IJ:: LENDEMAIN DE LA MORT
fin de systèmes solaires ont chacan leur cortège obligé de planètes et de satellites, le toot rempli de créatures vivantes, de plantes, d*animaaz, d'hommes et d*ètres surhumains; si tu te rappelles que des comètes flamboyantes viennent, par intervalles, traverser Torbite de chaque monde, et s'abtmer dans la fournaise ardente de son soleil; que ces milliards de soleils varient de toutes manières, qu'il en est de doubles, de triples, qu'il en est de colorés, qui versent sur leurs planètes des torrents de lumière rouge, bleue, verte ou jaune; et que tous les mouvements compliqués de ces systèmes divers s'accomplissent avec un ordre parfait, sans se troubler mutuellement, sans quo jamais les astres se brisent les uns contre les autres, tu trouveras qu'il n'y a pas seulement dans l'univers l'infini par l'étendue, mais qu'il y a aussi l'infini par Tordre, par l'harmonie, par l'équilibre des mouvements et des lois!...
TllÊOPIilLE*
L'esprit se perd en de telles pensées ; car l'idée de Tinfini n'est pas faite pour notre faible intelligence. C'est une conception qui lui est interdite. Ne poussons pas plus loin, ami, notre excursion dans ce domaine où chancelle la raison.
l'auteur.
Il faut pourtant que j'arrive au terme de mon long raisonnement. II faut que je dise qu'au milieu de cet espace sans bornes, par-dessus cet immense cortège d'astres, qui sont en même temps la demeure d'êtres vivants et d âmes sensibles, il y a le suprême auteur.
l'univers. 465
il y a Tordonnateur souverain, d'où dérivent, comme de leur source sacrée, tout ce que contemplent nos yeux, tout ce que sentent nos âmes, tout ce que notre intelligence admire, tout ce que bénit la reconnaissance de mon cœur : il y a Dieu !
Te voilà parvenu au véritable but de notre entretien. Et le chemin a été assez long pour qu'il soit temps d'y arriver. Ce voyage dans l'espace avait pour objet de prouver que Dieu, étant l'infini en perfections morales, on peut le placer dans cet infini en étendue, qui s'appelle l'univers. Il ne te reste plus qu'à me dire en quel lieu précis tu places le séjour de la Divinité, car je ne vois pas bien ce que peut être le milieu de Tinfini. N'ayant point de bornes, n'ayant ni commencement ni fin, l'infini peut-il avoir un milieu ?
l'auteur.
Je vais m'expliquer sur ce dernier point.... La fixité absolue du soleil et des étoiles était un principe astronomique qui, au temps de Newton, paraissait hors de doute. Mais la science ne s'arrête jamais. Des observations faites dans notre siècle ont prouvé que la fixité, l'immobilité du soleil n'est que relative. La vérité est que le soleil, et avec lui tout le système de planètes, d'astéroïdes, de satellites et de comètes, qu'il entraine à sa suite, se déplace. Ce déplacement est très-faible sans doute, mais il est appréciable, et on a pu le jnesurer. Notre soleil parait se diriger lentement, lui et toute sa famille
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planétaire, vers le point du ciel où se trouve la constellation i'Hercukf et cela avec la vitesse de 62 millions de lieues par an, ou de 2 lieues par seconde, ce qui représente, pour le ciiemin parcouru, une fois et demie le rayon de l'orbite terrestre. Le soleil doit décrire une orbite qui comprend des millions de siècles. Mais ce qui est vrai pour le soleil doit être vrai pour les autres soleils, c'est-à-dire pour les étoiles. Ce mouvement général de translation qui a été constaté dans notre système solaire, les systèmes stellaires doivent y obéir également, et Ton sait, à n'en pas douter, que ces milliards de systèmes solaires qui sont suspendus dans Tespace infini, sont animés d*un mouvement qui les emporte, avec plus ou moins de vitesse, vers un point inconnu du ciel. Or rien ne nous dit que tous ces cercles ou ces ellipses tracés par les myriades de systèmes solaires n'aient pas un foyer commun, et que le foyer d'attraction aucjuel obéit, dans son déplacement, notre système solaire tout entier, ne fasse pas graviter au même point toutes les autres étoiles et leurs systèmes. Ainsi tous les corps célestes, sans exception, toute cette fourmilière de mondes que nous venons d'énumérer, peut tourner autour d'un même point, autour du même foyer d'attraction.... Qui nous dit maintenant que Dieu ne réside point à ce foyer général, à ce centre universel d'attraction des mondes qui remplissent l'espace entier?
THÉOPHILE
Voilà où tu voulais en venir, et maintenant je comprends ta pensée. Elle me frappe par sa gran-
deur. Ce Dieu, placé au centre, mathématique des mondes qui composent Tunivers, cette intelligence infinie siégeant au centre de l'univers infini et présidant aux mouvements de toutes les innombrables phalanges de corps célestes que notre imaginatioiit peut concevoir et rassembler, répondent bien à l'idée que Ton peut se faire de Dieu, si Ton a la témérité d'envisager la redoutable personnalité de sa toutepuissance. Je ne saurais donc te blâmer de consigner cette théorie dans ton ouvrage. Elle sera en harmonie avec le genre d'esprit religieux qui l'anime, et qui est, d'ailleurs, l'expression des désirs, des aspirations de la plupart des hommes de notre temps. On a, de nos jours, le besoin intime et profond de croire à la Providence, de rendre à Dieu hommagQ et foi ; on sent que là est la vérité, que là est la paix et le salut, dans le présent et dans l'avenir. Mais les religions établies laissent dans bien des esprits de cruelles incertitudes. Dans Le Lendemain de la mort, tu as essayé de poser les bases de la religion de la science et de la nature. Ces principes répondent, je le crois, aux désirs contemporains. Ils contentent le cœur et l'esprit; ils satisfont le sentiment et la raison ; ils consolent et ils fortifient ; enfin ils consacrent l'idée de Dieu, sans délaisser ni l'univers ni la nature.
l'auteur.
Ainsi soit-il I