‹ Le lendemain de la victoire: visionChapitre 32 sur 68 · LIBERIA · texte numérisé non relu

LIBERIA

J'ai voulu juger de mon pouvoir sur loi; je me moque du reste.

GALUCHET

Féel comme tu m'ensorcelles 1.... Ah ç^^cau^ sons politique. Eh 1 les autres, venez ici I {Entrent CkmUj Gfiffwtd et Rheto-) Je n'ai pas besoin de toi, Rheto ; retourne à ta besogne, et flcelie*iQEioi ça proprement. {Rheto se retire.)

CHElfU.

Tu le vexes un peu, l'ami Rheto.

GALUCHET

Ça m'amuse. Je n'ai pas eu d'autre idée étt le prenant pour secrétaire. H voulait être ministre, et il le rappelle le temps où je vendais sp' Lanterne dans les rues. Il est complètement codé. — Ditesmoi, mes amis, comment trouvesB-Voiii que vont les choses?

CHENU

Pus bien. La réaction relève là tète.

LIBEBIÂ.

Il me semble que le consal passe du câté des bourgeois.

GRIFFAED.

La chose devient visible.

Le peuple murmure. 11 dît que la révolulion ne marche point, et que le Vengeur s'endort*

Voilà précisément mon avis. Dans la force ouvrière, on n'est pas content non plus. On accuse le ministère de mollesse. Plusieurs ministres teur* mentent les bons citoyens ; tous les jours^ quelquesuns de nos amis sont destitués. Les conspirations s'ourdissent dans l'esi'-garde nationale-

Il serait temps que le Vengeur prit la dictature.

Tu dis le mot« ma biche* Le consul est un avorat, un bavard, un joufflu. Je déleste les avocats, les bavards et les joufflus. Celui-ci ^ en outre , est plein de préjugés , il n'a pas d'imagination ; toutes les idées lui font peur, on ne voit rien d'original ^raUre i son étalage. Bref, j'en ai assez. Il faut,

comme dit ce phraseur de Rheto, une main ferme au gouvernail du yaisseatt de l'État, et qu'on nous serve du neuf.

CHENtr*

A bas le consul !

GBIFTAID.

Citoyen représentant, ce mot n'est pas parlementaire. — A propos , depuis que la constitution est Totée, que faites-vous à la Convention ?

CHENt.

Nous sommes bien sages, va. Des petites séances de deux heures, une ou deux par semaine , pour voter des poursuites ou des sentences contre les collègues suspects ; point de discours, point de bruit, point d'interruptions, point de public,.. Il faudra Bnir par nommer des femmes, pour qu'on jase on peu.

GBIFFÀBD.

J'ai envie d'y aller voir un de ces jours,

CHENU

Ce n'^sl pas dangereux, mais ce n'est pas amu** sanl.

GÀLUGHET.

On passe on moment agréable à regarder la

DE LA VICTOIRE. Hd

figure raflée des anciens. Ils ne peuvent, malgré leurs efforts, se mettre au pas de la révolution. Eux qui marchaient les premiers , ils s'étonnent d'être distancés toujours. Cependant ils n'ont encore rien vu^ du moins je l'espère. Venez ce soir dîner. Je TOUS lirai ce que je fais en ce moment rédiger par Rlieto. Ce sont mes idées sur le gouvernement et sur l'avenir de l'humanité. Quand nos ci-devant exagérés entendront cela, ils se trouveront mal.

G&IFFABD.

A ce soir. Je vais rejoindre le Vengeur.

GALUGHET.

Fais-lui bien entendre qu'il faut qu'on marche, sacrebleu 1 {A Libéria.) Allons au bois. Chenu , viens avec nous, tu nous feras rire. (Il chante.)

En chassé, et chasse heureuse !

Allons, mon amoureuse, Le pied dans Tétrier.

Chenu , ces vers-là sont meilleurs que les tiens.

CHENU

Je ne fais plus de littérature. Je veux entrer i l'Académie comme homme politique.

6ALUGHET.

C'est meilleur genre. Holà 1 Fritz, mon habit!

47e LE LENDEMAIN

M^iaee puhMiqtuef litt fonéi, une éditée.

FUBON y agent du gouvernement.

Que les délégués des divers corps d'état s'appro* chent; et me déclarent, chacun à son tour, quelle profession et combien de citoyens de cette profession ils représentent.

FBEMIER DÉLÉGUÉ.

Nous sommes ici quatre cents typographes^ presque tous pères de famille. Les imprimeries sont fermées; la suppression totale des journaux nous a plongés dans la plus profonde misère. Nous demandons qu'on rétablisse la liberté de la presse. La république sociale sait quels services nous lui avons rendus. Veut-elle nous laisser mourir de faim?

FUBON.

Si la république sociale rétablissait la liberté de la presse, elle périrait elle-même. Quel est le typo* graphe assez ennemi de la république sociale et de l'humanité pour vouloir mettre son art au service

des royalistes et des réactionnaires? Ce Iralti-e ne se trouve pas parmi vous.

LE 0ÉLÉ6tÉ.

Quand nous combaltions pour l'aténement de la république sociale, nous pensions qu'elle ne eraindrait pas la disoùMiûn.

FtHON.

Elle ne la craint pas , elle la dédaigne ; et elle agit sans discuter. Pensez-vous qu^il y ait de bonnes raisons à donner contre la république sociale?

Non sans dout4.

ptaoK.

Que servirait donc de les produire?... A un autre.

SECOND DÉLÉOtÉ.

Nous sommes là trois cents carrossiers. Aucun de nous n'a travaillé depuis quatre mois , plusieurs n'ont pas mangé depuis deux jours : nous avons femmes et enfants ; nous demandons de l'ouvrage.

FtlBON.

La république n'encourage pas les industries de luxe. Les socialistes sont tous égaux.

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