NOIES. A
nemis de la liberté qui doivent être anéantis sans ménagement.
M. Gustave Leroy, auteur de la chanson intitulée le Bal et la Guillotine, chante, sur Pair du Cabaret de Hamponneau :
Moi je voudrais être utile , Si j'étais le choléra.
On promit en plac' publique ,
Aux grands jours de février,
De soutenir la république
Et d* protéger l'ouvrier.
Comm' toutes nos lois se taisent, *
Et qu' c'est à qui mentira ,
J'emporterais ceux qui m* déplaisent ^
Si j'étais le choléra.
J'emport'rais les royalistes, J'emport'rais les malthusiens, J'emport'rats les régentistes Et les napoléoniens , J'emport'rais le ministère, J 'emporterais... C'nom, qui rdira?
J'emport'rais tout c' qu'il faut taire, Si j'étais le choléra.
Mais M. Leroy ne semble pas assez sérieux ; c'est un honnête garçon qui veut rire. Voici M. Turgard, ouvrier poëte, qui ne rit pas. Il fait des satires :
Mon glaive est aiguisé, mon bras nerveux et fort. Tremble pour tes instants, monstre, je veux ta mort!
Ce monstre, c'est la réaction, le capital, leprivil^e, et, par extension, les exploiteurs :
Vous qui, pour contenter yos goûts sur la luxure, Ëpuisez des trésors appartenant à tous.
Je ne suis pas sorcier; mais pourtant, je l'assure, Vne mort, nu^ affreuse^ est bieu proche de tous !
M. Deiaire fait encore moins de façon. Il écrit des euménides :
Doucement, doucement, messieurs du monopole!
Vous n'êtes point taillés pour jouer un tel rôle.-. A force d'aggraver la misère publique.
Vous espérez un jour tuer la répuJ^lique :
Vous n'y parviendrez pas \ Et songez qu*à ce jeu » Vos tètes pourraient bien devenir un enjeu !. ..
Encore un peu de poésie sociale. Voici maintenant un couplet de la chanson anonyme Canaille et canaille^ qui sort du « grand dépôt de chansons et canards en tous genres^ 97, rue Neuve-dcs-Petits-Champs : »
Faut-il, pour qu'il (le peuple) soit à son aise , Qu'il use de l'ancien moyen?
/ Faut-il que de quatre-vingt-treize Il suive l'art républicain ?
Faut-il qu'en un mot, sur la paille, Il voie dégringoler vos cous?
Répondez- nous!
Dépéchez-vous, tas de canaille» .
Soyez sage, ou débinez-vons; Allez*vous*en chacun chez vous !
On voit que la pensée des chefs ne manque pas d'échos dans la foule, et qu'il serait difficile de prêter quelque chose à ces gens-là.