rameurs et porteraient 786 hommes armés (^).
En 1702, a A St-Gingo (St-Gingolph), outre plusieurs corsières et petits bateaux, il y a 5 barques qui peuvent porter chacune 80 chars de vin »... ce qui représente 53 tonneaux ou tonnes de 1000 kg. pour le port de ces barques ('^).
(h Airliives de Ijausannc
('-) Kri(!gsratlies Manuale, XXII, Vi2. Aieli. de B(M'ni\
(3) Schifffahrt im Lande. Arcli. de Bei'ne.
(^) Rapport De Martiiirs et Panchaud. Scliitrfalirt im Lande. II. Areli. de Berne.
En 1720, les bateaux (barques) de Vevey portaient de 1800 à 900 quintaux, soit de 90 à 45 tonnes, lescoursières (cochères) de 675 à 270 quintaux, soit 34 à 13 tonnes (•).
En 1778, le major J.-F. Cuénod de Martignier(2) évaluait le tonnage des barques du Léman à 1900 et 2000 quintaux poids de marc (93 à 98 tonnes), pouvant aller en charge complète à 2400 et 2500 quintaux (117 à 122 tonnes). Les barquettes (les cochères) portaient 60 quintaux (30 tonnes).
Vers 1790 le major de Crousaz évaluait le tonnage des barques à 1300 quintaux, soit à 64 tonnes; le brigantin était de moitié moins capable (3).
Nous avons la charge des barques qui en 1791 ont charrié les pierres des enrochements pour la construction de la jetée du port d'Ouchy('*) Elle nous est donnée en toises de 8 pieds de roi ; je la traduis en tonnes en admettant 1600 "^s^ pour un mètre cube.
Barques de 84 à 141 tonnes de mille kilogrammes. Brigantins de 29 à 59 » » »
Le tonnage de nos grandes barques s'est accru progressivement dans le XIX^ siècle. Il s'évalue en mètres cubes de pierres; le mètre €st censé peser IGOOi^^.
En 1902 les plus grandes barques sont jaugées en charge entière :
La Champagne 120m3 de pierres.
La Gaillarde, la Savoie 110
La Genevoise 105
La Yandaire 100 etc.
Ce qui représente un port en pleine charge de 190 à 160 tonnes pour ces barques.
Pour en rendre la lecture plus facile, nous traduisons en tableau ces chifïres, auxquels nous adjoignons quelques autres. (Voir page suivante).
(1) Archives do Lausanne.
{•■') MS. Cuénod, p. 22.
(8) Marine. Archives de Berne.
(■*) Port d'Ouchy Arch.de Ijausanne.
Tonnes.
Hommes.
1666 Barques d'Ouchy
1667 Barques
— Coursières
4691 Barque à Panchaud, Mori
ges
1697 La Grangère, Vevey
— Barque à 16 rameurs, de
Vevey
— Galiotte de Vevey
1702 Corsières de St-Gingolph
1720 Bateaux de Vevey
— Coursières de Vevey
1778 Barques
— Barquettes
1791 Barques
— Brigantins
1900 Grandes Barques
— enchères
— Bateaux à vapeur Cygne,
Mouette
— — — Helvétie, Léman
— — — Suisse
2" La Cochèi'e, barque de faibles dimensions de 20 à 40 tonneaux de port, non pontée, sauf à l'avant, où est le carcagnou des bateliers, deux bancs entre les mâts, sans appoustis, sans naviot de service. Elle a la même voilure que la barque; elle est armée de deux avirons moteurs à tribord-avant et d'un aviron recteur à bàboi'd-arrière.
Dans quelques cochères de construction récente le pont de la proue a été avancé vers l'arrière jusqu'au mât grand voilier. Le banc qui, dans les anciennes cochères, était entre les deux mâts, a été supprimé.
Le nom de cochère vient-il de coch e d'eau, barque faisant le service des voyageurs? ou bien est-ce une déformation du mot corsaire que nous avons vu (p. 523) désigner certaines barques de notre lac ? Je n'en sais rien et je n'ose vraiment pas me lancer dans une discussion d'étymologie, quand je vois rexcellent Littré faire venir le coche d'eau, le bateau à voyageurs, du mot latin conclia et le coche de terre, la voiture à voyageurs, du mot hongrois kotc-y. Cette science des dérivations de mots est évidemment un teriain trop dangereux pour un naturaliste.
3" Le bateau de pèche, bateau plat de même forme en petit que la barque, ou plutôt que la cochère, de 6 à 8™ de longueur, de '2™ de largeur, sans pont, avec 2 ou 3 avirons à tribord-avant, et une rame rectrice à bâbord-arrière, sans gouvernail; un réservoir à poisson sous l'un des bancs de l'avant. (Fig. 241.)
(Fig. "241). Balt'uii de inclu' du Léman, d'après un tableau de F. Bocion.
4° La liqueite, petit bachot à fond plat transversalement, concave d'avant en arrière, à bords évasés de 30<^m de hauteur, rétréci et taillé en carré aux deux extrémités ('). Un banc et une paire de rames.
5° Le noie-chrétien, réduction de la liquette.
Ces deux derniers types, liquette et noie-chrétien, ont presque disparu actuellement.
Outre ces types indigènes, les constructeurs ont introduit les bateaux en usage dans d'autres eaux en les adaptant aux conditions de notre lac. Yachts de tous gréements, canots, péniches (2) de chasse, de course, de promenade, yoles, skiffs, etc.
(') Les noms locaux de Genève sont diflereiits de ceux du reste du lac. La liqueite y est un petit }>ateau de pèche à proue pointu*'; le liachot à avant carré y est appelé eanardière.
('2) Le mot péniche est appliqué sur notre lac à un canot léj^er marchant à rames ou à voiles. On ne lui connaît pas racception qu"il a sur les canaux et les rivières de France, lourd chaland de fort tonnage pour le transport des marchandises. La première péniche a été construite sur le Léman en 1854, d'après les plans de l'ingénieur E ugèn e de Morsiei", à son retour de Marseille.