‹ Le lendemain de la victoire: visionChapitre 28 sur 68 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

€!aiuehei.

FRITZ

Vous ici , madame la comlesse 1

EULAUE.

Je ne pensais pas voiTs y revoir, Fritz.

FBITZ.

J'y suis prisonnier, imadame. Au moment de s'éloigner, M. le comte avait eu la bonté de me donner ce que je pourrais sauver du pillage. Étant alors moi-même socialiste, je comptais ne rien perdre. Hclas 1 j'ai bientôt rencontré plus socialiste que moi. Galuchet arrive avec sa bande , trouve la maison à son gré, s'y installe et s'empare de tout, moi compris. 11 me traite comme un nègre, et ne liie donne \ïas de gages.

EULiLIE.

Ne pouyez-YOus chercher une autre place ?

FBITZ.

Où trouyer une autre espèce do maître ? Il n'y «i plus que cesgens-là qui aient des domestiques. Ah I si j'étais libre 1 Mais Galuchet me ferait fusiller. Ce monsieur yeutun yaletde chambre de bonne maison.

EtUUE.

Pourrai-je ayoir une audience ?

FBITZ.

Madame la comtesse yoit combien de gens attendent. Quelques-uns sont assez importants. Madame la comtesse me permet-elle une question ?

EULAUE.

Trës-yolontiers.

FRITZ

Est-ce que madame la comtesse a eztrémement besoin de parler à ce Galuchet ? Il est d'une insolence effroyable.

EULÀLIE.

J'ai une grâce à lui demander.

FBITZ.

Hélas I madame, quand même il vous l'accorderait,' je TOUS plains. Voir un pareil misérable

dans le cabinet de M. le comte, à la place cù H. le comte s* asseyait , avec une de ses robes de chambre sur le dos ; le Toir là , dans cette maison jadis si pure , entouré de va-nu-pieds , d'actrices et d'autres femmes qui parlent au public, quelle épreuve pour tous 1

BOLÀLIE.

Je pensais bien trouver le général Galuchet au milieu de ses amis. Quant à le voir dans cette maison... que la volonté de Dieu soit faite!

FBRZ, bas.

Avez-vous des nouvelles de M. le comte?

EULAUB.

Pas d'autres que celles qui courent.

FRITZ

Si nous pouvions le rejoindre !

EULAUE.

Je ne puis abandonner mes parents » et l'intérêt de plusieurs orphelines que mon travail fait vivre me retient ici. Cest là ce qui m'amène auprès du général. On nous persécute ; j'ai besoin de sa protection. A-t-il pitié des pauvres?

FRITZ

Lui ! Pas un pauvre n*a mis le pied dans cette

maison depuis que vous Tavcz quittée. Quelquesuns des anciens sont yenos, mais insolents comme le maître, et revêtus des dépouilles de leurs bien* faiteurs. Que madame la comtesse prenne garde d'en rencontrer un , si elle a intérêt i n'être pas reconnue.

EULALIE

Commencez donc par né plus m^appeler niadame là comtesse.

FBITZ.

Mille pardons ! Ça fait tant de bien de parler un peu honnêtement 1

EÛLiLIE^

Vous annoncerez la citoyenne Dupuis, maîtresse de salle d*asile , qui vient présenter une pétition au général Galuchet.

FRITZ

Orand Dieul... Mais, madame, s'il vousinsulle?

EULALIE

Que voulez-vous, mon pauvre Frilz , je serai insultée.

FBITZ, à part.

Je n'ose lai dire de quelles insultes il est capable. {Baut,) Vous n'avez point Pair d'une socia-

DE LA VICTOIRE. Uli

liste. II est homme à vous faire mettre en prison.

Dieu alors prendra soin de mes orphelines , çt

moi je seryirai les prisonniers. Allesi Friti ; je suis

résolue à tenter l'aTeofore.

{Entre Libéria^ grande jeune fille f hardie et

belle. Elle est vitue^ aeee luM^ d'une eepéce

de costume antique ^ et coiffée d'un b&nnet

rouge. Tout le monde se lève. Elle remarque

Eulalie. )

uasBU » à Frit%9 désignant Eulalie.

Qui est cette femme?

FBIT8.

Une pauvre maîtresse d'éeole qui demandas la protection du général,

UBBBU.

Je ne veai pàa que le général la foie. Elle a toiite la mille d'une intrigaitie. Dis-lui de s'eo M^.

Mais, citoyenne.. •

UBEtti.

Qii*dks s*en aille! Si je la retroure ici , t» auras affaire à moi.

{Elle irewerse le sàion , tt entre ekez ^aluchet.l

FRITZ

Madame y celle femme que tous yenes de voir passer est la prranîère actrice du grand tbéâlre.Elle a ici tout pouvoir, et elle m'ordonne de vous chasser. Groyes-moi^ c'est un service qu'elle vous rend.

EUIJLUE.

Je TOUS comprends , Fritz ; merci. Que Dieu prenne pitié de mes pauvres orphelines! {Elle sort.)

PBCMIEB BOUBGEOIS , à SOH VOiiin.

Vous aviez raison : le domestique la renvoie, sur l'ordre que Libéria lui a donné. C'est une tigresse, cette Libéria!

SECOND BOÏÏBGEOIS.

Galuchet n'est pas malheureux ! une si belle personne et un si beau talent ! Quand on pense que Galuchet, il y a quatre mois, vendait des contremarques è la porte du grand théâtre! Je l'ai vu, moi qui vous parle , abaisser le marche-pied de la voiture où Libéria montait avec le ministre des finances.

PBBMIEB BOUBGEOIS.

Vous faites erreur ; c'était le ministre de la justice.

SECOND BOUBGEOIS.

C'était le ministre de la justice du 4 aoAt ; mais,

daiis le cabioet du 7 octobre qui a suivi , c^était ie miniaire des finances. Ensnito ça été Galucbet.

PBBMlfiB BOUBGEOIS.

Voilà de ces choses qu'on ne Yoit qu'en révolution.. . Ce qui m'étonne , c'est que Libéria n'ait pas essayé d'empaumer le consul ou le Vengeur.

SEGONB BOURGEOIS.

Que Toulez-Tous qu'elle fasse des 42,000 francs du consul? tandis que Galucbet , comme général en second de la force ouvrière, jouit d'un crédit illimité.

PKEMIEB BOCBGEOIS.

Le commerce en sait quelque chose.

SEGOUD BOUBGEOIS.

Quant au Vengeur, il se contente d*inspirer Teffroi. J'ai pu le Yoir un jour dans la caserne où il demeure , abordable à ses seuls soldats : c'est à faire frémir I II habite une chambre de huit pieds carrés, meublée d'une chaise el d'une paillasse. Il n'a pas quitté ses habits d'ouvrier.

PBEVIEB EOUBGEOIS.

Était-il vraiment ouTrier?

SECOND BOVBGEOIS.

Qui le sait? Beaucoup de personnes assurent

qu'il a été carabin, «^'autres disent clerc d^huiV sier, el d'aolres journaliste.

PIEBIIEB BOURGEOIS.

On le croît fou.

SECOND BOURGEOIS

Une chose positive, c'est qu'il se refuse toute jouissance.

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