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ZOOLOGIQUE ET BOTANIQUE DU LAC

Je décrirai successivement les méthodes de capture et celles deséparation ou de triage des animaux et plantes.

Je n'énumérerai pas tous les appareils qui ont été proposés par les auteurs; je m'en tiendrai seulement à ceux que j'ai employés moimême et dont j'ai reconnu le bon fonctionnement.

Je r-éserve pour un autre chapitre la description des filets qui servent à la pêche industrielle des poissons, et je ne m'occuperai ici que desrecherches du naturaliste.

1» Capture des organismes lacustres.

A. Organismes littoraux.

Je ne perdrai pas mon temps à décrire les artifices divers de pêche dans la région littorale ; ils varient avec chaque espèce, avec chaque nature de fond, et aussi avec la fantaisie du chercheur. 11 n'y point de méthode générale : il n'y a qu'ime foule de procédés. Le naturaliste emploie successivement le filet à mailles de fil avec lequel il capture les Poissons ou les Ecrevisses, la drague qui lui rapporte du sable et de la vase, une pince emmanchée (la pince des pêches archéologiques) (') qui saisit les pierres et les bois, un harpon attaché à une corde qui ramène les plantes aquatiques, etc., etc. Point n'est besoin^

(1) T. I, p. 3, fig. 3.

de grands frais d'imagination pour inventer des appareils ; il suffit d'un peu d'adresse, avec une habitude suffisante des choses du lac, et les pêches sont fi'uctueuses et variées.

B. Organismes 'pélagiques.

Pour la pèche dans la région pélagique, elle se fait à l'aide d'un filet fin, le filet de Millier. C'est un sac de mousseline tendu sur un cercle de métal, et attaché par trois ficelles au plomb d'une ligne de sonde. On laisse descendre le filet dans l'eau jusqu'à une profondeur convenable, et l'on fait avancer lentement le bateau de telle sorte que l'ouverture du lilet restant verticale, l'eau s'y engouffre et s'y tamise en laissant sur les mailles de la gaze les organismes qu'elle contient, (tig. 168).

(Fig. 168.) — Pêche pélagique avec le filet de Muller.

La profondeur à laquelle se fait la pèche est donnée par l'inclinaison ■de la ligne de sonde et la longueur du fil qu'on a laissé écouler.

11 faut avoir soin de faire le filet assez grand, et l'ouverture du cercle assez étroite pour que la pression de l'eau dans l'intérieur du sac ne soit pas trop forte, et que les micro-organismes, un peu délicats, ne soient pas trop violemment comprimés contre les mailles de la mousseline.

Le filet de Mûller a reçu des modifications et perfectionnements importants qui en ont grandement étendu l'application.

Tout d'abord il a été adapté aux pèches verticales, quand nous avons déplacé le plomb qui l'alourdit et l'avons fixé au fond de la coiffe. Nous pouvons ainsi faire descendre l'appareil jusqu'à la profondeur voulue sans que le cône de mousseline se renverse, et dans la remontée, nous traversons avec le filet, bouche en haut, les couches superposées ■du lac que nous voulons tamiser.

Pour la pèche des organismes de très petite taille, les organismes microscopiques, les micro-organismes, qui s'échapperaient trop facilement par les mailles trop larges de la mousseline ordinaire, nous employons avec succès la gaze de soie fabriquée pour les tamis les plus fins de la meunerie, la ;/ace à Muter. Ce tissu, remarquable par la perfection de la texture, a des fils doubles, aussi bien pour la chaîne que pour la trame ; les fils sont tordus en une demi révolution à chariue entrecroisement de telle sorte que l'ouverture des mailles ne peut s'élargir; il a dans ses nimiéros les plus fins des mailles dont la largeur ne dépasse pas cinq centièmes de millimètres, 50 |'.. Avec ces dimensions, les Diatomées, les Flagellés, les Rotateurs les plus petits sont arrêtés par le filet (').

Pour vider le filet de mousseline ou de gaze, on le renverse dans un baquet d'eau. Cette opération exigeant de vastes cuves, on a perfectionné le manuel opératoire en introduisant les dispositifs que voici.

Tout d'abord on a fixé au fond du cône du filet une cupule en verre ou en porcelaine, que l'on détache, la pêche faite, et où Ton récolte les organismes à l'état parfaitement intact.

En 1888, j'ai attaché au fond du filet G un cylindre en feuille de zinc A de 15^™ de hauteur sur 6cm de

(Fig. 169). - Le filtrateur de Forel

diamètre (fig. 169) (2).

(') Voici les mesures de mailles des deux numéros de la gaze à bluter de la fabrique Heidegger, à Zurich :

Par cm. Par cm'.

Nombre de flls. Nombre de trous. Ouverture.

N" 5 28 76.") 0.84 cm'^.

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