CATHERINE
Mon pauvre mari ! mon pauvre mari ! Mes pauvres enfants!...
TÉRÉBENTHIINE.
Tu devrais être à rHôtel-de-Ville , et pas ici.
BAI6EVAIN
Un moment ! II faut d'abord voir ce que tout ceci deviendra. L'affaire eat chaude.
Va -l'en au moins dans la rue. Si tu ne te mon-
très (MIS , ee 9eH cotnme la dernière fois, td n'auras rien.
BÀfSEKim.
Si je me montrais trop tôt , je poun*ais bien attraper quelques années de ponton.
TÊaÉBENTHINE.
Eh bien I est>ce que les amnisties sont faites pour les chiens? Tu as toujours peur.
BAISEMAIN
Et toi, tu as toujours envie que je me casse le con. Si je t'avais écoutée , je serais en prison depuis longtemps.
téeIbenthine.
Si tu m'avais écoutée , tu serais des premiers dans le parti , au lieu de urètre qu'un barbouilleur et un blagueur secondaire. Ça nous avance bien , ça nous rapporte beaucoup ce que tu dis dans les clubs; tandis qu'il y en a qui n'ont pas ton talent , et qui gagnent vingt-cinq francs par jour pour se lever et s asseoir. Imbécile , va 1 n'avoir pas su seulement se faire nommer représentant !
BAISEMAIN
Sois donc tranquille, ça viendra ! Si mes amis
triomphent, ils ne m^oublieront pas; ils ont besoin de moi.
TÉRÉBElXTfllNE.
Eu attendant, noas devons partout. Tâche au moins de monter une souscription. Le propriétaire réclame ses trois termes.
BAISEMAIN
Il nous le payera.
TÉRÉBENTHINE
Et ce matin, le charculicr nous a refusé crédit... J'ai bien envie de te planter la.
BAISEMAIN
Qui t'en empêche?
TÉRÉBENTHINE
Ça te ferait trop plaisir.
BAISEMAIN
Tu lis dans mon cœur.
TÉRÉBENTHINE
Lâche I après m'avoir séduite et déshonorée, tu m'insultes! Tu n'as de courage que contre une faible femme.
BAISEMAIN
Allons! un peu de mélodrame. Évanouis-toi, vierge innocente et persécutée.
TÉBÉBENTHINE.
Ne m'échauffti pas les oreilles. (Elle lui donne un soufflet.) A la garde !
BAISEMAIN, radouci.
Sois donc raisonnable ; ne fais pas d'esclandre !
TÉRÉBENTHINE
Méchant cabotin, crois-tu que je me laisserai opprimer? {Elle lui donne un coup de pied.) Au secours !
BAISEMAIN
Térébenthine, ma petite, calme-toi. Vas-tu te fâcher pour un mot ?
TÉaÉBENTHINE.
Tu appelles cela un mot ? {Elle saisit une canne et court sur lui.) ATassassin ! à l'assassin!... {Coups de fusily clameurs dans la rue. Térébenthine s'arrête.)
BAISEMAIN
Écoute... l'insurrection gagne ce quartier.
TÉRÉBENTHINE, à la fenêtre.
Je vois courir des soldais.
BAISEMAIN, effaré.
Ils viennent m'arrôler. Je suis perdu. Est-ce que le peuple ne résiste pas?
Je ne puispaB bien voir, tl m<e semble qù^il n'y a pas de résistance.
BÀISEHÀIlf.
Vite, mon habit de garde national.
TÉRÉBENTHINE
Gagne plutôt les toits.
BAISEMAIN
Oui ! (Il court à la porte.) J'entends un bruit de fusils dans l'escalier... Je suis perdu !
TÉRÉBENTHINE
Barricadons la porte. Tu pourras filer par le vasistas des lieux d'aisances. Ote ton habit... Prends mes ciseaux pour couper ta barbe.