I.E EfiPREUX
LE MILITAIRE
A qui les destinez-vous ?
Les personnes qui m’apportent des provisions de l’hôpital ne craignent pas de s’en faire des bouquets. Quelquefois aussi les enfans de la ville se présentent à la porte de mon jardin. Je monte aussitôt dans la tour, de peur de les effrayer ou de leur nuire Je les vois folâtrer de ma fenêtre et me dérober quelques fleurs. Lorsqu’ils s’en vont , ils lèvent les yeux vers moi, Bonjour, Lépreux, me disentils en riant, et cela me réjouit un peu.
LE MILITAIRE
Vous avez su réunir ici bien des plantes différentes j voilà des vignes et des arbres fruitiers de plusieurs espèces.
DE LA CITÉ d’aOSTE.
iliy
Les arbres sont encore jeunes ; je les ai plantés moi-même, ainsi que celle vigne que j’ai fait monter jusqu’audessus du mur antique que voilà , et dont la largeur me forme un petit promenoir; c’est ma place favorite.... montez le long de ces pierres ; c’est un escalier dont je suis l’architecte. Tenez-vous au mur.
LE MILITAIRE
Le charmant réduit ! et comme il est bien fait pour les méditations d’un solitaire.
Aussi je l’aime beaucoup ; je vols ici la campagne et les laboureurs dans les champs ; je vois tout ce qui se passe dans la prairie , et je ne suis vu de per-
sonne.