L. aegocephala Bechst
Terekia cinerea Giild.
Scolopax ruaticola L.
Gallhiago scolopacina Bp.
Ci. major Gm.
Gallinago gallhnda L. (')
Totunus fuscns L.
T. calidris L.
T. glottis Bechst. (")
T. stagnatilis Bechst.
T. oc]i)'0])>(s L. (3)
T. glareola L. ('')
Actitis Jn/polencos L. (^)
Machetes pugnax L.
Tringa cinerea L. ('')
T. maritima Brunn. (')
T. alpina L. («)
T. Scliinzii Br.
T. suharqnata Giild. ('')
T. Temminkii Leisl. ("^)
T. tninula Leisl. (")
Tringites rufescens Vieill.
Limicola platyrhgncha Temm.
Calidris arenaria L.
Himantopus riifipes Bechst.
Recurvirosira avocelta, L.
Phalaropiis hr/perboreas L.
Ph. fidicarius L. ('-)
Phœnicoptcrus antiquoriim Temm.
0) UjmnocnjiHes gallinula L. — (2) GloUis nebularius Guna. — (») Ilelodromas ochropus L.— (^} Rhyacophilus glareola L. — {^} Tringoides hypoleucos L. — ('>) Tringa canuta L. — (') Arquatella maritima Brûnn. — {>^) Pelidna alpina L. — ('') Ancylochilus subarquatas Giild. — ('") Limoiiites Temminkii Leisl. — (i') Limoniies minuta Leisl. — (12) Crymopliiias fulicarius L.
PALMIPEDES
Les Iianiellii'o.stres sont représentés par :
Les Cygnes, au col gi'èle, au bec de largeur égale sur toute la longueur.
Le Cygne à bec jaune, Cyoms miisicus Bechst., vient parfois en hiver jusqu'au Léman. Schinz en signale des passages sur notre lac en '176G et 1779 ('). 11 est quelquefois tombé sous le plomb de chasseurs heureux (-).
Le Cygne à bec rouge, Cygne tubercule, Cycmis olorL.,diété inti'oduit à l'état domestique dans le Léman en 1837. Une paire de Cygnes apportés de Paris par un conducteur de diligences, logée pendant quelques semaines dans un étang de la campagne des Artichaux à Montbrillant, a été achetée par la ville de Genève. Cette paire a fait progéniture et pendant une vingtaine d'années ses descendants sont restés confinés à Genève où ils étaient nourris, et où leurs nichées étaient protégées derrière l'île de J.-J. Rousseau. Actuellement il en est encore de même. Les Cygnes de Genève sont libres dans leurs mouvements; ils cii'culent à leur gi"é, soit au vol, soit à la nage dans le Pdiône, dans le port et dans la rade, mais ils ne s'éloignent guère de ces lieux où ils sont bien nourris, et où ils jouissent des aumônes en pain mollet, de leurs admirateurs. Nous caractériserons cet état en disant que les Cygnes de Genève sont des oiseaux semi-domestiques.
En 1858 une paire fut donnée à la ville de Vevey par la ville de Genève. Le mâle devenu veuf quitta Vevey pour venir s'établira Morges; il alla chercher une compagne à Genève; puis le couple nicha et les œufs éclorent au printemps de 1859. Cette famille fut la souche de tous les Cygnes qui peuplent aujourd'hui le lac en dehors de la rade de Genève, qui s'y nouriissent et qui s'y reprodinsent en toute liberté. Ils ont repris leur indépendance et les allures d'animaux non domestiques; ils sont farouches, mais sans être redevenus sauvages. Ils nichent volontiers devant les habitations des liommes et savent fort bien venir mendier du pain.
(1) Fauna lielvetica. Neue Denkschr. der sclnv. Nat. Ges., 1, 124. Nenchàtel, 1837. {'^) Deux jeunes ont été tués sur l'Arve le 21 janvier 1S91. Diana. VIII, 184, 1891.
J'évalue à 150 ou 200 le nombre des Cygnes qui habitent actuellement le Léman. Ce nombre est limité par les guerres intestines entre les différentes familles qui ont pi'is possession des anses, golfes et ports d'habitat avantageux, et qui tuent impitoyablement un intrus qui chercherait à s'y faire place. Ce n'est pas la chasse qui en restreint le nombre. Sans qu'aucune loi s'y oppose, leur chasse ne serait pas tolérée par la population qui aime ces beaux oiseaux. Un chasseur qui tuerait ce gibier peu farouche deviendrait la risée de ses confrères.
Les Cygnes n'émigrent pas, que nous le sachions, d'un lac à l'autre. Ils se trouvent trop bien sur le Léman pour avoir songé à reprendre les instincts migrateurs de leur espèce.
Le Cygne a un grand appétit. Quand iUrouve des œufs de Poissons,, il s'en régale; on évalue à quelque ciuquante mille œufs son repas d'un jour ('). A ce point de vue, fait-il beaucoup de mal sur notre lac ? Je ne le pense pas. S'il détruit quelques milliers d'œufs de Brochet, c'est plutôt un gain pour la gent des Poissons qui sera moins décimée par ce Requin du lac. L'espèce pour laquelle il est le plus nuisible est la Gravenche, qui fraie sous SO''™ d'eau, dans la beine.
Les Cygnes nichent sur les bords du Léman au commencement d'avril ('^); on assiste à leurs caresses entre le 5 et le 20 mars; ils pondent de 4 à 6 œufs dans un nid de branches et d'herbes. Ils couvent pendant six semaines (3) et les cygnets éclosent vers la fm de mai {^).
Les parents soignent leur progéniture avec une tendresse jalouse et le spectacle de la mère portant sur son dos la nichée de ses cygnets est bien connu. Mais autant ils protègent attentivement le premier âge de leur jeune famille, autant ils deviennent barbares et bêtement féroces lorsque les enfants ont atteint l'âge d'un an et commencent à revêtir leur livrée d'adulte. Les parents les expulsent de la baie où ils ont élu domicile; pendant tout l'hiver, et surtout au printemps, le lac est le théâtre des poursuites brutales du père qui sans trêve pourchasse ses enfants jusqu'à ce qu'ils se décident à émigrer.
Dans ces batailles de famille on peut constater combien cet oiseau,
(1) Diana, VII, 143, 1 889.
(2) En 189G M. G. Monod a vu à Morges des Cygnes commencer leur nid déjà le 22 février.
(3) Durée de la couvaison : 47 jours en 1878, Cygnes de Morges.
(5) En 1893, les Cygnes de Morges ont vu éclore leurs cygnets déjà le 29 mars- (M. C. Monod).
si gracieux et si élégant, est vraiment stupide. Un vieux mâle se met à la poursuite d'une bande de quatre, de six jeunes Cygnes d'un an. Personnellement il est plus fort que chacun de ses enfants; mais si deux d'entre eux réunissaient leurs efforts, ils auraient bientôt fait façon de la brutalité paternelle. C'est ce que les jeunes ne savent pas faire; ils se laissent battre individuellement les uns après les autres, et assistent en se mirant coquettement dans l'eau et en nettoyant leurs plumes au spectacle de la violence de leur père dont quelques instants après ils vont être victimes. Est-ce stupidité? f]st-ce respect, poussé jusqu'au martyre, de l'autorité paternelle ?
Ces batteries ne sont pas toujours innocentes. En 1868 une famille de Cygnes, deux parents et cinq jeunes, sont partis de Lutry. où la niellée avait eu lieu, pour Ouchy où ils trouvèrent une paii^e de vieux Cygnes, fort intolérants et d'humeur peu hospitalière, leur couvée ayant échoué au printemps. La rencontre fut terrible, et le mâle d'Ouchy eut bientôt tué le père et la mère de Lutry ainsi qu'un des jeunes, et cassé une aile à deux des autres cygnets. M'"e a. Monod, qui depuis de longues années sui'veille avec intérêt les jeux de ces volatiles, estime que les parents tuent les jeunes difformes.
On sait combien les animaux sont en général impitoyables envers leurs congénères faibles, malades ou blessés. Voici en revanche deux anecdotes qui sembleraient prouver chez les Cygnes des sentiments altruistes dignes d'éloges :
Un jeune Cygne d'Ouchy avait été blessé dans l'été de 1877 dans une rixe de famille; ses deux ailes étaient luxées en dehors et les grandes rémiges tout ébarbées ; il ne pouvait voler et promenait mélancoliquement son impotence. Je l'ai suivi durant tout l'été, l'automne et l'hiver de 1878 et j'ai constaté qu"il était épargné par ses frères et parents dans les luttes terribles que ceux-ci se livraient entre eux. Je trouve encore sur mes notes mention de lui en octobre 1878. — Autre observation. Un gi'oupe de cinq Cygnes volaient sur le port de Genève; l'un d'eux vint maladroitement heurter les barrières du pont du Mont- Blanc et s'abattre lourdement sur le palier. Un passant charitable releva le pauvre oiseau et le rejeta sur l'eau. Tout meurtri de sa chute, le Cygne avait grand'peine à résister au courant; le voyant en péril, deux de ses compagnons le rejoignirent et se plaçant à ses côtés, le pressèrent entre eux et le soutinrent fi'aternellement jusqu'à ce que, la douleur s'étant calmée et les forces lui étant revenues, il put se tirer d'af-
faire tout seul ('). Dans le premier cas charité passive, dans le second charité active. Ces sentiments sont trop rares cliez les animaux pour que nous ne soyons pas heureux de les noter quand nous les rencontrons.
Le Cygne est irritable et susceptible; j'ai assisté le 30 mars 1875 à une scène amusante. On venait de passer en couleur la coque d'un bateau à vapeur ancré dans le port de Morges, et le vernis noir brilla:nt faisait un iniioir assez parfait pour qu'un Cygne y vit son image; il crut y reconnaître un autre Cygne qui le persiflait et il enti'a en fureur contre lui. Il gonflait son cou, renversait la tète en arrière enti-e ses ailes soulevées, pirouettait sur lui-même en jetant des regards féroces contre le spectre qui l'irritait; de temps en temps il lançait à son sosie un coup de bec et la résistance incompréliensible qu'il rencontrait réchauffait encore sa colère. Pendant une demi-heure j'assistai à sa rage impuissante et imbécile. Deux heures après je passai de nouveau sur le quai : la scène ridicule continuait et je crois vraiment que la nuit seule a mis fin à la crise folle de notre vieux rageur.
Quoique fort peu intelligents les Cygnes peuvent avoir les passions vives et même montrer des indices d'une corruption vraiment déplorable. Les 7 et 8 mai 1877 je voyais un vieux mâle coui-tiser une jeune cygnette qui n'avait pas déposé les plumes brunéUres de sa robe d'adolescence et par conséquent n'avait pas encore un an. Pendant deux jours les choses allèrent si loin que ce couple ridicule commençait déjà à construire un nid de branchages sous les murs de mon jardin. Une tempête dispersa ce nid, et je ne pus suivre les incidents ultérieurs de cette aventure grotesque.
Le Cygne est ordinairement monogame; exceptionnellement cependant, on constate des cas de polygamie. Ainsi au printemps de 1894, deux femelles de Cygnes, qui couvaient, chacune sur son nid, à quelques cents mètres l'une de l'autre, étaient servies et protégées par le même mâle.
Un fait assez étonnant se renouvelait chaque année, alors que les travaux des barrages de Genève n'avaient pas encore régularisé le régime du lac. Les Cygnes établissaient imprudemment au printemps leur nid sur une plage menacée par les vagues, et presque chaque année les hautes eaux de l'été submergeaient et détruisaient leur construction. 11 semble que ces oiseaux n'avaient pas su apprendre dans les
(1) Tribune de Genève, année 1887.
quarante années que leur famille habitait sur notre lac qu'il y a une crue estivale et qu'ils devaient s'en garer. 11 est vraiment curieux de voir combien l'expérience des générations précédentes profite peu à celles qui les suivent. Est-ce seulement chez les Cygnes que cette remarque est applicable?
Tel fut le cas pour une couvée de Cygnes que j'ai pu observer devant notre jardin en 1878, et dont les vicissitudes méritent peut-être d'être relatées. Le nid venait d'être construit sur la grève; le 12 avril un premier œuf était pondu, le 24 un sixième. Le nid était situé assez loin de l'eau et semblait à l'abri des vagues ; d'après le régime moyen du lac de 1851 à 1875, le lac n'aurait pas dû l'envahir avant l'éclosion des cygnets. Mais les allures du Léman ont été si étranges en 1878 (^), les eaux ont monté si vite que le nid fut bientôt mouillé par les vagues. Nous vimes alors les Cygnes relever leur aire en y entassant tous les débris qu'ils pouvaient rassembler, et dont nous les fournissions à foison : branches, paille, papier, ils glissaient tout, fort adroitement sous leurs œufs. Malgré tous ces efforts, le lac s'élevait plus vite que le nid, et à chaque passage de bateau à vapeur les vagues, pénétrant à travers la charpente de branchages, venaient baigner les œufs couvés par la mère. Le 27 mai, profitant d'une courte absence des parents j'enlevai un des œufs et je l'auscultai; j'entendis le cri du cygnet (-). L'œuf était vivant, il pouvait être sauvé. Je me mis aussitôt en devoir de le couver et je le plaçai dans un bain de sable chaud à 40», sous des couvertures (^). Le 28 mai, nouvel incident. Des vagues de vaudaire démolissent le nid, et en dispersent les débris; averti delà catastrophe, j'arrive à temps pour repêcher à l'aide d'un filet deux des œufs qui flottaient dans le lac à quelque dix mètres du l'ivage. Ils avaient baigné pendant cinq minutes au moins dans l'eau assez froide (10 à 15o); mais enveloppés de linges chauds, ces deux œufs auscultés laissèrent bientôt entendre le chant du cygnet; le jeune oiseau n'avait donc pas soufïert trop gravement du naufrage. La couvaison artificielle continua jusqu'au lendemain et j'eus la satisfaction de voii- éclore mes
(1) Voyez F.-A. Forel, Contribution à la limnimétrie du Léman. IV» série, | XXII. Bull. S. V. S. N. XVI 641. Lausanne 1879.
'P) Ce cri est fort étrange, très pénétrant ; il montre que le poussin vit déjà dans une chambre d'air et qu'il respire.
(3) Chose intéressante : le lendemain malin le sable était refroidi, mais un thermomètre placé dans la ouate, au contact de l'œuf, s'éleva encore à 35o. Donc le cygnet respirait activement et produisait une chaleur propre assez considérable.
trois jeunes Cygnes qui se développèrent à souhait sur un étang du voisinage (i).
Nos Cygnes du Léman provenant d'une race domestique ont perdu les instincts de la vie sauvage. C'est ainsi qu'une paire de Cygnes se laissèrent prendre par la glace dans le port de Morges dans la nuit du 12 au 13 janvier 1878; on dut briser la couche glacée autour des pauvres oiseaux pour les dégager. Des Cygnes sauvages auraient su, par les mouvements incessants de leurs pattes, éviter cet accident en se gardant une flaque d'eau libre au milieu de la glace qui envahissait le bassin C-^).
Nous décrirons dans un paragraphe ultérieur l'intéressante variation que nous avons étudiée, depuis l'année 1868, sur les jeunes Cygnes du Léman et que nous avons appelée variété faux albinos. Elle mériteune étude attentive, trop longue pour être intercalée ici dans notre énumération systématique de la faune du lac.
Les Oies, Palmipèdes à bec étroit et haut, qui sont de passage sur le Léman sont :
L'Oie bernache Bernicla leiicopsis Bechst. (•^)
L'Oie cravant B. torqualaBechat. {^)
L'Oie rieuse Anser albifrons Bechst.
L'Oie naine A. minutus Naum.
L'Oie cendrée A. cinereus Meyer.
L ' 0 i e V u 1 g a i r e A. segetum Meyer'.
L'Oie hyperborée A. /**y/jer6oreHsPall. (très rare). ("')
Le passage des Oies a lieu en novembre à la descente vers le sud, en mars à la remontée. Quelquefois on les a vues séjoui-ner tout l'hiver dans nos eaux.
Les Canards, Anatidés à bec aplati, à lames horizontales, qui sont de passage sur le Léman sont :
(') Donnés plus tard à l'Abbaye de St-Maurice en Valais, ils ont péri de froid ou de maladie à la fin du grand hiver 1880.
(2) F.-A. Forel. Les flaques d'eau libre dans la glace des lacs gelés. Bull. S. V. S. N., XXIV, 272. Lausanne 1898.
(*) Braiita leucopsis Bechst — ('<) Branla bernicla L. — (■') Chen hi/perboreus Pall.
Le Canard sauvage Le Canard pilet Le Canard chipeau La Sarcelle d'été La Sarcelle d'hiver Le Canard siffleur Le Canard sponsa Le Canard tadorne Le Canard casarka Le Canard souchet
Anas boscas L.
A. acuta L. (^)
A. strepera L. (-)
A. querquedula L. (^)
A. crecca L. {^)
A. ■pencJope L. (•"')
A. sponsa L. (•')
Tadonia cornuta Gin.
T. casarca L. (très rare) (')
Spatida clypeata L.
Le passage a lieu à la descente en septembre ou octobre, à la remontée en mars et avril. Le Canard sauvage, le Pilet et la Sarcelle d'été hivernent souvent chez nous ; le Canard sauvage, le Souchet et la Sarcelle d'été estivent parfois et nichent dans les marais de Villeneuve.
Les Fidlgulcs, avec le pouce bordé d'une membrane, sont plus aquatiques encore que les Canards ; leur régime est piscivore, leur chair peu appréciée.
Le Canard si ff 1 e u r h u p p é
Le Canard à iris blanc
Le Canard milouin
Le Canard milouinan
Le Canard morillon
Le Canard histrion
Le Canard garrot
Le Canard de Miclon
Le Canard macreuse
Le Canard double-macreuse
La Macreuse à lunettes
Le Canard eider
Le Canard à tête grise
Fidigida rufina Pall. {^)
F. nyroca GLild.
F. ferina L. ('')
F. mania L. (•")
F. cristata Leach.
Clangula histrionica L. (très rare).
CJ. glaucion L.
Harelda glaclalis Leach.
Oldemia nigra L. (rare).