‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 75 sur 81 · I.E ij:ndI':main nt: la uort · texte numérisé non relu

I.E ij:ndI':main nt: la uort

la distance de Sirius au Soleil, distance qui est elle -même, de 1,373.000 fois h distance de la Terre au Soleil S

THÉOPHILE

Connaît - on , peut -on apprécier le nombre . des étoiles qm entrent dans li

' 11 existe sur cette questionun travail de W.

Herschel. Cet observateur , qui au dix-huitième siècle avait fait construire leplus puissant télescope que l'on eût encore vu, et qui fittransporterau cap de Bonne- Espérance ce co-

Flammarion, PluTalilé des mondes habiltt, pago 203.

lossal instrument, s'occupa, dans ce lieu d'observation pour le ciel de l'hémisphère austral, de cofiipter les étoiles de la Voie lactée. En appliquant ses observations à la totalité de la Voie lactée, Herschel trouva que cette immense nébuleuse doit contenir plus de 18 millions de soleils.... Je viens de te dire quelle est l'étendue en longueur de la Voie lactée. Si l'on veut se représenter cette étendue par l'intervalle de temps que la lumière mettrait à la franchir, je dirai qu'un rayon de lumière partant de l'une de ses deux extrémités et volant à l'extrémité opposée, emploierait 15 000 ans à parcourir ce chemin. Comme la Terre et notre système solaire se trouvent au milieu de la Voie lactée, il en résulte que, lorsque nous observons au télescope un des soleils de cette nébuleuse, nous recevons l'impression d'un rayon lumineux qui est parti de cet astre il y a 7 ou 8000 ans, c'est-à-dire bien antérieurement à l'aurore des temps historiques K

THÉOPHILE

Je vois que nous voguons en plein infini.

l'auteur.

Si nous n'y sommes pas encore, au moins nous y touchons. Un dernier coup de rame, et nous voilà dans l'abîme. Écoute plutôt.... Nous venons de mesurer l'étendue en longueur de la Voie lactée, en disant que la lumière mettrait 15 000 ans à la par* courir. Ce résultat permet de mesurer l'étendue

1 Ihid.j même page.

d'autres nébuleuses encore plus éloignées de nous, et voici comment. Il y a quelquefois, ai-je dit, au milieu de nébuleuses que le télescope résout en étoiles, des amas de lumière diffuse, qui ne sont probablement que d'autres nébuleuses beaucoup plus distantes. On peut arriver à fixer Téloignement réel de cet amas lumineux. Si l'on se demandait, en effet, à quelle distance notre Voie lactée devrait être transportée pour nous offrir Taspect d'une nébuleuse ordinaire (laquelle sous-tendun angle de 10° environ), Arago nous répondrait, d'après ses recherches sur ce point, qu'il faudrait porter notre Voie lactée à 334 fois sa longueur. Or cette longueur est telle, ai-je dit, que la lumière emploie, pour la traverser d'une de ses extrémités à l'autre, un intervalle de 15 000 ans. A 334 fois cette distance, la nébuleuse de la Voie lactée serait vue de la terre sous un angle de 10% et sa lumière, pour parcourir cette distance, emploierait 334 fois 15 000 ans, c'est-à-dire 5 010 000 années ^

Ainsi, plus de cinq millions d'années, tel est le temps que la lumière, mettrait à voyager ,^ en partant d'une des nébuleuses télescopiques dont nous parlons, pour arriver jusqu'à nous. Voilà les distances qui peuvent séparer les unes des autres les agglomérations de soleils suspendues dans l'espace, voilà

1. M. Flammarion, dans sa Pluralité des monde» habités (p. 203), donne ce chiffre, qui est plus fort que celui que donne Arago dans son Astronomie populaire {t, II, p. 18). Le chiffre donné par Arago est de 1 002 000 ans seulement. C'est que la base du calcul prise par Ârago est cinq fois plus faible que la base du calcul refait par M. Flammarion.

l'univers. 463

les intervalles qui existent dans Tunivers, et que nos instruments peuvent apprécier. Il me semble que nous sommes bien maintenant aux bords de l'infini.

THÉOPHILE

C*est de toute évidence.

l'auteur.

Maintenant, ami Théophile, quand on sait que ces distances effroyables qui épouvantent notre imagination, ne sont que les résultats des observations faites dans nos instruments, mais que ces résultats de l'observation on peut, par la pensée, les augmenter, les étendre, les ajouter sans cesse les uns aux autres ; qu'à ces cinq millions d'années de voyage de la lumière, on peut, par l'imagination, ajouter, si on le veut, des milliards de milliards d'années; quand on se dit que ces mondes innombrables que les instruments nous révèlent doivent continuer plus loin encore, et toujours de plus en plus loin; que de nouvelles agglomérations de soleils doivent faire suite à celles que nous pouvons voir et mesurer; qu'ainsi les soleils, les terres planétaires et leurs satellites s'ajoutent les uns aux autres, sans trêve et sans fin, — car, une fois atteintes les limites assignées par l'imagination, un nouvel effort de l'esprit peut reculer plus loin encore ces limites et pousser jusqu'au plus profond des insondables espaces cette course aux abîmes vertigineux, — alors, mon cher Théophile, on comprend, comme je le disais au début de cet entretien, que l'univers soit vraiment infini !.. Et si tu considères que ces bataillons sans

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