CHAPITRE IX. LA PISCICULTURE
Les travaux d'empoissonnement industriel ou expérimental, fécondation artificielle, incubation, alevinage, ont été commencés dans notre pays vers le milieu du XIX^ siècle. Nous essayerons d'en retracer l'histoire dans chacun des cantons du Léman.
Genève.
Les premiers essais de pisciculture à Genève en 1852 et 1853 (i) ont été faits par les D^^ François et Isaac Mayor, père et fils, et par le D^' Duchosal dans un petit établissement qu'ils avaient construit à Sousterre sur les bords du Rhône, rive droite, un peu aval de la Coulou-
(1) Dans l'arlicle « Fischzucht in (1er Schweiz » du catalogue Chasse et Pêche de l'Exposition nationale de Genève en 1896, p. 106, Fritz de W.attenwyl donne la date de 1862 pour les premiers essais de pisciculture à Genève. Il y a là erreur; c'est 1852 qu'on doit lire.
PISCrcULTURE 651
vrenière. Ils recevaient des œufs de Saumon de Bâle et de Huningue. En 1854 quelques centaines de jeinies poissons, longs déjà de S'""™, s'échappèrent dans le Rhône et remontèrent peut-être dans le lac (i).
Vingt ans après, en 1872, le Dr Isaac Mayor avait élevé des Epinoches, Gasterosteus leiurus, dans l'étang de sa propriété d'Hermance (2). Ces poissons se sont maintenus dans le Ruisseau d'Hermance, où il y en avait encore, il y a quelques années, (3)
A la suite de la Conférence internationale du 30 octobre 1871 au sujet de la pêche dans le Léman, le professeur D^' Tsaac Mayor proposa, et le Grand Conseil de Genève admit, que la ferme de la pêche sur les frayères de la Truite, abolie par la loi de 1862, fût rétablie en faveur d'un pêcheur très actif et très intelligent, François L u g r i n , à condition que celui-ci organisât un atelier de piscicultiu-eet fournit à l'Etat une quantité déterminée d'alevins de Truite C'^). î]nsuite de cette convention Lugrin dut verser dans le Rhône {■>):
En 1871 12 000 alevins. En 1875 350 UOO alevins.
C'est ainsi que Lugrin doit avoir fourni plus de 1500 mille alevins de Truites.
A partir de 1878, le dit pêcheur n'ayant plus pu livrer la quantité d'alevins exigée par l'autorité, la ferme de la pêche lui fut retirée et l'Etat de Genève organisa lui-même, sous la direction du professeur D"" Alfred Vaucher, un atelier de pisciculture dans le sous-solde l'Ecole de médecine, assez grand pour y élever 800 000 œufs. En 1878, ces 800000 œufs ne donnèrent que 200 000 alevins qui furent versés au Rhône("^). En 1879, 80 000 alevins; en 1880, 170 000.
En 1882, l'Etat fit construire sous la direction de Vaucher l'atelier de pisciculture de St-Jean, encore aujourd'hui existant.
En 1884, Ei-nest Govelle succéda à Vaucher et obtint des résultats remarquables dans l'éducation des alevins, provenant d'œufs de Tiiiites
(1) Lunel [loc. cit., .^.j], ]). 128.
(2) Falio [loc. cit., p. .j5], 1Y. p. S7.
(S) D'- Albert Mayor, Genève :î() oct. 1903 in litl. C*) Lnnel, p, 201.
(^) A. Vaucher. Renseigncinents sur la pisciculture à Genève in « Internationale Fischerei-Ausstellung zu Berlin, Abtheiluug Schweiz », p. 61. Leipzig 1.S80.
pèchées dans le Rhône, résultats que je résume dans le tableau suivant d'après les notes de l'auteur (0 :
Année. {')
Œufs.
Alevins.
Déchet.
Outre ces alevins de Truite, Covelle a vei'sé dans le Rhône ou dans le lac :
En janvier 1886, 7630 alevins du Saumon Namaycush de Californie, Scdvelinus Namaycush, produit de 8200 œufs envoyés par le Conseil fédéral. On n'en a pas trouvé trace ultérieure.
La même année, 1886, le Conseil fédéral fournissait 134 800 œufs de Coregonus albus qui ont donné environ 100 000 alevins, versés au lac.
En 1892, 119 500 œufs du même Corego^îwsaiôtts, reçus directement d'Amérique, ont admirablement réussi (déchet très faible, moins de 300 œufs). Alevins versés dans le lac. Quelques-unes de ces Feras d'Amérique ont été prises dans le lacW.
Quelques Rarbeaux, Barbus fluviatilis Agass., élevés par Covelle en aquarium en 1888 et 1889 ont été versés dans le Rhône. On en a repris un assez grand nombre jusque dans les dernières années. Cette espèce semble s'être acclimatée dans le fleuve.
Quant à la Truite arc-en-ciel, Salmo irideus Gibbons, Covelle en a élevé et versé dans le Rhône :
En 1892 14 500 alevins.
(1) E. Covelle. Genève, 16 juin 1003, in lill.
(^) La pêche et l'ovulation ont lieu en novembre etdéceml)re; l'incuhation et l'alevinage dans les premiers mois de l'année.
(3) Pour ces deux dernières années, la plupart des femelles avaient déjà frayé avant leur capture.
(*) V. ci-dessus, p. 70,
On en a repris quelques-unes dans le Rhône, jamais dans le lac.
L'établissement de pisciculture de M. Covelle cessa de fonctionner à dater de 1896.
Le professeur D^" H. Oltramare, membre de la Commission de pêche depuis 1889, a commencé à pratiquer la pisciculture en 1894, à St-Yictor près de la Petite Grave, dans la campagne au sud de Genève. Chaque année il averse dans le Rhône de 3 à 5000 jeunes Truites arc-en-ciel. Cette espèce est aujourd'hui abondante dans le fleuve, elle atteint fréquement 2 '/o à 3 kg. (i).
Oltramare a reçu des œufs de VEupomotis gibhosus, la Perche-soleil de l'Amérique du Nord. 11 en a versé dans le lac :
En 1898 4 000 alevins.
Des poissons de cette espèce ont été péchés dans le lac jusqu'à Coppet C^).
Enfin dans les dernières années, M. Roche, pêcheur et radeleur, locataire de l'atelier de pisciculture de St-Jean, élève de la Truite arcen-ciel. D'après les journaux de Genève, il en aurait versé dans le lac, en juin 1903, 80 000 alevins.
Vaud.
Les plus anciens essais de pisciculture, fécondation artificielle et incubation des œufs de Truite, furent faits en 1853, à l'Arnon, par le D'- Auguste Chavannes, professeur à l'Académie de Lausanne, d'après les méthodes qu'il avait étudiées à Huningue. La première réussite date de 1854(3).
Vers 1855, il s'était formé cà Roche près Noville une société de piscicultui-e, dont faisaient partie enti-e autres MM. Genton, Teissier, Maison, Vourloud, etc. Elle avait établi dans une prairie du domaine de Roche, appartenant à M. Teissier, un atelier de pisciculture, avec bassins d'incubation dans une maisonnette en boisC*). Elle a versé dans le bay de Noville des alevins de Saumon dont les œufs provenaient de Huningue, à savoir :
(') //. OUramare, Gi'ni^vc juin 100:! in litt.
(2) V. ci-dessus, p. 57.
(3) Bull. S. V. S. N. IV, 25.
('■) L. Viollier,S\. juillet 1008, ùi lilt.
En 1857 300 ou 400 alevins 0).
A partir de 1862, Chavannes prit en main l'incubation de la Truite (3). En 1863 il avait élevé à Pontfarbel, sur la Promenthouse, près Gland, du Saumon dont il versa 4000 alevins dans laDullive(*). En décembre 1864, il fit bâtir pour le compte de l'Etat, près de Pontfarbel, dans la pi-opriété Bombernard un atelier de pisciculture, alimenté par les eaux de la Sei-ine, affluent de la Promenthouse, dans lequel il pouvait élever 300 000 œufs, dans 10 caisses d'incubation (•'^). M. Urfer, propriétaire du battoir de Gland, était chargé de la surveillance de l'atelier d'incubation (''). On arriva à produire ainsi : (')
En 1865 150 000 alevins de Truite.
En 1870, on transporta cet établissement de pisciculture de Pontfarbel à Bougy-St-Martin près Aubonne, chez M. Hermessant, sur un bras du ruisseau l'Armary ; l'atelier étant dorénavant en relations avec la pêcherie établie sur l'Aubonne, à la Daille, par une société particulière de pêche et pisciculture, ayant son siège à Aubonne.
Cette même année Auguste Chavannes versait dans la Venoge, près de Bussigny, 10 000 œufs fécondés de Cyprinns rodens, le Ronzon du lac de Neuchâtel, la Vandoise; plus, 50 de ces Cyprins prêts à frayer. Cet essai d'importation semble avoir entièrement échoué.
En 1874, après avoir constaté que les eaux de l'Armary étaient trop souvent polluées et fatales à l'incubation des œufs de poissons, on bâtit à Roveray près Allaman un atelier de pisciculture, dirigé par Prélaz, fermier de la pêcherie de la Daille, pour remplacer celui de Bougy-St-Martin.
(1) Bull. S. V. S. N., VII, 8.
(2) Ibid., X, 340.
(8) Ibid., VII, 190.
(^) Ibid., VII, 357. X. 340.
(5) Ibid., IX, 382. •
(6) J. Yersin. Pont-Farbel, 30 juin et 16 juillet 1903 in litt.
C) Comptes rendus annuels de la gestion du Conseil d'Etat du Canton de Vaud. Département des Finances.
En 1881, la société de pêche et pisciculture de l'Aubonne entra en dissolution; en 1882, il se fonda à Lausanne une société vaudoise de pêche et pisciculture sous la présidence de J. B r u n, conseiller d'Etat. Elle ne vécut que quelques années.
En 1883, Baum, au Grand-bois près Allaman, le fermier de la pêcherie de l'Aubonne, fit bâtir un atelier de pisciculture pouvant loger un million d'œufs; cet établissement, qui remet à l'Etat le produit de ses incubations, lui livre chaque année de cent à deux cent mille, jusqu'à 352 000 alevins en 1889. Il fonctionne encore actuellement.
D'après les comptes rendus de gestion du Conseil d'Etat, les ateliers de pisciculture dépendant des pêcheries de l'Aubonne auraient fourni en alevins de Truite:
Milliers
Milliers
Année.
d'alevins.
Pisciculture.
Année.
d'alevins. Pisciculture
170 Bc
)ugy-St-Martin
55 Grand-bois.
250 Roveray
85 Gr
and-bois.
D'après ces chiffres, les ateliers de pisciculture dépendant des pêcheries de l'Aubonne auraient fourni, de 1872 à 1902, plus de 5 Yg millions alevins de Truite, en moyenne 180 000 par an. Ces alevins •ont tous été versés dans les affluents du Léman, par les agents de l'Etat, tandis que les produits de la piscine de l'Arnon sont réservés aux affluents de la Thièle et de la Broie dans la partie nord du canton. Les alevins de Truite ne sont pas versés directement dans le lac.
A partir de 1880 Henri Chatelanat, l'un des membres les plus actifs de la Société de pêche de rAubonne(^), s'occupa de l'introduction de la Marène, Coregonus maraena. En janvier 1880, 5000 œufs, reçus du lac Madu par l'entremise de Max von dem Borne et de Claparède, sont mis en incubation à Roveray (déchet 19 œufs seulement) (■^). En juin 1882, il y a, semble-t-il, un nouvel envoi de ces œufs (3). Dans le rapport du Conseil d'Etat on parle de 10 000 œufs de Marènes.
— De son côté et sans faire autrement intervenir l'aide de l'Etat, le colonel AIoïs de Loës, d'Aigle, s'occupait avec succès de la pisciculture. Après avoir commencé ses premiers essais en 1867, il avait fondé à Chalex, en 1869, dans un domaine irrigué par une superbe source, un atelier et des étangs de pisciculture qu'il fit notablement agrandir en 1882. 11 achetait des œufs de Saumon à Huningue en Alsace, des œufs de Truite des pêcheries de l'Etat à l'Arnon et à l'Aubonne, des œufs d'Omble-chevalier des pêcheurs de Meillerie. C'est par centaines de mille qu'il a versé dans le Rhône, dans le Léman ou ses affluents, les alevins élevés dans ses bassins.
Voici par exemple quelques chiffres :
1879, 20 000 alevins de Truite, 6000 Saumons du Rhin, 500 Saumons de Californie.
1880, 5000 alevins Truite.
1881, 10 000 Truites, 3000 Saumons, 2000 Omble-chevalier.
De 1859 à 1882 on a fait dans le lac quelques captures de Saumons ou de bâtards de Truite et Saumon. Depuis lors on n'en a plus entendu parler.
Chalex a été vendu en 1899 et la pisciculture n'y est plus continuée (*).
Savoie.
D'après les notes, très obligeamment fournies par M. l'Inspecteur A. Perdrizet, des Eaux et Forêts, à Thonon, l'établissement de pisciculture de Thonon a été construit en 1884 et dirigé par le service
(1) H. Chatelanat. Notice sur la pisciculture dans le Canton de Vaud. Bull. S. V. S. N. XVI, 521. Lausanne 1880.
(2) Bull. S. V. S. N. XVII, XLi.
C) Ibid., XVIII. XL.
(*) À. de Loës. Aigle, 31 mai et 5 juin 1903, in liil. Voir encore : Lettre à la Gazette de Lausanne, 1"^ mai 1877.
des Ponts et Chaussées; l'eau d'alimentation est une source de 3 litres par seconde.
De 1885 à 1897, l'atelier a produit en moyenne annuelle 300 000 alevins de Truite qui ont été versés dans les cours d'eau de la Savoie.
En 1897, la pisciculture a été i-emise au service des Eaux et Forêts; l'atelier de ïhonon a été complété par l'adjonction de bassins d'alevinage, pour l'éducation pendant quelques mois des jeunes poissons; puis par l'établissement de six bassins alïectés à la culture des Entomostra ces. Daphnies et Cyclops, pour l'alimentation des alevins.
Le produit annuel est actuellement de 350 000 alevins. Les poissons élevés sont : la Truite, l'Omble-Chevalier et les Corégones, à savoir la Fera du Léman, qui donne une réussite de 20o/o seulement, leLavaret du lac du Bourget qui donne 75% de réussite.
L'établissement expédie des œiffs embryonnés, notamment d'Omble- Chevalier, dans diverses régions de la France, soit aux établissements de l'Etat, soit aux Sociétés de pisciculture et de pèche :
en 1901 72 000 reufs environ, en 1902 200 000 —
en 1903 300 000 -
Les alevins sont destinés au repeuplement des rivières de la région. En 1902 il a été versé dans le Léman 20 000 alevins de Lavaret du lac du Bourget (^).
Valais.
Le Valais a quelques ateliers de pisciculture dus à l'initiative individuelle, à Val d'IUier, à Sierre, à Finges ; mais les alevins qui en sortent (alevins de Truite) sont versés dans les affluents du Bhône, et n'intéressent qu'indirectement le Léman. Nous n'en parlerons pas autrement.
En résumé, l'eiïbrt de la pisciculture dans le pays du Léman s'est porté dans deux directions différentes :
1" Incubation des œufs de la Truite, le plus précieux de nos poissons de luxe et mise à l'eau soit des alevins, soit des jeunes poissons, non pas directement dans le lac, mais dans ses affluents ou dans le Rhône son émissaire. C'est pai- millions que se chiffrent les quantités d'alevins de Truite qui ont été ainsi produits.
(2) A. Perdrizet. Tlionon, 26 et 30 mai. 11) s.^])lciulire 1903, in litl.
Le résultat de ces travaux a été tcès reconnaissable dans les rivières campagnardes, dont plnsieui's ont été réempoissonnées, dont d'autres 'Ont vu leur contingent de poisson notablement relevé. Quant au lac lui-même, l'absence d'une statistique de la pèche ne nous permet pas de constater les heureux effets de cet empoissonnement, qui cependant doit être sensible; les pécheurs ne se plaignent pas de la diminution de la Truite, et pourtant la pèche en est plus ardente que jamais. Les essais de production d'alevins de Fera qui ont été tentés à la pisciculture de Thonon ne sont pas encore très satisfaisants; un déchet de 80% est trop fort. Cependant la possibilité de succès étant constatée, après avoir été longtemps tenue pour irréalisable, vu les mœurs de ce poisson pélagique qui fraie dans les grands fonds du lac, l'importance économique et industrielle de la Fera, comme poisson de grande consommation, encouragerait à poursuivre ces tentatives jusqu'à réussite plus parfaite, très désirable.
2° Quant à l'introduction d'espèces nouvelles pour le Léman, voici les faits venus à ma connaissance.
^.Perche-soleil, Eupomotis gihhosiis, élevée par leDi'H.Oltra mare, versée dans le lac en 1898, retrouvée dans le Petit-lac jusqu'à Coppet, en quelques individus isolés.
B. L'Epinoche à queue lisse, Gasterosteiis /eao-Hs, introduite par Isaac May or en 1872 dans un ruisseau d'Hermance, s'est propagée dans ce ruisseau et les eaux voisines, mais ne s'est pas avancée dans le lac. C'est du reste une espèce fluviatile et non une espèce lacustre.
C. La Dorade, Carassms aiiratiis, échappée des aquariums, se rencontre en individus isolés dans le lac. Elle ne tarde pas à perdre ses fiches couleurs rouges et reprend la livrée verdàtre des Cyprinidés.
D. Le Barbeau, Barbixs fluviatilif^, élevé en 1888 par E. Covelle, et versé dans le Rhône, semble s'y être établi, car on le prend assez fréquemment encore de nos jours. C'est une espèce fluviatile.
E. La Vandoise, le Ronzon, Cyprinus rodens (Squalius lenciscus), a été introduit en 1870 dans la Venoge par Aug. C havannes, mais elle n'a pas été retrouvée depuis, ni dans cette rivière ni dans les autres affluents du Léman.
F. Le White Fish, Corego)uis (dbus, introduit par le pisciculteur -genevois Covelle en 1886 et années suivantes. Quelques individus ont •été péchés dans le lac depuis lors, que Fatio attribue à cette espèce (i).
(') Y. p. 70 ci-dessus.
G. La grande Marène, Coregonus^ niaraena, importée d'Allemagne en 1881 et élevée par H. Chatelanat, a semblé poui- un temps s'être établie dans le Léman. De 1896 à 1900 on en a fait de fréquentes pêches. Dans les dernières années on n'en parle plus guère.
H. Le Lavaret, Coregonus lavaretus du Bourget, a été versé dans le Léman sous forme d'alevins en 1902 par la pisciculture de Thonon. On en aura peut-être des nouvelles dans quelques années.
/. Le Saumon, ou plutôt l'Omble Namaycush, Salvelinus Natnaycnsh, de Californie, introduit en 1886 par G o v elle, semble n'avoir pas prospéré. On n'en a jamais l'epêché, à la connaissance des spécialistes.
/. Le Saumon du Rhin, Sulnw saJar, introduit en 1852 par Mayor et Duchosal, de 1857 à 1863 par la Société de Roche et par Auguste Ch a vannes, a été retrouvé en quelques individus isolés dans le Rhône du Valais et dans le lac, entre 1859 et 1882; depuis lors on n'en parle plus.
K. La Truite arc-en-ciel, Salmo iridevs, a été introduite par les pisciculteurs Genevois, Go v elle et ses successeurs, de 1892 à nos jours. On en prend fréquemment dans le Rhône, mais pas dans le lac.
L. L'Anguille, AngnUla vxdgaris, échappée des étangs de Fernex vers 1863, est beaucoup moins rare actuellement qu'elle ne l'était avant cette importation involontaire (^).
En somme, il ne parait pas que nous puissions citer l'introduction définitive, par la pisciculture artificielle, d'aucune espèce de Poisson qui appartiendrait dorénavant à la faune du Léman ('^). Malgré des essais fort ingénieusement combinés et entourés de toutes les précautions que l'industrie de l'homme a su imaginer, nous ne pouvons constater aucun succès certain d'acclimatation d'espèce étrangère. Gela doit nous donner une idée du nombre des répétitions que la nature doit appliquer à ses essais de peuplement d'une eau auparavant déserte.
(2) Peut-être le Barbouu dans le Rhône aval de Genève, et l'Epimiclie dans le ruisseau d'Hermaiice.
RESUME ET COACLUSIONS