‹ Le lendemain de la victoire: visionChapitre 29 sur 68 · PREMIER BOURGEOIS · texte numérisé non relu

PREMIER BOURGEOIS

Voilà , je l'avone , ce qui m'étonne.

RECORD BOURGEOIS

Et moi donc ! Dans un temps oà personne n'est sur de rien , saisissons la jouissance au passage. Si Je le pouvais , je n'y manquerais pas. C'est la philosophie du jeune Galuchet. 11 a mis la main sur lotis lesplaisirSy en homme qui n'est pas certain d'en tâter longtemps. Ma foi, je ne le blâme point.

PRttflBR BOURGEOIS.

Nous le blâmerions, que ce serait la même chose.

Avouez que les gouvernants ne se gênent pas avec

le public. Si un prince s'était permis une fois le

quart de ce que Galuchet et cent autres font tous

.lcB}Ottrs.«, •

SEGOao BOOBGEOIS.

Chui! Vous en dites plus qu'il ne faut pour

passer en jugement,

PBEMIEE BOURGEOIS.

le n'ai plus que la vie à perdre, et je n'y tiens pas. Je suis ruiné. Ma pauvre boutique a été pillée hier,

SECOND BOURGEOIS

r "Pourquoi l'aviei-vous ouverte ?

mm

PBEMIEB BOUBGBOIS.

Il faut bien tacher de vivre. On disait que ceux qui n ouvraient pas devenaient suspects. J'ouvre : <iua(re individus entrent, prennent de la marchan- ^j et m'offrent leurs signatures. Je leur de^ inaode an moins des bons d'£lat. Ils se mettent en fureur, et brisent tout. Comme ils avaient les ceintures de la force ouvrière, je viens demander satbfactron au général. J'aime encore mieux m'adresser a Galudiet qu'au Vengeur.

SECOND BOURGEOIS

Vous croyez qu'il vous fera payer?

PBBUfEB BOU&GEOIS.

Peu... Ah! elles nous coûtent, les révolutions ! Tel q^e vous me voyez, j'étais pourtant des plus chauds à crier: Vive la réforme!,.. Fichue bêle !...

N 'aurons-nous done jamab un bon nudtre qui pende tout, et fasse revivre le eommeroe ?

SBGORD BOURGEOIS.

Prenez patience; ce que nous voyons ne peut durer. La grande terreur de 95 n'a été qu'une affaire de dix^huit mois.

PBEXIEB BOITBfiEOIS.

Merci ! En dix-huit mois , on a le temps de mourir plus de trente-six fois, quand ce ne serait que de faim. Comment mes-vous donc, tous?

SECOND BOUBGEOIS.

J'étais rentier* Flairant les sinistres , j'ai mis mon capital en sûreté aux États-Unis. Dès lors, ne craignant plus pour personne , je me divertis asses. Vous imagines que, quand la pièce sera finie, je serai content de l'avoir vue. J'en aurai de bonnes â conter en faisant ma partie de dominos. Je viens ici par curiosité. Il s'y passe de drôles de scènes , allez I

PBEIIIEE BOUBGEOIS.

Je présume que vous n'êtes pas marié.

SECOND BOUBGEOIS.

Seul comme une truffe!... et bien content, je vous en réponds. Le bruit court que les gouver*

oints vont abolir le mariage. Je ne les approuve pas. Cependant il est de fait qa^ils éviteront par là bien de la peine à bien du monde.

FREMIEB BOCBGEOIS.

C'est vrai. Ils ont des idées qui ne seraient pas mauvaises.

SECOND BOORGEOIS.

Des idées yraiment philosophiques , monsieur !

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