UN ÉTUDIANT
Citoyens, soyons généreux. Il nous a trahis, mais il nous a?ait rendu des services. Que ses services et ses talents le protègent, et qu'il s*en aille en paix chanter l'amour !
VOIX DANS LA FOULE
Il mérite une punition.
l'étudiant.
C'est un vieillard. Pardonnons en lui les faiblesses de l'âge et les écarts du génie. {Bas à Phébus.) Monsieur, je vous demande bien pardon ; mais c'est pour vous sauver, {Haut,) Va, le peuple te pardonne ! Ta carrière politique est finie, fais-toi
oublier. (// le patMêe par lei épuules assez impoliment. Rires et huées,)
PHÉIHIS*
Ils m'étonnent... Mon heure n'est pas encore revenue.
IBiM DUFUIS.
Mais comment ça s'est-il fait?
DENIS DUPUIS
Eh I mon Dif)u , comme toujoara. La garde nationale s'est divisée : les uns n'ont pas obéi au rappel, les autres ne se sont pas entendus. Ils ont fini par se laisser entourer et désarmer* La troupe , travaillée de longue main, a manqué d'énergie et de discipline. On dit que plusieurs officiers ont été tués par leurs propres soldats. Des compagnies entières ont tourné. Enfin, il n'y a plus de gouvernement, et la révolte triomphe partout. Des atrocités ont déjà été commises.
MADAME DUPUIS
Sauvons-nous ! je vous en prie , messieurs , sau- TODs-nous !
DEHIS BUPUIS.
Les barrières sont fermées. Et d'ailleurs où aller?
EULALIE
Ma mère, prenez courage, et prions Dieu.
MADAME DUPUIS
Oui, mon enfant. Ab ! que j'ai peur I Et ton mari qui ne rentre pas 1 que tu dois être malbeureuse !
EULALIE
J'ai mis Yalentin sous la protection de la sainte Vierge. Je prie et j'espère.
JEAn DUFVIS.
Ma ehète nièce , je t'admire de conserver une confiance si peii justifiée, car...
EULALIE
Permettez, mon bod oncle ; le moment n'est pas opportun pour continuer nos controverses. Espérez que les sergents de ville et les soldats sauveront tout, et ne me donnez pas le chagrin de vous entendre nier Dieu, quatid sd thain s'abaisse sur vous aussi bien que sur moi.
JEAN DUPUIS
Il est vrai que je suis probablement ruiné cette fois, comme tout le monde. Je doute que les affaires reprennent de sitôt. Dans quel état sera la Bourse demain !
DENIS DUPUIS
Je compte sur 50 francs de baisse.
M. DELOaVE.
Quel malheur !
JEAN DUPUIS
Oui ; et il y a deux jours le cinq touchait au pair. J'avais même acheté*