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Merveidei célestes, page

kkO LE LENDEMAIN DE LA MORT.

Et les satellites , les lunes qui éclairent les nuits de ces planètes, quel aspect curieux ne âoivent«ils pas présenter dans ces régions où la fête des yeux est étemelle I La lune revêt tour à tour la couleur des deux soleils qui se réfléchissent Tun après l'autre sur son disque éclatant. Les dififérentes phases de la lune qu'aperçoivent les habitants de ces mondes, sont tantôt rouges et tantôt bleues ; de sorte qu'il y a le quartier rouge de la lune et le quartier bleu. Telle lune a un croissant jaune, que vient remplacer un croissant vert. Quand elle est dans son plein, la lune de ces parages ressemble à un énorme fruit vert qui se promènerait dans les cieux. Il y a des lunes aux nuances de rubis, qui se détachent sur le fond noir du firmament. D'autres ont des reflets d*opale ou d'azur. Certaines étincellent comme des diamants dans le cercle qu'elles décrivent autour des planètes, plongées elles-mêmes dans l'ombre ^

THÉOPHILE

Ces particularités des mondes stellaires sont fort intéressantes, et je te remercie de me les avoir fait connaître. Mais je ne vois pas bien où tu veux en venir, et je crains que cette longue digression, que ce voyage à travers les étoiles ne nous ait écartés de notre sujet.

l'auteur.

Non. Après t'avoir fait comprendre que le système solaire dont nous faisons partie n'est pas unique, qu'il n'est qu'un simple membre d'une immense fa-

on, Merveilles célestesy page 148.

mille d'autres mondes solaires, qu'il n'est qu'une très-petite fraction de l'univers, j'ai voulu te montrer, par la diversité de ces mondes , la facilité avec laquelle la nature fait varier les forces et les conditions physiques propres aux mondes stellaires, et par conséquent varier aussi les types vivants et animés qui font partie de ces différents mondes solaires. Maintenant que te voilà bien fixé sur la prodigieuse diversité des mondes solaires qui composent l'univers, j'arrive à notre objet principal. Je ne perds pas de vue que mon dessein est ici de te prouver que l'univers est sans bornes , que , par son étendue , il est vraiment l'infini. J'aborde donc cette grande question.

Par la seule considération des étoiles, que tu connais bien maintenant, je vais mettre en relief l'incommensurable étendue de l'univers. Je te parlerai d'abord des effroyables distances qui séparent les étoiles de la terre ; et les chiffres te montreront que par ce côté nous tombons vraiment dans l'infini. Je te parlerai ensuite du nombre des étoiles qui peuplent l'espace, et de ce côté encore, ce sera l'abîme de l'infini qui s'ouvrira devant nous.

(Ici Vami Théophile pâlit légèrement. Il est évident que la considération de V infini Finquiète , comme il arrive à toute personne qui^ pour la première /bis, arrête sa pensée sur cette insondable profondeur. Cependant U fait bonne contenance et écoute.)

l'auteur, reprenant.

J'ai donc à parler d'abord des distances qui séparent les étoiles de la terre, d'où l'on peut inférer

logiquement les distances qui séparent ces mêmes étoiles les unes des autres. Et d'abord il faut savoir que si , pour exprimer les distances des étoiles , on employait Tunité ordinaire, c'est-à-dire la lieue de 4 kilomètres, les chiffres qu'il faudrait énoncer ou écrire dépasseraient toutes limites, et par le fait même de leur excessive longueur, n'auraient aucune signification utile. Pour exprimer ces distances , les astronomes emploient une unité de longueur immense, et qui peut dès lors servir à mesurer des distances immenses elles-mêmes. L*umté que l'on a choisie pour représenter les intervalles qui séparent les étoiles, c'est la distance de la terre au soleil, en d'autres termes la longueur du rayon de l'orbite, à peu près circulaire, que la terre décrit en tournant autour du soleil. La distance de la terre au soleil est de 38 millions de lieues, comme il a déjà été dit. Cette longueur de 38 millions de lieues sera notre unité, notre étalon de mesure, pour apprécier l'éloignement dés étoiles.

Je ne sais pas , pour le dire en passant, si tu te fais, mon cher Théophile, une idée exacte de cette étendue de 38 millions de lieues qui nous sépare du soleil. En général, on ne peut se figurer des distances prodigieuses comme celles que Ton considère en astronomie, qu'en les représentant par l'intervalle de temps que certains mobiles, à nous connus, mettraient pour parcourir ces distances. Ayons donc recours à des comparaisons de ce genre. Un boulet de canon pesant 12 kilogrammes, lancé par 6 kilogrammes de poudre, et animé d'une vitesse uniforme de mètres par seconde, emploierait dix ans pour

arriver de la terre au soleil. Pour franchir cette même distance, le son, en lui accordant la même vitesse qu'à la surface de la terre, dans l'air, et en supposant cette vitesse uniforme (340 mètres par seconde), emploierait quinze années à ce voyage. Si un chemin de fer reliait, à travers Tespace , la terre et le soleil, un train voyageant avec la vitesse-express (50 kilomètres ou 12 lieues et demie par heure) n'arriverait à destination qu'au bout de 338 ans. Parti de la terre en janvier 1872, ce convoi hypothétique n'arriverait au soleil qu'en l'année 2210. Ajoutons que la lumière du soleil, qui parcourt 77 mille lieues par seconde, doit employer 7"» 13' pour arriver à la terre.

THÉOPHILE

Ainsi la distance de la terre au soleil, soit 38 millions de lieues, voilà quelle est notre unité de mesure pour les distances des étoiles. Arrivons maintenant à ces distances.

l'auteur.

Pour aller par gradations très-ménagées, je prendrai d'abord les étoiles les plus rapprochées de nous. Telle est une des étoiles de la constellation du Cygne. Cette étoile est éloignée de la terre de 551 000 fois notre unité de mesure, c'est-à-dire qu'il faudrait ajouter à elle-même 551000 fois la distance de la terre au soleil, pour représenter Téloignement de l'étoile que nous considérons, et qui est, je le répète, l'une des plus rapprochées de la terre. Si l'on veut se figurer cette même distance par le temps que sa lumière mettrait à la parcourir, en supposant

que cette lumière voyage comme celle de notre soleil , à raison de 77 mille lieues par seconde , cette lumière mettrait neuf ans et demi à venir de l'étoile jusqu'à nous.

Si tu veux maintenant connaître la distance d'autres étoiles , et je ne parle toujours , bien entendu, que de celles qui sont le plus rapprochées de noust jette les yeux sur ce tableau, que je trouve dans un traité d'astronomie.

(Ici Fauteur passe à Théaphik un volume d'astronomie, contenant le tableau suivant.)

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