DISTANCE DE QUELQUES ÉTOILES A LA TERRE
Noms
des
étoiles.
a du Cygne . . .
a de la Lyre . . . a du Grand Chien, a de la Grande
Ourse
a du Bouvier . .
Étoile polaire . .
a du Cocher . .
Distances de la Terre
en
orbites terrestres.
1 550 800 1622800 3 078 600 k kSk 800
Temps que la lumière ,^^
emploie à parcourir cette distance.
9 ans 1/2.
21 ans
rC
l'auteur.
Ainsi r étoile a de la Lyre est éloignée de nous de plus de 1 million 330 000 fois la distance de la terre au soleil, et sa lumière emploie 21 ans à nous parvenir. La lumière que nous envoie Tétoile a du CO' cher met 72 ans à nous arriver. Si, par une catastrophe céleste, Tétoile a de la Lyre venait à disparaître, . à s'anéantir, nous la verrions encore pendant 21 ans,( ' ^' e sa lumière met cet intervalle de temps à
irvenir jusqu a nous. Quant à l'étoile a du Cocher, le serait visible pour nous pendant 78 ans après le ur de son anéantissement.
THÉOPHU.E.
Il est donc possible que nos astronomes observent ijourd'hui des étoiles qui n'existent plus, et qui ne nt visibles pour nous que parce que la lumière belles émettaient voyage encore en ce moment lur parvenir jusqu'à la terre.
l'aoteur.
Assurément. Mais poursuivons.... Afin d'aller gralellement, j'ai choisi , pour commencer , les étoiles s plus rapprochées de la terre. Ce sont des étoiles i première et de deuxième grandeur.... Tu sais, je mse, ce que signifie, en astronomie, le mot de ^emière, de deuxième, ou de troisième granmr, etc.?
Oui ; ce mot de grandeur ne s'applique qu'à Tap* urence lumineuse de l'astre, et non à son volume ki. n ne désigne que son éclat lumineux. Une étoile ft première grandeur est celle qui fait partie du nôpe des étoiles les plus lumineuses ; une étoile de Mixiëme grandeur est celle qui vient ensuite sou» ^npport de réclat.
l'auteur*
Itemarque seulement, circonstance asseï Hf% Hên^ *wdences exactes, et surtout dans Tastron^^i^^ ^^
science exacte par excellence , qu'ici le mol de grandeur signifie tout Topposé de ce qu'il énonce ; en effet, plus une étoile nous parait lumineuse, plus elle çst rapprochée de nous ; au contraire , plus elle est pâle et peu visible, plus elle est éloignée. Les mots augmentatifs de première , deuxième , troisième grandeur, etc., représentent donc des éclats qui vont en décroissant. L'éclat diminue à mesure que le chiffre grossit. C'est là une interversion de termes assez exceptionnelle pour la noter en passant, et pour s'en souvenir, crainte d'erreur.
Nous n'avons considéré jusqu'ici que des étoiles de première et de deuxième grandeur. Si nous abordons les astres de troisième, quatrième, cinquième et sixième grandeur, nous arriverons à des éloignements bien autres que ceux que nous considérions tout à l'heure. Ces distances sont tellement énormes à partir des étoiles de première grandeur, que l'unité de mesure que nous avons adoptée, tout immense qu'elle soit , c'est-à-dire l'intervalle de la terre au soleil, n'est plus de mise. Les instruments d'observation céleste qui peuvent s'appliquer à l'examen et à la mesure des étoiles de première et de deuxième grandeur ne sauraient plus servir pour les étoiles de troisième grandeur et les suivantes. En raison du trop faible diamètre apparent de ces astres, qui n'apparaissent plus que comme de simples points lumineux, les instruments de mesure ne peuvent plus être employés. Pour évaluer les distances des étoiles à partir de la troisième grandeur, on se sert d'une méthode de comparaison basée sur le pouvoir amplificateur des télescopes dont on fait successivement
usage. Je ne peux entrer ici dans aucun détail sur ;ette méthode , que Ton doit à Tastronome W. Her- ;chel. Je me bornerai à en faire connaître les résultats.
Voici donc le résultat auquel on est arrivé avec :ette méthode, pour les étoiles de sixième grandeur. Pour certaines étoiles de cette classe, la lumière nettrait 1042 ans à nous arriver. La lumière Tautres étoiles de la même classe emploierait 2700 ans pour le même voyage. Après la sixième candeur, les étoiles ne sont plus visibles qu'au té~ lescope. Et pour ces étoiles télescopiques, les distances vont devenir véritablement stupéfiantes. Certaines de ces étoiles sont tellement éloignées de la terre, que leur lumière ne peut nous parvenir que cinq mille ans et même dix mille ans après être partie du centre lumineux. Pour les étoiles de la dernière ca* tégorie (quatorzième grandeur), la lumière mettrait cent mille ans à parvenir jusqu*à la terre, toujours en supposant que la lumière de ces étoiles ait lu même vitesse que la lumière de notre soleil, c'està-dire qu'elle parcoure 77 mille lieues par seconde,
THÉOPHILE
Mais rhomme existe sur la terre depuis cent mille années, s'il faut s'en rapporter aux travaux récent» des naturalistes, et quelques étoiles ont pu s'éteindre il y a cent mille ans. L'humanité aurait donc pu pendant cent mille ans contempler ces étoiles alors qu'elles n'existaient plus 1 A quelles étranges conséquences nous conduit une science un peu approfondie !
448 LE LENDEMAIN DE lA MOHT.