CHAPITRE IX. BATEAUX A VAPEUR
L'histoire de la navigation à vapeur sur le Léman peut se i-ésurner brièvement (-).
En 1823 apparaît le premier bateau, le Ginllaume-TeJl, construit à Genève par un Américain, Ghurch.
En 1824 une société genevoise fit construire le Winkelried, en 1837 V Aigle, et acheta en 1828 le Guillaume-Tell.
En 1826 une société vaudoise construisit à Ouchy le Léman, en bois, puis plus tard \e Léman II en 1er.
En 1840 une troisième compagnie vint compliquer la concurrence en bâtissant VHelvétie.
Entre 1855 et 1860 la compagnie des chemins de fer de la ligne d'Italie fit construire le Simplon et V Italie ; la compagnie de l'Ouest- Sui.sse, les deux Rhône, n» I et n» IL
PJn 1873 les trois compagnies du Léman, de l'Aigle et de l'Helvétie se fondirent en une seule société, la « Compagnie générale de navigation sur le lac Léman »; celle-ci a racheté successivement les bateaux des chemins de fer d'Italie et de l'Ouest-Suisse, puis aussi ceux d'une société veveysanne de navigation ; elle esl restée maîtresse sans concurrence possible de la navigation à vapeur sur le Léman, aussi bien pour le service des passagers que pour celui des marchandises.
(1) //. de Morsier. Genève, K) mai l'.)03. In lilt.
(^j Eajjport (lu Conseil d'administration à l'assemblée des actionnaires de la Compagnie générale de navigation du 'lo avril ISOS. Lansanne, p. 8 sq.
Les premiers bateaux étaient en bois; c'est à partir de 1837 que l'on commença à construire des coques en tôle de fer.
Notons pour mémoire le Bateau-manège, surnommé l'Escargot, qui avait réjoui les populations riveraines de 1822 à 1826. 11 était composé de deux coques, dans l'intervalle desquelles était une roue motrice mise en mouvement par un manège de chevaux.
A côté de la Compagnie générale de navigation, il n'existe actuellement sur le Léman d'autre société de bateaux à vapeur que la Société des Mouettes genevoises faisant le service du port et de la rade de Genève pour le transport des personnes. Elle possédait en 1901 :
2 bateaux de 4 chevaux, charge maximale 25 personnes. 4 — 6 — — 30 —
Tous ces bateaux, moteurs à benzine, sont à hélice (')•
Voir page 561 la liste avec quelques données historiques et descriptives des grands bateaux à vapeur de notre lac.
Quelques explications seront utiles sur l'évaluation de la force des machines à vapeur. La force des machines s'exprime en chevauxvapeur (HP.) de 75 kilogrammètres à la seconde (75kfc7'"/-^'^)-
Par chevaux nominaux on désigne cette force calculée d'après une ancienne foniiule de Watt qui admettait comme constante la pression de la vapeur sur le piston, à 7 hvres (avoir-du-poids) au pouce (anglais), ce qui équivaut à 0.49 kg:/cm2. Punité de Watt était de 550 livres, pied, sec.=76.0'*b7ni/sec Dans les machines modernes, la pression étant beaucoup plus forte, les chevaux nominaux ont pris une valeur atteignant 200 et même 300i'^7"V®'^'' et pl^is.
Par chevaux indiqués, on entend la force en 75i^ff/nV'% calculée d'après la pression moyenne reconnue sur le piston par un manomètre enregistreur appelé indicateur.
Par chevaux effectifs, on entend la force en 75'*?/m/^ec^ mesurée au moyen de freins ou de compteurs sur l'arbre de la machine; cette valeur est plus faible que la force indiquée de toute l'importance des frottements et autres pertes(-).
(1) p. Pittard. Genève, 30 octobre lîlOl. In litl.
(2) Armengaud. Traité des moteurs à vapeur, II. "284 et 577. Paris 186"2. — S. Rocbat, Morges, 2 sept. 1903. In lia.