‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 23 sur 81 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Description physique et géographiciao da soleiL

Le soleil est , d'après notre système , le lieu central où viennent se réunir les âmes venues de Téther. C'est après avoir éprouvé, dans les plaines éthérées, les incarnations successives que nous avons décrites, que les âmes primitivement humaines finissent par atteindre le Soleil, par aborder les parages de Tastre-roi.

C'est donc ici le lieu de décrire le Soleil, au point de vue astronomique et physique. Cette description fera comprendre le rôle tout à fait souverain que joue ce globe sans pareil. Les étonnants attributs qui lui appartiennent en propre , la puissance inimaginable dont il dispose, expliqueront suffisamment la place que nous accordons au Soleil au plus haut sommet de Téchelle de la nature*

Et d'abord, le Soleil diffère totalement du reste des

astres du monde. Il ne ressemble à rien, et rien peut lui être comparé. Ni les planètes, ni les sa' tes, ni les astéroïdes, ni les comètes, ne sauraient donner l'idée. Son volume immense, sa constitutt physique, ses propriétés hors ligne le mettent^à i rang tout particulier, et justifieront toujours ceux voudront lui assigner une place à part et une pla souveraine.

L*énormité de la masse du Soleil fait comprendre tout de suite sa suprématie. Le soleil est assez vaste pour donner asile à tout ce qui peut lui être envoyé de toutes les planètes. A lui seul il surpasse en volume les volumes réunis de tous les autres corps ce* lestes qui gravitent autour de lui. Il est 600 fois plus gros que l'ensemble entier des planètes avec leurs satellites, des astéroïdes et des comètes qui composent le monde dit solaire^ c'est-à-dire le monde dont nous faisons partie.

Puisqu'il est plus gros à lui seul que tous les au-^ très astres pris ensemble , le Soleil doit être plùi, grand que la Terre. Mais dans quelle proportion Soleil surpasset-il le volume de la Terre? Il est million trois cent mille fois plus grand que notre gl : Le dessin peut seul donner une idée exacte grandeurs comparées du Soleil et des différentes nètes. C'est pour cela que nous mettons sous les du lecteur une figure (fig. 1) qui représente e ment les dimension comparées du Soleil et des nètes les plus grosses du monde. La Terre, sentée ici par un point , donne une idée de ce peuvent être Mars , Mercure et Vénus, qui sont petits encore que la Terre. ^

Flg. I. Dimenaion» oomp.iréei du Soleil et dea pUnètn.

Flg, t. DimtaaloBt compardï* du SoliU el A«i ç\mbV«v.

144 mètres dans la première seconde de sa chute. Il résulte de là que notre corps, transporté dans le Soleil, y pèserait environ 2000 kilogrammes, comme celui d'un éléphant. Le corps d'un chien, d'un cheval, pèserait 28 fois plus que sur notre globe : ces animaux demeureraient donc cloués au sol. Les conditions de la nature doivent être tout autres dans le Soleil que sur le groupe de planètes dont la Terre fait partie.

Le Soleil rayonne de feux continuels, et ce caractère lui appartient exclusivement parmi les astres de notre monde. Par lui-même il brûle, il répand au loin la lumière et la chaleur. Au contraire, les autres astres de notre monde ne sont ni chauds ni lumineux, et si le Soleil n'existait pas, ils seraient tous plongés dans les ténèbres éternelles, ils seraient voués à un froid éternel. Voilà un privilège qui à lui seul fait comprendre le rôle fondamental dévolu à l'astre central.

Cette lumière et cette chaleur qui émanent du Soleil sont constantes : jamais elles ne s'interrompent, jamais elles ne perdent de leur puissance. Ce second caractère, la constance de l'illumination, sépare encore le Soleil de tous les autres corps célestes de notre monde.

L'intensité de la chaleur réelle du Soleil a été mesurée par les physiciens. On est parvenu à cette détermination en cherchant, par l'expérience, la quantité de chaleur qui s'accumule, en un certain intervalle de temps, sur une surface déterminée de la Terre frappée par le Soleil, et ajoutant à cet élément les quantités de chaleur qui ont dû être absorbées

I^ SOLEIL. lil

par l'air atmosphérique, par les espaces étliérés et par le sol.

Le physicien français Pouiliet^ qui s'est occupé de cette étude délicate, est arrivé à des résultats qu'il résume en ces termes :

< Si la quantité totale de chaleur émise par le Soleil était exclusivement employée à fondre une couche de glace qui serait appliquée sur le globe solaire et Tenvelopperatt de toutes parts, cette quantité de chaleur serait capable de fondre en une minute une couche de 11™,80 d'épaisseur, en un jour une couche de 17 kilomètres.

c Cette même quantité de chaleur, dit le physicien anglais Tyndall, ferait bouillir par heure 2900 milliards de kilomètres cubes d'eau à la température de la glace. »

L'astronome John Herschel a trouvé que si l'on voulait éteindre le Soleil, Tempècher de « rayonner du calorique », selon le terme scientifique, il faudrait projeter à sa surface un jet d'eau glacée, ou une colonne cylindrique de glace ayant 18 lieues de diamètre, et qui serait lancée avec une vitesse de 70000 lieues par seconde. C'est ce que John Herschel exprime comme il suit :

« Imaginons qu'une colonne cylindrique de glace de 18 lieues de diamètre soit incessamment lancée dans le Soleil, et que l'eau fondue soit aussitôt enlevée. Pour que toute la chaleur solaire fût employée à la fusion de la glace, sans qu'aucun rayonnement extérieur se produisît, il faudrait lancer le cylindre congelé dans le Soleil avec la vitesse de la lumière. Ou, si l'on veut, la chaleur du Soleil pourrait, sans diminuer d'intensité, fondre en une seconde de temps une colonne de glace de 4120 kUomètres carrés de base et de 310000 kilomètres de hauteur ! »

Une comparaison adoptée par le physicien anglais Tyndall représente mieux encore à Tesprit l'intensité de la source calorique du soleil. « Imaginons, dit M. Tyndall, que le soleil soit enveloppé d'une couche de houille de 27 kilomètres d'épaisseur; la chaleur produite par la combustion de cette houille est celle que produit le soleil pendant l'intervalle d'une année*. »

Les physiciens ont mesuré exactement l'intensité de la lumière du Soleil, comme ils avaient mesuré exactement sa chaleur.

On a reconnu que la lumière solaire est 300000 fois plus forte que celle de la pleine lune, et 765 000 000 fois plus forte que celle de Sirius, la plus brillante des étoiles*.

Bouguer trouva, par des expériences faites en 1725, que le Soleil, à une hauteur de 31*^ au-dessus de l'horizon, éclaire comme 11664 bougies que ron placerait à 43 centimètres de l'objet à éclairer, ou comme 62 177 bougies que l'on placerait à 3 pieds de distance (1 mètre). D'après ce résultat, si l'on tient • compte de l'absorption atmosphérique et de la loi de variation d'intensité de la lumière, qui décroît en raison inverse du carré de la distance, l'illumination du Soleil au zénith serait 75 200 fois aussi forte que celle que fournirait une bougie placée à 1 mètre de distance de l'objet à éclairer.

Le physicien anglais WoUaston a fait la même dé-

TyndaU, la Chaleur, traduit par l'abbé Moigno, in-12, Paris, 1864, page ^^13.

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